Volvo Amazon - Série 120 (1956-1970)

 

Publié par Philippe Baron le 28 mai 2014.

 

En 1956, Volvo lance son nouveau modèle l’Amazon dont le patronyme ne pourra cependant être utilisé qu’en Suède car déjà déposé par Kreidler le constructeur allemand de deux-roues. Bien accueillie sur la scène internationale sous le nom de Série 120, l’Amazon connait un tel succès que le constructeur suédois construira une usine en Belgique et au Canada pour répondre aux demandes des marchés européens et nord-américains. Elle est ainsi l’automobile qui a placé la marque Volvo sur la carte du monde.

 

 

Présentée au public suédois en septembre 1956, l’Amazon est le rassurant modèle familiale qui propose une ligne Ponton dessinée  par le styliste maison, Jan Wilsgaard. Sa silhouette sobre ne manque pas d’élégance avec sa double grille de calandre. Ce modèle tricorps à quatre portes est exportée sous l’appellation chiffrée 121. Elle est équipée du moteur B16 à unique carburateur de 1 582 cm3 et 60 ch associé à une boîte de vitesses à trois rapports, et ses roues disposent de freins à tambour. En 1958, la Volvo Amazon commence à être équipée de ceintures de sécurité trois points, et devient l’une des premières voitures de série à en intégrer. La première Amazon exportée sera présentée à la Princesse Margrethe II de Danemark pour son dix-huitième anniversaire. Reine en 1972, elle sera toujours fidèle à Volvo pour ses déplacements privés.

 

 

En mars 1958, Volvo présente au salon de Genève la 122 S (”Amazon S” en Scandinavie), équipée du moteur B16B. Les deux carburateurs SU permettent de délivrer 85 ch DIN. La boite à quatre rapports synchronisés "M4" est proposée en série sur les marchés export. En août 1958, sur tous les marchés (Suède et export), l’Amazon est équipée d’un pare-brise feuilleté, de ceintures de sécurité, d’ancrages de ceintures à l’arrière et d’un tableau de bord rembourré.

 

 

Pour assurer la promotion de la marque et du modèle,comme la PV 444 et la PV 544 avant elle, l'Amazon est engagée dans de multiples rallyes automobiles.  En 1960, Gunnar Andersson, patron de l’équipe de course de Volvo, remporte le rallye d’Allemagne, finit troisième au rallye des Vikings et quatrième aux 1 000 Lacs (Finlande). Mais l’exploit d’Andersson en 1960 est sa performance époustouflante en Argentine, au Gran Premio : sa moyenne s’établit à 116 km/h sur quarante heures de course, plus d’une heure devant la seconde voiture. C’est la première victoire d’un européen sur cette course réputée difficile. 

 

 

Pour 1961, deux nouvelles boites de vitesses sont présentées pour remplacer la H6 et la M4. La M30 est une boite à 3 rapports tous synchronisés, tandis que la M40 propose 4 rapports synchronisés, dont l’étagement est amélioré par rapport à la M4. En option, un overdrive de type D, fourni par Laycock de Normanville, est proposé sur la M30 (fonctionnant sur le deuxième et le troisième rapport). En septembre 1961, la série 120 reçoit un tout nouveau moteur, le B18. D’une cylindrée de 1 778 cm3, il développe 75 ch (B18A) ou 90 ch (B18D) en version à deux carburateurs.

 

 

Pour le millésime 1962, deux nouvelles carrosseries viennent compléter la gamme avec en octobre 1961 la variante 2 portes (type 131 ou 132, selon le nombre de carburateurs) et en février 1962, le break (type 220). Pour le nouveau modèle 2 portes, seules les portes avant sont allongées et les sièges basculants diffèrent de la version quatre portes. Le poids plus contenu de la version 2 portes permet un léger saut en performances. Quant au break, proposé à l’origine en version à simple carburateur, il est vite équipé pour le marché Nord-Américain, du B18D, avant les autres marchés qui durent attendre 1965. L’espace disponible est très appréciable et offre 1 850 litres de chargement avec la banquette arrière rabattue (charge utile : 490 kg). Le hayon est en deux parties, ce qui permet de transporter des charges encore plus longues en fermant partiellement le hayon. La plaque minéralogique arrière est montée sur charnières pour rester visible en cas d’ouverture du battant inférieur (une idée retenue de la Mini de 1959). L’empattement est identique aux berlines, mais la longueur totale augmente de 20 mm (4.59 m contre 4.39 m). 

 

 

En juin 1963, une nouvelle usine installée dans une ancienne raffinerie de sucre est inaugurée à Dartmouth (Canada). Les voitures arrivent en pièces détachées et sont assemblées sur place (CKD - Completely Knocked Down, une méthode d’exportation permettant de payer moins de taxes en utilisant la main d’oeuvre locale). Cette usine, d’une capacité de 8 000 véhicules par an, transférée en 1967 à Halifax, sera fermée en 1998. 

 

 

Le millésime 1965 de la série 120 marque un progrès très significatif dans tous les domaines. Freins à disque à l’avant sur tous les modèles, conjugués à de nouvelles jantes ajourées pour assurer le refroidissement des disques. Le siège avant conducteur, conçu en coopération avec des médecins, est pourvu d’un réglage lombaire, une première mondiale. A Gand, en Belgique, est construite une nouvelle usine qui est une usine “jumelle” de celle de Torslanda, à Göteborg. C’est la première usine Volvo en CEE. En 1966, quand finalement la production de la Volvo PV 544 est arrêtée, un modèle dépouillé de l’Amazon, l’« Amazon Favorit », vient occuper pendant quelque temps sans succès le créneau laissé vacant. Toujours en 1966, à la suite d'un accident qui entraîna la mort de deux mécaniciens, Volvo décide de ne plus s'engager officiellement dans ces épreuves. 

 

 

Pour replacer correctement la 120 dans la gamme Volvo qui accueille depuis peu la 144, une nouvelle progression des performances est annoncée en 1967 : le B18A affiche désormais 85 ch grâce à un nouveau carburateur Zenith-Stromberg et le B18D 100 ch. Mais la grande nouveauté est la 123 GT. Dotée du même moteur que la 1800 S dans une carrosserie deux portes, elle offre 115 ch SAE et une liste d’équipements très riches pour traduire son esprit grand tourisme (phares additionnels fixés sur le pare-chocs, compte-tours, volant, etc.) et d’un alternateur pour favoriser la charge de la batterie.

 

 

1968 marque l’arrêt de la production de la 122 à quatre portes, remplacée définitivement par la 144. 234 209 exemplaires ont été produits. Bien que considérée par la presse comme dépassée, la série 120 rentre dans sa dernière phase de développement en 1969. Le volant se modernise en adoptant un dessin à quatre branches, en forme de papillon. La colonne de direction est “collapsible” : elle est constituée de deux tubes qui peuvent se déboîter en cas de choc, évitant ainsi l’intrusion de la colonne de direction dans l’habitacle. : Le B18 est abandonné au profit du B20. C’est l’alésage des cylindres qui est augmenté, essentiellement au profit du couple disponible. La puissance est de 90 ch SAE sur le B20A et de 118 ch SAE sur le B20B. Le B20 est muni en standard d’un alternateur. Soucieux de préserver l’environnement, Volvo a installé sur le B20B un système antipollution qui réduit les émissions toxiques à l’échappement et économise le carburant en améliorant la combustion dans le moteur. 

 

 

En 1969, la gamme 120 ne comporte plus qu’une carrosserie, la 2 portes, après l’arrêt de la production du break qui fut fabriqué à 73 196 exemplaires. Le jour de la fermeture de l’usine de Torslanda pour les vacances d’été, le 3 juillet 1970, la dernière 122 sort des chaînes après 14 ans de fabrication, à destination du musée Volvo.  359 918 deux portes ont été produites, et en tout 667 323 “Amazon” toutes carrosseries confondues. 60% environ de la production a été exportée.