Renault Vivastella (1928-1935)

1932 Renault Vivastella Coach - Photos : Artcurial

 

Publié par Philippe Baron le 17 septembre 2013.

 

Au Salon 1928, Renault présente une version luxueuse de la 6-cylindres Vivasix : la Vivastella. Un an plus tard, c’est la révolution chez le constructeur. Depuis 30 ans, le radiateur placé à l’arrière du moteur qui était la caractéristique de toute la production passe à l'avant de tous les modèles Renault. Cela déroute une partie de la clientèle que Renault s'empresse de rassurer en expliquant qu'avec l’augmentation des performances, le refroidissement était devenu insuffisant et que la solution résidait dans l’adoption d’une position de radiateur plus conventionnelle.

 

 

La première Vivastella est présentée au Salon de 1928, mais son origine remonte en fait à 1926, quand la six-cylindres 15 CV fait son apparition et remplace une 15 CV quatre-cylindres. Un an plus tard, cette 15 CV évolue sensiblement et prend le nom de Vivasix (Type G1). Au salon de 1928, une version véritablement luxueuse en est tirée et prend le nom de Vivastella. La Vivastella 1930 avec maintenant son radiateur à l’avant possède un moteur de 3 180 cm3 et une puissance fiscale de 15 CV. Elle utilise deux longueurs de châssis : empattement 3.11 m ou 3.35 m pour carrosseries à cinq ou sept places. Elle roule à environ 110 km/h.

 

 

La Vivastella est livrable en torpédo, conduite intérieure cinq ou sept places et en cabriolet. Le journal le Figaro déclare que : « La Vivastella est la voiture parfaite des connaisseurs. C’est la voiture de grand tourisme possédant tout ce que l’automobiliste le plus exigeant peut demander à une voiture moderne au point de vue perfection, mécanique et luxe. C’est une voiture française, construite à l’usage des routes françaises, qui possèdent les meilleures qualités de fond alliées au plus bel aspect extérieur. »

 

 

Les carrosseries qui portent la signature Stella sont fabriquées dans l’atelier O, au  Point-du-Jour, éloigné de Billancourt. Cette usine a été installée par les « avions Renault » pendant la guerre de 1914-1918, puis reconvertie en Carrosserie Stella ; le directeur en est M.Boullaire, beau-frère de Louis Renault. Elle fera de très belles productions jusqu’à la fin des carrosseries composites.

 

 

Les modèles 1931 se reconnaissent à leur capot muni d’ouïes de refroidissement verticales sur les côtés et à leur calandre à fins aubages verticaux. Diverses transformations mécaniques ont eu pour résultat d’alléger considérablement le modèle, sans amoindrir sa robustesse, et d’améliorer nettement ses possibilités au point de vue accélérations, reprises, vitesse maximum, tandis qu’un abaissement de la voiture la rend encore plus élégante et améliore encore la tenue de route qui était déjà excellente.

 

1934 Renault Vivastella Limousine - Photos : Artcurial

 

En 1932, la Vivastella reçoit comme le reste de la gamme une très élégante calandre en coupe-vent inspirée des Chrysler américaines. Elle bénéficie cette année d’un nouveau châssis de forme trapézoïdale constitué de deux longerons surélevés à l’avant et à l’arrière, et qui s’entretoisent en X. La calandre est à volets verticaux commandés par thermostat, dispositif  qui facilite les départs à froid en hiver. La voiture connait un véritable succès avec 2 223 exemplaires vendus contre 869 au millésime précédent.

 

 

En 1933, la Vivastella vit sa dernière année de l’époque classique et reçoit désormais la conduite à gauche, devenue standard chez Renault. Sa gamme de carrosseries disponibles se réduit aux voitures fermées. En septembre, la carrosserie est modernisée avec un léger essai de ligne aérodynamique. La Vivastella conserve son moteur de 3 180 cm3 qui fournit 65 ch. Elle est proposée en berline ou en conduite intérieure, à cinq ou sept places, et en coupé chauffeur.

 

 

L’année 1934 marque la fin de la première génération de la Vivastella. Esthétiquement, sa dernière évolution est sa ligne « queue de pie » et son moteur qui développe maintenant 85 ch. Les grands changements interviendront dès la présentation du nouveau millésime en septembre 1935.