Renault Juvaquatre / Dauphinoise (1937-1960)

 

Publié par Philippe Baron le 4 février 2016.

 

Conçue sous la direction de Louis Renault et lancée en 1937, la ‘Juva’ est la première Renault à carrosserie monocoque et suspension avant indépendante (par ressorts à lames transversales). Au terme de la Seconde Guerre mondiale, sa fabrication est reprise par la Régie nationale qui la maintiendra alors au catalogue Renault jusqu’en 1960 dans son ultime version : la Dauphinoise.

 

 

Présentée au 31e Salon de l'Automobile de Paris du 7 octobre 1937, la Juvaquatre est très largement inspirée de l'Opel Olympia allemande, ce qui vaudra à Renault un procès pour plagiat. Elle est commercialisée à partir de 1938  dans la catégorie des 6 CV sous la forme d'un coach 2 portes, une version utilitaire est rapidement étudiée pour satisfaire la demande fin 1938, l'avant de la voiture étant et restant identique pour tous les modèles du début à la fin de la production. La Juvaquatre est disponible en 1939 en berline 4-portes avec des portes articulées sur le montant central dites « portes suicide » et avec un coffre arrière non ouvrant. Son quatre-cylindres en ligne de 1 003 cm3 est d’une puissance de 23 ch à 3 500 tr/mn. Quelques modèles « de luxe » sortent en versions coupé ou découvrable, puis pendant l'occupation, des modèles fonctionnant à l'électricité et au gazogène.

 

 

À partir de 1940, les freins deviennent hydrauliques sur tous les types. La Juvaquatre est proposée en 4-portes avec enfin un coffre accessible de l'extérieur. Elle est pourvue de menus agencements, assez inattendus comme ces deux trappes d'aération dans la carrosserie, permettant de ventiler les pieds du conducteur et du passager avant. Pour le roulage à froid, en hiver, il suffit de tirer sur un anneau, sous le tableau de bord, pour dérouler à distance un écran, devant le radiateur ; cet écran, monté sur un enrouleur, se replie à la demande, quand le moteur est chaud. Sur l'ensemble de la production, la porte du conducteur n’a jamais eu de serrure à clé. La Juvaquatre reste la seule berline au catalogue de la jeune Régie Renault jusqu'à l'arrivée de la 4CV qui marqua la fin de la Juvaquatre berline produite à Billancourt jusqu’à la fin de juillet 1948. 

 

Photo : Yann Le Biannic

 

Les nouvelles Renault étant toutes construites avec des moteurs arrière, leurs transformations en utilitaire n'est pas possible, ce qui explique la longévité de la Juvaquatre et le montage du moteur de la Renault 4CV en 1953, puis du moteur de la Renault Dauphine à partir de 1956, adoptant le nom de « Dauphinoise ». Le moteur est le quatre-cylindres en ligne de 845 cm3 développant 26 ch et permettant au petit fourgon d’atteindre 100 km/h.

 

Photos : Mimiss

 

La Dauphinoise est disponible en version tôlée, très prisée des artisans et des commerçants, mais aussi en version familiale avec six vitres latérales. A bord, volant et manette d’éclairage sont empruntés à la 4 CV, comme le compteur « à oreilles » de la planche de bord. Le modèle se distingue de la version précédente par la porte arrière qui s’ouvre de droite à gauche pour faciliter l’accès côté trottoir, de phares plus petits et de jantes à voile plein.  

 

 

Dans sa version break, ce modèle connaîtra un certain succès populaire au regard de son tarif attractif et de ses qualités pratiques. Sa fabrication s'achèvera le 1er mars 1960 après 52 004 exemplaires produits (sur les 251 010 exemplaires de Juvaquatre produites) à l'usine Renault de Flins où elle aura marqué en 1952, les débuts de la nouvelle usine. Sa remplaçante sera la Renault 4L.

 

Photo : Michel Duparet
Photos : Autos Rétro Plaisir