Triumph Dolomite Sprint (1973-1980)

Photo : BinaryImage

 

Publié par Philippe Baron le 7 décembre 2013.

 

En 1973, British Leyland lance par l’intermédiaire de Triumph, une berline « Dolomite » dont la particularité réside dans l’adoption d’un moteur à quatre soupapes par cylindre. Le principe est connu, il est couramment utilisé en compétition, mais c’est pourtant la première fois qu’un constructeur l’adapte à la grande série. Encore une fois, Triumph innove comme il le fit pour ses TR3 avec les freins à disques et puis pour ses TR5 avec l’injection. 


 

La Dolomite n’est pas tout à fait nouvelle. Elle fut présentée en octobre 1971 au London Motor Show mais sa production, suite à de nombreux conflits sociaux, ne débuta qu’en octobre 1972. Elle fut lancée avec un moteur dérivé du 4 cylindres Triumph 1 709 cm3 réalisé spécialement pour Saab depuis 1967. La cylindrée était alors portée à 1 854 cm3 et la puissance de 93 ch DIN propulsait cette berline 4 portes à un peu plus de 160 km/h. La carrosserie était ,à peu de chose près, celle de la berline traction avant lancée sous le nom d’Ajax 1300 et 1300 TC qui donna naissance à la Toledo, qui revenait au mode de propulsion classique, puis la 1500 dessinée par Giovanni Michelotti. Elle possédait en plus des projecteurs doubles, une grille de calandre noir mat et un intérieur beaucoup plus luxueux avec notamment un tableau de bord calqué sur celui des berlines 2000 et 2500 de la marque. La suspension, surtout à l’arrière, avait subi plusieurs modifications. Elle utilise des ressorts hélicoïdaux et un guidage de pont par jambe de force. 


 

Toutes ces caractéristiques, la Dolomite Sprint les conserve avec en plus certains détails de présentation et de finition qui différent. A l’avant, un déflecteur aérodynamique est présent sous toute la largeur, le pavillon est garni de vinyle et les roues en alliage sont des 5¨1/2 x 13 chaussées de pneus 175/70 HR 13. Le nouveau moteur développé par l’équipe de Spen King et qui fut d’ailleurs testé par le pilote maison Brian Culcheth, notamment aux rallyes d’Ecosse, a vu, une nouvelle fois, la cylindrée augmenter à la suite d’un réalésage de 87 à 90, 3 mm pour une course toujours fixée à 78 mm. La cylindrée totale ressort à 1 998 cm3 soit 11 CV fiscaux, le taux de compression est de 9.5 à 1 et la puissance développée, avec une alimentation par deux carburateurs SU horizontaux, s’élève à 127 ch pour un régime maximum de 5 700 tr/mn. 


Photos : Thijs Perdok

 

La nouvelle culasse à quatre soupapes par cylindre conserve un arbre à cames en tête unique qui commande directement les soupapes d’admission et utilise un culbuteur pour celles d’échappement. L’entraînement se fait par une chaîne et le groupe en alliage occupe une position inclinée de 45° vers la droite. La boîte de vitesses à commande au plancher offre toujours 4 rapports mais les démultiplications diffèrent. Le freinage reste mixte avec disques à l’avant et tambours à l’arrière et bénéficie d’une assistance. La direction à crémaillère possède un réglage de la colonne. 


Brochure 1974 - Scan : Darshan67

 

La Triumph Dolomite Sprint revendique une vitesse maximale de 192 km/h, le 0 à 100 km/h en 8.4 secondes et 31 secondes en accélération sur les 1 000 m départ arrêté. Elle présente des caractéristiques qui lui permettent d’affronter un marché intéressant : celui de la berline sportive de cylindrée moyenne. Son caractère bivalent lui permet de s’adapter à tous les styles de conduite. Moyenne dans ses dimensions extérieures (4.11 m en longueur), capable de transporter cinq personnes à des vitesses intéressantes, elle rivalise avec la BMW 2002. A noter que les premiers modèles sortis ne sont proposés qu’en jaune mimosa. D’autres teintes apparaîtront dès 1974. Dans la série TV britannique « The Professionals » de 1977, le personnage Bodie conduit une Dolomite Sprint.  


The Professionals TV UK 1977-1981

 

La production cesse en 1980 après 22 941 exemplaires produits pour la Sprint, 204 000 exemplaires pour la version « ordinaire » et 79 000 exemplaires pour la version 1850 HL. 


Photo : Rural-Scotland
Bath, 1991 - Photo : Andy Davis

 

Pour suivre l’actualité des anciennes Triumph en France, je vous engage à visiter DiagnoSpit, l’excellent, dynamique et très complet site de l’Amicale Spitfire qui regorge d’informations et de conseils sur les modèles Triumph dont évidemment la Spitfire, et qui, de plus, grâce à son forum interactif permet aux amateurs de la marque d’échanger et de faire partager leur expérience.

 

Photo : Matt Francis