Renault 40 CV (1911-1928)

1925 Renault 40 CV Cabriolet de Ville by Kellner Frères - Photos : RM Auctions

 

Publié par Philippe Baron le 17 août 2014.

 

Lancée en 1911 par Louis Renault comme modèle de prestige, l’imposante 40 CV est plébiscitée par les têtes couronnées et les présidents de la République. Quand il l’aperçut lors du Salon automobile de Saint Pétersbourg en 1913, le tsar de Russie en commanda immédiatement deux exemplaires. Près de la moitié de ses presque six mètres est réservée à loger son monstrueux 6-cylindres. Ce modèle d’apparat connaît une profonde mutation au cours des années vingt. Avec 9 121 cm3, la Renault 40 CV est  la plus grosse cylindrée du marché français. Loin d'être née pour la course, elle n'en gagne pas moins en 1925 le Rallye de Monte-Carlo.

 

 

L’appellation de ce modèle Renault « 40 CV » est une dénomination purement commerciale et sans rapport réel avec sa puissance fiscale. Elle connaît une étape importante de son évolution à la fin de 1920, quand son six-cylindres de 7,5 litres est réalésé à 110 millimètres. Avec 9 121 cm3, la voiture devient la plus grosse cylindrée du marché français. Parallèlement à l'empattement long, un châssis court, baptisé " sport ", fait son apparition en 1921. Destiné à recevoir des carrosseries à caractère sportif, il est doté d'un empattement réduit de 19 centimètres (3,80 mètres). Sa production restera minoritaire.

 

 

La Renault 40 CV bénéficie en 1922 des freins sur les quatre roues ainsi qu’un servofrein. Ce dispositif imaginé par la société Dewandre-Repusseau permet d’améliorer la puissance du freinage tout en limitant la pression sur la pédale, et ce, grâce à une assistance mécanique. Un autre point intéressant de la 40 CV est son système de refroidissement par liquide (50 litres). Fonctionnant selon le principe du thermosiphon, il n’y a ainsi aucun besoin de pompe à eau.

 

1925 Renault Type NM 40 CV Coupé de Ville Kellner - Photos : RM Auctions

 

La Renault 40 CV connaît sa dernière modification technique en 1925 avec l'apparition d'une nouvelle transmission sur le Type NM. Outre un embrayage monodisque à sec, qui remplace l'ancienne technique à cônes inverses, la voiture bénéficie d'une nouvelle boîte de vitesses à trois rapports - le couple du moteur étant jugé suffisant pour se passer d'une quatrième vitesse.

 

 

Le 24 janvier 1925, un Type NM de la 40 CV remporte le Rallye de Monte-Carlo. La même année, une Torpédo 40 CV Type ML à carrosserie sport ouverte pratiquement de série décroche sur le tout nouveau circuit de Montlhéry, inauguré le 12 octobre 1924, le record du tour à 178,475 km/h ainsi que les 24 heures avec 3 384,74 km effectués à 141,03 km/h de moyenne. La différence de vitesse s’explique par les nombreux arrêts : ravitaillements et surtout changements de pneus puisque la lourde voiture en consommera une centaine ! 

 

 

En juillet 1926, J-A. Garfield et Robert Plessier, les pilotes et ingénieurs responsables de l’opération, lancent sur l’anneau une 40 CV Type NM beaucoup mieux profilée, à carrosserie monoplace et dont le radiateur est ramené derrière le moteur. Les arrêts ont fait l’objet d’un entraînement particulier : animés par 14 préposés, ils ne dépassent pas 50 secondes. Ainsi modifiée, la voiture pulvérise le record des 24-heures à Montlhéry en parcourant 4 167,57 km à 173,649 km/h de moyenne ! Au passage, la voiture a empoché tous les records de 500 à 4 000 kilomètres (dont les 1 000 et 2 000 miles, 2 000 et 3 000 kilomètres). La 40 CV est devenue la voiture de tourisme la plus rapide du monde, frôlant les 200 km/h. 

 

 

En 1928, la 40 CV (de la Type CG à la Type NM), entrée dans la légende automobile sous le nom de « 40 CV des Records », s'efface devant les nouveaux modèles haut de gamme développés par Renault. Equipées d'un moteur huit cylindres en ligne et d'un radiateur situé devant le moteur, la Reinahuit et la Reinastella prennent la succession d'une génération de voitures, qui aura marqué l'automobile française de l'entre-deux-guerres. 

 

1926 Renault 40CV Type NM des records ay Festival de Goodwood 2014. - Photo : Tim Scott