Renault 9/11 (1981-1989)

 

Publié par Philippe Baron le 16 février 2016.

 

En mars 1983, la Renault 9 lancée en septembre 1981 reçoit le renfort sérieux d’une bicorps à 2 ou 5 portes qui prend le numéro 11 pour se différencier. Le nouveau modèle se distingue par ses quatre petits phares rectangulaires à iode H1 mais surtout par un hayon arrière surmonté d’une large bulle vitrée, très en vogue chez le constructeur au losange à l’époque. En 1985, un taxi Renault 11 décapsulé est la vedette d’une scène d’anthologie dans le James Bond « Dangereusement Vôtre ».

 

 

La Renault 9 est la première voiture à utiliser un moteur Renault en position transversale. Elle possède une suspension à quatre roues indépendantes (MacPherson triangulé à l'avant et barres de torsion transversales en vis-à-vis à l'arrière) et est élue Voiture européenne de l'année 1982. En 1983, l'Alliance, son modèle US, obtient le titre d'« Auto de l'année » décerné aux États-Unis par le magazine Motor Trend. Le slogan de vente utilisé en France est « Macadam Star », en référence à sa version nord-américaine. En 1984, la Renault 11 est la voiture de sa catégorie la plus vendue en France, étant troisième derrière la Peugeot 205 et la Renault 5.

 

 

Après environ 18 mois d’existence, la Renault 9, tricorps classique à 4 portes avec un coffre séparé, est exécutée en deux volumes à hayon. Dessinée également par Robert Opron, la Renault 11 est en matière de carrosserie plus courte de 9 mm avec une longueur hors-tout qui ne dépasse pas 3.97 m, la largeur de 1.65 m reste identique. En coach 3 portes, elle se présente sous les finitions TC (économique) et GTL (intermédiaire). En berline 5 portes, on la trouve en GTC, TL, GTL, ou encore TSE et Electronic (haute de gamme).

 

1984 Renault 11 Turbo

 

De même que la VW Golf coexiste avec la VW Jetta, le lancement de la R11 est aussi justifié pour donner une remplaçante à la R14 dont les ventes déclinent. La parenté de la R11 et la R9 est évidente. La R11 reprend exactement la motorisation de la R9 : 1 108 cm3 de 48 ch, 1 397 cm3 ou 72 ch, ou encore 68 ch pour la version automatique. La boîte de vitesses (quatre ou cinq rapports synchronisés), le freinage (disques à l’avant, tambours à l’arrière), la suspension (Mac Pherson à l’avant, bras tirés et barre de torsion à l’arrière), sont identiques sur les deux voitures, l’une et l’autre, à quatre roues indépendantes.

 

 

La Renault 11 Electronic mérite son appellation non pas par son allumage mais par son tableau de bord futuriste entièrement électronique par des cristaux liquides. Ce tableau de bord à affichage numérique est également parlant avec un système de synthèse vocale qui prévient le conducteur en cas de problème ou de portière mal fermée ou tout simplement pour lui signaler un oubli de phares ou une surchauffe moteur. Un système audio haut de gamme à commandes disposées sur un satellite proche du volant complète l'équipement exceptionnellement bien fourni en série. 


1983 Renault 11 Electronic

 

Niveau performance, la vitesse de pointe s’échelonne de 138 à 165 km/h avec des consommations de 5.1 à 6.2 l/100 à 90 km/h, entre 6.9 et 7.8 l/100 à 120 km/h et entre 7.1 et 8.8 l/100 en cycle urbain. Fin 1983, le nouveau moteur 1,7 litre à arbre à cames en tête dérivé du bloc diesel est monté sur les 11 GTX 3 portes (intermédiaire), 11 TXE 3 portes (haut de gamme) et 11 TXE Électronique 3 portes (haut de gamme) ; en février 1984, il est aussi disponible sur les 9 GTX et TXE. En mars, les 11 diesel 1.6 de 55 ch (GTD, TDE) et la 11 Turbo à 3 portes sont commercialisées. La 11 Turbo reprend le très répandu 1 397 cm3 ici porté à 105 ch, assurant 190 km/h de vitesse de pointe. Un niveau honorable pour l'époque. 

 

1986 Renault 11 Turbo

 

Pour 1986, les 11 ont une calandre modifiée à grosses barrettes. À l'intérieur, elles changent de volant, la console centrale est réduite et la jauge à essence perd ses chiffres. Les versions TL et GTL passent de 60 à 68 ch grâce à un carburateur double corps. La Renault 11 reçoit de nouveaux sièges, le volant reste le même que le modèle 1986 et la plaque arrière vient se placer sur le pare-chocs. Enfin, les versions Turbo passent de 105 ch à 115 ch.


 

Les ventes de la 11 sont rapidement bonnes, faisant en même temps chuter celles de la 9. Et malgré son lancement au printemps, la 11 seule s'attribue, pour l'ensemble de l'année 1983, 6,3 % du marché français. Part qu'elle porte à 8,2 % en 1984 pour revenir plus raisonnablement à 6,6 % en 1985. Le restylage de la fin 1986 permettra à la 11 de vivre honorablement jusqu'à la venue de la 19 en 1988. En revanche, Renault (très optimiste), n'atteindra jamais les 14 à 15 % de part de marché visée pour le duo 9 et 11. Le constructeur devra, au mieux, se contenter de 12 %... puis rapidement moins de 10 %. Au total, 3,1 millions de Renault 11 et 3,2 millions de Renault 9 ont été produites.


Manada Hill, PA 1986 - Dick Copello

 

La Renault 11 est devenue la Renault Encore construite dans l'usine de Kenosha (Wisconsin) d'American Motors. Elle est produite à partir de 1984. Elle changera de nom pour devenir l'Alliance Hatchback en 1987. Bien que nommée Renault, le logo AMC était apposé sur la lunette arrière. Les R9 Alliance et R11 Encore permettaient à AMC de revenir dans le marché des voitures compactes à faible coût et à Renault de mettre le pied aux États-Unis. AMC comptait avec ces deux modèles sortir de l'impasse financière dans laquelle elle se trouvait au début des années 1980. L'Alliance obtint une bonne critique du magazine Car and Driver, faisant sa liste des dix meilleures automobiles de l'année 1983, et décrocha la palme de la meilleure voiture de l'année du magazine Motor Trend. Les ventes prenaient ainsi un bon envol. Malheureusement pour les nouveaux propriétaires, la fiabilité des deux modèles s'avéra très faible. Une enquête menée en 1986 par le magazine Consumer Reports chez les propriétaires d'automobile ayant cinq ans montra que l'Alliance se classa dans la pire catégorie pour la fiabilité du moteur, de l'embrayage, de la transmission, du système de refroidissement, de la suspension et de l'échappement. Une seconde enquête lors d'une émission du réseau public National Public Radio, appelée Car Talk, arriva aux mêmes conclusions. Ensuite, les ventes prirent une pente descendante rapide.


Renault Encore
1983 Renault 9

 

Un taxi Renault 11 TXE apparaît dans le film «  A View To A Kill «  de la série des James Bond en 1985. Le héros la réquisitionne à un chauffeur de taxi parisien pour poursuivre l'assassin joué par Grace Jones. Dans la séquence, coordonnée par le cascadeur Rémy Julienne, le toit de la 11 est arraché et la voiture est ensuite coupée en deux lors d'une collision avec une Renault 20.