Toyota Land Cruiser FJ40 (1960-1984)

1978 Toyota Land Cruiser FJ40 - Photos : RM Auctions

 

Publié par Philippe Baron le 1 juillet 2013.

 

En mai 1951, la « Jeep BJ » de Toyota défraye la chronique en réalisant l’exploit d’atteindre pour la première fois la station n°6 du Mont Fuji qui en compte 10. En 1960, le résultat des évolutions de ce véhicule tout terrain d’exception prend le nom de Land Cruiser FJ40. Ce fer de lance du développement de Toyota à l’exportation deviendra dans le monde entier une légende, du fait de sa praticité, de sa fiabilité et de sa solidité.

 

 

En 1929, l’entreprise japonaise Toyoda Loom Works, travaillant pour l’industrie du textile, connaît un succès international en vendant la licence d’un nouveau métier à tisser automatique à une société britannique. Cette réussite permet à Soichiro Toyoda, fils du fondateur et passionné de mécanique, de financer le lancement de la branche automobile du groupe. Le premier véhicule, une berline inspirée des modèles américains de l’époque,  est commercialisé en mai 1935, puis au mois d’août, la fabrication se concentre sur les utilitaires avec l’apparition du camion modèle G1. En 1936, le nom Toyoda est modifié, car en japonais il s’écrit en 7 traits de pinceau. Le 7 étant un nombre associé à la malchance, l’ajout d’un huitième trait écarte le mauvais sort et le transforme phonétiquement en Toyota.

 

 

En 1947,  Toyota réalise un prototype de 4x4 sur la base du châssis du camion de 1 tonne de charge utile type SB, empattement de 2 400 mm et suspension à 9 lames. Le moteur provient du gros camion de 4 tonnes. C’est le «modèle B85», un 6-cylindres essence de 3 386 cm3 culbuté, taux de compression de 6,4:1 et 85 ch, transmission par boîte 4 vitesses non synchronisées avec 1° courte 5,53 :1. Le couple important permet l’utilisation d’une boîte transfert à 1 vitesse sans réduction.

 

 

En 1951, la guerre de Corée décide les Etats–Unis à réarmer le Japon qui est alors autorisé à lancer un appel d’offre pour 1 000 véhicules tout-terrain. Toyota répond avec le B85 équipé d’une carrosserie rudimentaire, fortement inspirée de la Jeep et opportunément appelé «Jeep BJ ». Toutefois, le terme « Jeep», inventé par les soldats de la 2° guerre mondiale devient une marque commerciale déposée par Willys Overland en 1954. Toyota n’est donc plus autorisé à utiliser ce nom qui disparaît des documentations. L’appellation est simplifiée en BJ. La codification conserve cependant la lettre « J comme Jeep » pour identifier la gamme 4x4 qui prend le nom commercial de «Land Cruiser» le 24 juin de cette même année.

 

 

En 1955, le succès mitigé du BJ auprès des militaires incite Toyota à se tourner davantage vers le marché civil et l’export. Apparition de la Série-2 avec le BJ25. Sur ce modèle, la mécanique n’évolue pas, seulement avancée de 120 mm pour agrandir l’habitacle qui est profondément remanié. L’empattement est réduit à 2 285 mm pour améliorer la maniabilité. La suspension est assouplie avec 3 lames plus longues et les axes de jumelles montés sur des bagues caoutchouc pour améliorer le confort. Utilisant des pièces embouties, la nouvelle carrosserie est plus esthétique. Elle changera peu pendant les trois décennies suivantes et deviendra légendaire avec le pare-brise rabattable et le capot caractéristique. La Série-2 se reconnaît aux passages de roues arrière arrondis, à l’absence d’entourage de phares sur la calandre et l’absence de clignotants sur les ailes avant. La même année, le FJ apparaît sur la base du nouveau moteur F, 6-cylindres essence, 3 878 cm3, garanti 150 000 km sans réaléser. La boîte est synchronisée sur les 3° et 4° rapports. La première version de 85 ch, taux de compression de 6,5:1, 110 km/h, équipe les FJ21 et FJ28. La version suivante, taux de compression de 7,5, 105 ch, 120 km/h, est montée sur le FJ25 (09/55-59) dont les suspensions sont renforcées par une 4° lame. Emblématique de la Série-2, ce FJ surclasse désormais largement les 4x4 concurrents à moteurs 4 cylindres de l’époque. Il peut transporter jusqu’à 7 personnes tout en restant remarquablement compact.

 

1964 Toyota Land Cruiser FJ40 - Photo : ih8mud.com

 

En 1960, la ligne de montage est modernisée, les pièces embouties plus nombreuses pour l’apparition de la Série-4. Elle est reconnaissable aux passages de roues arrière en lignes droites, à l’entourage de phare arrondi sur la calandre et aux clignotants ronds sur les ailes avant. Les premiers modèles sont bâchés avec des petites portes en toile encore inclinée vers l’arrière pour le FJ40 châssis court (60-84) et le FJ43 châssis moyen (60-84). Le moteur est une évolution du F encore plus puissante avec un taux de compression de 7,5:1 développant 125 ch, 135 km/h. Il est accouplé à une nouvelle transmission à boîte 3 vitesses et transfert à 2 vitesses 2,31:1, engageant automatiquement le pont avant en vitesses courtes, rapport de pont 3,7.

 

1973 Toyota FJ 40 - Photos : Barrett-Jackson

 

Sous le capot du FJ40 de 1969, le moteur  F délivre 10 ch de plus, pour atteindre une puissance maximale de 145 ch. Cette augmentation est obtenue par une optimisation de la carburation. Pas encore totalement satisfaits des améliorations de performance apportées, les ingénieurs Toyota ajoutent à nouveau 10 chevaux au moteur F de 1970.

 

1979 Toyota Land Cruiser FJ40 - Photos : Gooding & Company

 

Le FJ40 année modèle 1974 est facile à identifier. Les feux arrière ronds sont remplacés par des feux rectangulaires plus modernes. 1974 marque également le premier changement réellement important sur la transmission depuis l’installation de la boîte 3 vitesses avec sélecteur au volant. Pour se conformer aux normes de sécurité en vigueur aux USA, un arceau de sécurité est ajouté dans l’habitacle et les banquettes arrière sont raccourcies pour s’insérer entre les fixations de l’arceau. Les véhicules de l’année modèle 1975 ont les deux portes arrière qui s’ouvrent désormais pour faciliter le chargement. Disparu, l’ancien système d’ouverture en trois parties avec un haillon. Côté mécanique, le moteur F de 3.878 cm3 est réalésé  à  4.227 cm3 et prend désormais l’appellation de « 2F ». Un nouveau carburateur vient compléter l’installation d’un nouvel allumage et la boîte de vitesses à 4 rapports fait dorénavant partie des équipements standard. Les amortisseurs arrière ne sont plus fixés sur le pont mais sur la plaque de fixation des lames de ressort, à la base des brides. Cela permet le montage d’amortisseurs plus longs, avec une capacité d’absorption plus importante et autorisant un déplacement plus ample du pont arrière.

 

 

Le changement marquant survenu en 1976 est l’adoption de freins à disques à l’avant, en remplacement des freins à tambours. Mais en 1979, les quotas d’importation commencent à limiter le nombre de Land Cruiser que Toyota pouvait introduire aux USA. C’est aussi l’année de l’introduction du nouveau modèle de pick-up 4X4.  La combinaison de ces deux facteurs est la raison pour laquelle on trouve si peu de FJ40 des années modèles 79 à 84. En 1983, Toyota n’importa que 300 FJ40 aux USA avant qu'il ne cède sa place au FJ70 en 1984.