Subaru 360 (1958-1970)

 

Publié par Philippe Baron le 17 février 2014.

 

En mars 1958, Subaru, la première et toute nouvelle division automobile issue du conglomérat aéronautique Fuji Heavy Industries, présente son premier modèle voué à une production en grande série. Baptisée 360, cette citadine ultra compacte rejoint la catégorie des très populaires Kei cars. Ces voitures de poche devaient respecter les normes imposées par la législation japonaise, soit moins de 3 mètres et moins de 360 cm3.


 

En 1917, est créé à Ota, au Japon, un laboratoire aéronautique qui allait ensuite devenir la Nakajima Aircraft Co., le plus grand fabricant d’avions d’Asie de l’époque. Rebaptisée Fujo Sanyo après la seconde Guerre Mondiale, elle est scindée en 1950 en douze sociétés distinctes. Trois ans plus tard, six d'entre elles décident de s'unir sous l'appellation commune Fuji Heavy Industries. Le président Kenji Kita a alors l'idée de créer pour le nouveau conglomérat un logo symbolisant le rassemblement des 6 entreprises. L'ovale paré de 6 étoiles est né.  Kenji Kita était impatient de fabriquer des voitures, et on le vit notamment dès l’apparition du prototype de la P-1 terminé en 1954. Malgré les diverses propositions quant aux noms recherchés pour cette berline animée par un quatre-cylindres de 1.5 litre, aucune ne réussit vraiment à faire l’unanimité. Kenji Kita baptisa alors la voiture : Subaru 1500. Ce nom avait été préalablement pensé secrètement par Kita.


 

Subaru est le nom d’un groupe de corps qui appartient à la constellation zodiacale du Taureau. Six des étoiles qu’elle comporte sont visibles à l’œil nu, environ 250 autres peuvent être aperçues au télescope. A l’Ouest, ce groupe d’étoiles est connu sous le nom de Pléiades. En Chine, sous le nom de Mao, au Japon sous le nom de Subaru (= « régner » ou « se réunir »). L’autre nom japonais est Mutsuraboshi (« six étoiles »), tel qu’il apparaît fréquemment dans les anciens documents et la littérature nippone. Cette figure céleste a toujours été appréciée des japonais. Il est également intéressant de relever que FHI est née de la fusion de six entreprises, ce qui confère une fois de plus, une connotation particulière au nom de Subaru.


 

Les Kei Car (K-Cars), ces petite voitures appelées aussi Keijidosha (véhicule léger), sont nées après la seconde guerre mondiale. Le marché automobile japonais n’était alors pas très développé et la population privilégiait les deux roues motorisées. Les constructeurs automobiles et l’Etat ont alors misé sur des petites voitures dont le prix ne serait pas trop éloigné de celui d’un deux roues. Les premières Kei Car avaient ainsi un moteur de 150 cm2, mais en 1955, le ministère de l’industrie desserra l’étau et autorisa une cylindrée jusqu’à 360 cm3.


 

Surnommée sympathiquement « Ladybug », la petite japonaise possède une carrosserie autoporteuse et un toit en fibre de verre. Mesurant 2,99 m de long, 1,30 m de large et 1,38 m de haut pour seulement 385 kg, la Subaru 360 permet de transporter quatre personnes à plus de 80 km/h grâce à son petit bicylindre de 356 cm3 à simple carburateur, placé à l’arrière et qui développe 16 chevaux. Sa particularité est son moteur deux temps refroidi par air. Il est couplé à une boîte de vitesse à 4 rapports. Un embrayage automatique électromagnétique est proposé sous le nom de "auto-clutch". Les roues de 10'' cachent des freins à tambours aux quatre coins. Les suspensions sont indépendantes aux 4 roues et la Subaru 360 est capable de tourner dans un diamètre de 8 mètres. Deux versions découvrables seront rapidement disponibles : la première avec une bâche couvrant tout le toit et la deuxième avec une capote et des flancs rabattables.


 

Jusqu'en 1964, le carburant composé d'essence et d'huile est mélangé avant d'arriver au carburateur Hitachi/Solex. Par la suite, l'huile est injectée dans le bloc, ce système appelé "Subarumatic" porte la puissance à 25 ch et la vitesse maximum à 110 km/h. Une finition sportive, Young S, vient épauler la finition de base plutôt rudimentaire. Elle est équipée de sièges plus confortables avec appuie-têtes en option, d'un volant cuir et d'un compte-tours. Des ceintures de sécurité peuvent même être montées. Pour plus de puissance, la gamme 360 dispose maintenant de la Young SS, munie des options de la S, mais avec deux carburateurs et 36 ch. Le domaine sportif est aussi venu apporter sa petite gloire à la microvoiture japonaise. En 1964, les deux Subaru 360 engagées décrochent les deux premières places du Grand Prix du Japon réservées aux voitures de tourisme. Quatre ans plus tôt, la 360 avait accompli un périple de près de 15 000 kilomètres à travers toute l'Europe.


 

Malgré son format lilliputien et la modestie de son moteur, la Subaru 360 tenta une carrière aux États-Unis sous l'impulsion d'un jeune entrepreneur appelé à laisser sa marque dans l'histoire de l'automobile : Malcolm Bricklin. En 1965, il avait déjà obtenu le droit de distribuer aux USA le scooter Fuji Rabbit, produit par Fuji Heavy Industries. Malheureusement, la carrière américaine de la Subaru 360 fut minée par l'effet désastreux d'un article de Consumer Guide intitulé "La voiture la plus dangereuse du marché" ("The Most Unsafe Car in America"). Sa commercialisation n’aura duré que deux ans.


 

L'essentiel de sa carrière s'est donc fait au Pays du Soleil Levant où la Subaru 360 reste très populaire. Pour apercevoir l'une des trois seules 360 en Europe, il faut se rendre dans le hall de Subaru France, à Saint-Ouen l'Aumône près de Paris. La production est interrompue en 1970 après 392 000 exemplaires produits. Elle est alors remplacée dans la gamme Subaru par la R2.