Toyota RAV4 (1994-2006)

 

Publié par Philippe Baron le 19 février 2014.

 

En 1994, en lançant le RAV4, dont l’acronyme «Recreational Active Vehicle» signifie qu’il s’agit bien là d’un véhicule de loisirs dynamique, Toyota invente une nouvelle catégorie dénommée SUV (Sport Utility Vehicle) ou softroaders, un nouveau marché dédié à la fois aux loisirs et à une utilisation quotidienne, associant  le style plaisant et la position de conduite haute d’un 4X4 avec la tenue de route, le confort et le raffinement d’une berline.


 

Cinq ans auparavant, la marque japonaise avait présenté au salon de Tokyo un prototype baptisé «Fun Cruiser» : un tout-terrain multi-usage (ville, route ou loisirs), au look de gros buggy. Cette transformation entre le prototype et le véhicule de production a sans aucun doute été salutaire au RAV4, car sous sa forme originale de concept-car, le modèle n’aurait intéressé qu’une toute petite frange du marché.


 

Le géant japonais concrétise avec son RAV4 la tentative de Suzuki esquissée avec le premier Vitara à la fin des années 1980, aux gènes tout-terrain encore trop marqués. Un créneau où s’engouffra par la suite Honda avec le CR-V et Land Rover et son Freelander. Au milieu d'un marché 4 x 4 principalement composé de tout-terrains purs et durs, le RAV4 se pose en candidat décalé. Court et râblé (3,70 mètres de long), habillé d’une carrosserie à l’allure sportive et décontractée, le Toyota RAV4 n’est disponible qu’en deux portes, comme un coupé, mais avec un hayon à l’arrière. Il innove non seulement par son style, mais aussi par sa technique. C’est l’un des premiers 4x4 à structure monocoque. Léger, il bénéficie d’une suspension à quatre roues indépendantes qui lui offre un comportement digne d’une excellente routière.


 

Vendu en Europe avec une transmission intégrale permanente de série, le RAV4 est aussi proposé sur certains marchés, comme les États-Unis, en version traction. Cette transmission intégrale permanente est très simple d’utilisation. En cas d’escapade hors bitume, le conducteur qui a choisi la boîte manuelle doit juste procéder au blocage du différentiel central. Avec la boîte automatique, le système hydro-électronique s’en charge. Ses capacités en tout-terrain sont bien sûr limitées, mais encore bien supérieures aux besoins de la plupart des propriétaires, des urbains branchés.


 

Doté d’un équipement très «civilisé» pour un «tous chemins» (direction assistée, ABS, vitres et rétroviseurs électriques, jantes en alliage, sans oublier les deux demi-toits amovibles qui permettent de profiter du moindre rayon de soleil), le RAV4 séduit et bien vite, il est conforté par la sortie d’une version familiale allongée (4.11 m), à cinq places et cinq portes. Puis, en mars 1998, par un cabriolet qui lui donne une touche snob mais dont la diffusion restera très limitée. La première génération terminera sa carrière avec une version RAV Cruiser (à partir de 1999) dotée d'une peinture intégrale, de jantes en aluminium et d'élargisseurs d'ailes.


 

Le RAV4 première génération possède deux niveaux d'équipement. Le premier, GX, est doté de la direction assistée, de vitres avant électriques, de la fermeture centralisée des portes, de sièges arrière rabattables 50/50 et d'une radio à quatre haut-parleurs. Le second, VX, ajoute l'ABS, l'airbag conducteur, la climatisation (à partir de mars 1995) et les jantes en aluminium. Il subit de légères retouches esthétiques en novembre 1997 : nouvelle calandre, bouclier inédit, phares à double projecteur, clignotants élargis, rétroviseurs et poignées de portes peints dans le ton de la carrosserie et volant à trois branches.


 

Ce RAV4 première génération n’a reçu qu'une seule motorisation, en l'occurrence un 2 litres seize soupapes de 129 ch. Plaisant à l'usage, ce moteur apporte suffisamment d'allant. Vif en ville, il procure également d'honnêtes reprises sur route et est capable d'emmener le RAV4 à 170 km/h en vitesse de pointe. Il faut compter sur une consommation d'environ 10 litres aux 100 km en usage normal, et facilement 13 litres en ayant le pied lourd.


 

Dès 2000, Toyota lance la deuxième génération de RAV4 qui confirme l’engouement du public pour les modèles de ce genre. Un peu plus spacieuse et à l’allure plus agressive, elle est l’œuvre du studio Calty de Toyota en Californie, à Newport Beach. Les progrès portent surtout sur les fonctionnalités de l’habitacle et sur la qualité de fabrication. Le RAV4 devient de plus en plus familial pour s’éloigner des 4X4 purs et durs.  


 

Le RAV4 commercialisé en juillet 2000 n’est proposée qu’avec une seule finition, dénommée VX. Elle comporte l’ABS avec répartiteur, deux airbags, la climatisation, les vitres électriques, une radio CD avec quatre haut-parleurs, cinq jantes en alliage de 16 pouces, des projecteurs antibrouillard et des sièges arrière réglables, repliables et amovibles. Le catalogue des options propose le GPS, l’intérieur cuir, le toit ouvrant et la peinture métallisée. En août 2001, une motorisation diesel (2.0 de 116 ch) vient épauler le 2.0 essence de 150 ch, ce dernier pouvant recevoir une boîte automatique à quatre rapports. Fin 2003, le RAV4 subit un léger restylage (phares, feux, calandre et planche de bord) et la version GX devient la finition de base. La version supérieure VX profite en plus de l’antidérapage ESP, le radar de recul, le volant gainé de cuir et d’une monte pneumatique de taille supérieure.


 

En France, le RAV4 reste le 4X4 le plus vendu en 2006. En 1994, jamais les responsables de Toyota n’auraient imaginé faire un tel « carton » avec ce petit tout-terrain urbain. En ville, à la campagne et à la montagne, le RAV4 est présent partout. Maniable et vif en ville, il est aussi agréable sur route que sur autoroute, avec un comportement particulièrement joueur en carrosserie trois portes. Au lancement de la troisième génération, Toyota annonçait avoir diffusé plus de 2 millions d’exemplaires de son modèle phare à travers le monde.