Skoda 1101/1102 (1946-1952)

Skoda 1102 - Photo : fahrzeugbilder.de

 

Publié par Philippe Baron le 24 août 2013.

 

Dès 1946, l’entreprise tchèque Škoda est placée sous tutelle de l’État par le nouveau gouvernement communiste, à l’instar de toutes les entreprises du pays de plus de 500 salariés. La marque n’est plus libre de ses choix et son activité s’inscrit dès lors dans le cadre d'une économie planifiée. Sa mission principale est de produire des voitures de petite cylindrée. Škoda doit ainsi renoncer aux modèles de prestige dont la fabrication est maintenant réservée à Tatra.

 

La Skoda 1102 de Jean Lauvray du sud de la France - Photo : blog.seniorennet.be

 

La gamme se compose alors de modèles d’avant-guerre : Popular 995, Popular 1100, et Rapid. Pour limiter les coûts de développement, Škoda décide d’utiliser la base technique de la Popular 1101, produite entre 1940 et 1944. La nouvelle Škoda 1101 entre en production au mois de mai 1946. Elle se distingue de la Popular 1100 par sa partie avant redessinée avec une calandre à motifs horizontaux et des phares intégrés. La carrosserie est un peu plus grande, et son moteur 1 089 cm³ de 32 ch (contre 30 ch auparavant) est associé à une boîte de vitesses à quatre rapports.

 

Skoda 1101 - Photo : folprecht.blog.idnes.cz

 

La 1101 à deux portes, dite « Tudor », est bientôt rejointe par de multiples versions dérivées : une fourgonnette et une ambulance en 1946, une berline « Sedan » à quatre portes, un « Cabriolet » (en réalité une Tudor découvrable), un break trois portes en 1947, un roadster et même une rare version break bois en 1948 par la carrosserie Brozik dans ses ateliers de Plzeň. Les 1101 modèles « de base » (essentiellement des Tudor et des breaks) ont une calandre composée de huit petites baguettes horizontales contre cinq sur les modèles plus luxueux.

 

1955 Skoda 1102 - Photos : occasions.kenniscars.nl
Dimensions : Longueur 4050 mm Largeur 1500 mm Hauteur 1520 mm

 

A l’automne 1948, Škoda dévoile au Salon de Paris la 1102, reconnaissable à son nouveau tableau de bord et à son volant à deux branches accueillant le levier de vitesses. La calandre à huit baguettes disparaît, mais toutes les carrosseries sont reconduites. En 1950, André Costa essaye la version cabriolet pour L'Auto-Journal, et évoque une voiture « passe-partout, robuste et sobre ». La carrière de la 1102 se poursuit sans encombre jusqu’en 1952, année où elle est remplacée par la 1200, qui se veut davantage dans l’air du temps. Au total, ce sont 66 904 exemplaires des 1101 et 1102 qui auront été construits avec des cadences qui pouvaient atteindre 60 véhicules par jour.

 

Skoda 1101 Tudor - Photos : zr.ru

 

La plupart des Skoda produites étaient acquises par des organismes d'état, et ce ne sont que quelques dizaines de véhicules qui pouvaient être achetés par  des particuliers. Le solde de la production était destiné à l'exportation pour obtenir un maximum de devises qui permettaient de développer l'industrie ainsi que les équipements militaires (nous étions en pleine guerre froide). En France, Jacques Poch se chargea de distribuer les modèles de la marque, et ce jusqu’à la fin des années 1980. En 1950, la 1102 Tudor était vendue 492 500 F, la Sedan 530 000 F, et le roadster 610 000 F. À titre de comparaison, Simca facturait 482 000 F sa berline, et Panhard réclamait 541 000 F pour son cabriolet Dyna. La Belgique réservera quant à elle un joli succès d’estime aux 1101 et 1102, qui y seront écoulées à plus de 6 000 exemplaires en six ans.

 

 

Si les Škoda 1101 et 1102 ont participé à quelques courses dans leur pays d’origine, elles sont également apparues à l’étranger, notamment aux 24 Heures de Spa, au rallye de Monte-Carlo et au rallye des Tulipes. En 1949, Škoda construisit deux barquettes appelées « 1102 Sport », fortes de 65 chevaux. L’une fut engagée aux 24 Heures du Mans 1950, mais sera contrainte à l’abandon. Cette même année, trois versions « Supersport » à carrosserie fuselée et roues extérieures verront le jour : elles se contenteront de compétitions locales. En juin 1951, le pilote néerlandais Reys remporte sa classe au Grand Prix de Zandvoort à bord d’une biplace construite par le carrossier Verheul sur un châssis de 1102.

 

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