Renault 4 (1961-1992)

1975 Renault 4 L

 

Publié par Philippe Baron le 2 juin 2015.

 

En 1956, Pierre Dreyfus, le nouveau PDG de Renault, dresse le portrait de la future automobile qui succédera à la 4 CV : « Il faut que cette voiture soit populaire, fonctionnelle, plus esthétique que la 2 CV, mais moins élégante que la Dauphine ». Lorsqu’elle est lancée en 1961, la R4, l’auto « blue-jean » souhaitée par le président, connaît immédiatement le succès et sera la première française à dépasser les huit millions d’exemplaires.

 

1962-1967 Renault 4

 

La Renault 4 (couramment appelée 4L) est la première application de la traction avant sur une automobile de tourisme de la marque Renault après que cette technique eut été adoptée sur l'Estafette en 1958. La voiture est la réponse de Renault à la Citroën 2 CV de 1948. Renault, ayant pu apprécier les avantages et les inconvénients de la 2 CV, conçoit et fournit un véhicule plus grand et plus urbain. Durant trois années, celle qui répondait en interne au code de projet 112 avant d’être surnommée « 350 » en référence au prix annoncé dans le cahier des charges (350.000 francs), parcourut toutes les latitudes et tous les continents pour des essais intensifs, soumise aux grands froids (-40°C) et aux fortes chaleurs (+50°C). La R4 passa brillamment les épreuves sur les pistes poussiéreuses et accidentées, sans compter les épreuves d’endurance à Lardy, soit deux millions de kilomètres effectués. Fait amusant : pour déjouer la curiosité des journalistes, les « essayeurs » avaient donné le prénom de Marie-Chantal à la voiture lorsqu’ils envoyaient des télégrammes à la Régie pour l’informer du comportement du véhicule lors des tests effectués.

 

 

La Renault 4 est présentée officiellement à la presse en août 1961 en Camargue et au grand public au Salon de l’Auto de Paris en octobre 1961. Les R4 présentées sur le stand sont installées sur des rouleaux tournant à grande vitesse et changeant de hauteur pour démontrer les étonnantes performances de la suspension. Pendant l’automne, la R4 bénéficia d’une campagne de lancement de grande envergure nommée « Prenez le Volant », qui invitait les Parisiens, puis les provinciaux, à essayer la voiture en toute liberté.

 

La Renault 4 au Salon de Paris 1961

La Renault 4 est une conduite intérieure à 5 portes et 4 places, la cinquième porte consistant en un hayon arrière relevable. La carrosserie de la version« berline » peut être qualifiée de « limousine » du fait de ses six glaces latérales. Certains modèles, tels les modèles de base et la R3, reçurent néanmoins une caisse simplifiée ne comportant que 4 glaces latérales, le panneau de custode étant alors entièrement tôlé. Les vitres latérales sont en deux parties verticales, s'ouvrant par coulissement horizontal, avec blocage par bouton-poussoir. Sur la version R4 Super, l'ouverture du hayon était inversée, ce dernier s'ouvrait vers le bas après avoir préalablement baissé la vitre, cet équipement peu pratique fut rapidement abandonné. La caisse en tôle d'acier est composée de 13 parties démontables : caisse, joues d'ailes avant, capot, ailes avant et arrière, portières et hayon. Elle n'est pas porteuse mais fixée sur le châssis par 23 boulons de 7 mm de diamètre. La carrosserie est protégée par des pare-chocs à lames métalliques. Sur les premiers modèles, ils étaient d'abord tubulaires, puis de section rectangulaire jusqu'en 1967, avant d'adopter une forme arrondie jusqu'à la fin de la fabrication.

 

Publicité 1961

 

Le châssis de la voiture est en tôle d'acier, d'épaisseur variant entre 0,8 et 1 mm. Les différents éléments qui le composent sont soudés par points, le jointoyage étant réalisé par l'application de cordons de mastic type polyuréthane. Le châssis de la voiture est constitué d'une traverse avant sur laquelle est fixé le berceau recevant l'ensemble moteur/boîte de vitesses et le train avant. Le plancher est surmonté par deux longerons latéraux et trois traverses. Deux brancards situés à l'arrière supportent le train arrière et le plancher de coffre. À noter que ces derniers suivant les millésimes peuvent être différents : sur certains modèles, ils présentent un décrochement derrière la traverse, nécessitant l'emploi de cales caoutchouc entre la caisse et le châssis à cet endroit précis. La direction est à crémaillère et nécessite 3,75 tours de volant de butée à butée. Le dessin général du châssis restera le même tout au long de la carrière de la Renault 4. Il recevra toutefois quelques modifications mineures au gré des évolutions techniques, ou des nouvelles normes de sécurité imposées par la législation. La traverse avant droite sur les premiers modèles équipés d'une boîte de vitesses à 3 rapports, deviendra échancrée vers l'avant pour permettre l'installation d'une nouvelle boîte de vitesses à 4 rapports en 1968. Les longerons seront équipés de trous taraudés permettant le montage de ceintures de sécurité. Les caissons avant, longerons, et traverse arrière, recevront des trous de forme ovale ou ronde - fermés par des capuchons de plastique – pour pouvoir injecter un traitement protecteur dans les corps creux du châssis, sensibles aux infiltrations d'eau. Un support sera greffé sur la traverse centrale, permettant le montage d'un levier de frein à main entre les sièges avant .

 

 

Le moteur de la R4 est du type longitudinal avant. Les quatre premiers moteurs à équiper la Renault 4 faisaient respectivement 603, 747, 782 et 845 cm³. Ils étaient à 3 paliers (moteur de type "Billancourt"). Les derniers modèles reçurent des moteurs de type "Cléon-Fonte" de 956 et 1 108 cm³ équipés de 5 paliers. Ces moteurs tournent dans le sens horaire, tandis que le sens de rotation des moteurs de type Billancourt est antihoraire. Pour obtenir le même sens de rotation aux roues, le différentiel de la boîte de vitesses est retourné. Le refroidissement à eau du moteur est assuré par un circuit scellé avec vase d'expansion. Le radiateur (placé au-dessus de la crémaillère sur les premiers modèles - type Billancourt - à cause des renforts internes du capot moteur) fut ensuite placé juste derrière la calandre sur la traverse avant avec l'arrivée des moteurs à 5 paliers. La boîte de vitesses est située devant le moteur à l'extrême avant du véhicule.

 

 

Liste des moteurs utilisés sur la Renault 4 au fil des années : 603 cm³ (49 x 80) : puissance 23 ch et couple de 4,3 mkg. Monté sur R3 (modèles 1962). 747 cm³ (54,5 x 80) : puissance 27,6 ch à 30 ch et couple de 5,1 à 5,6 mkg. 782 cm³ (55 x 80) à partir des modèles 1972 : puissance 30 ch et couple de 5,4 mkg. 845 cm³ (58 x 80) avec option 5 CV : puissance 30 ch et couple de 5,9 mkg. Montée en série pour 1983. 956 cm³ (65 x 72) : puissance 34 ch et couple de 6,2 mkg. Monté sur les derniers modèles TL Savane à partir de mai 1986. 1 108 cm³ (70 x 72) : puissance 34 ch et couple de 7,5 mkg, qui équipe en série la 4 GTL à partir du début 1978.

 

 

La suspension avant du véhicule est constituée de barres de torsion longitudinales sur lesquelles sont fixés les bras inférieurs avant (les extrémités des barres sont équipées de cannelures pour le réglage éventuel). Sur les bras inférieurs, on trouve à l'avant un tirant de chasse, permettant sur certains modèles le réglage de cette valeur. Une barre antiroulis (ou barre stabilisatrice) est également fixée aux bras inférieurs de suspension. Des triangles supérieurs, fixés au berceau, ainsi que des amortisseurs télescopiques complètent le système. La suspension arrière possède des amortisseurs télescopiques comme à l'avant et des barres de torsion transversales placées l'une devant l'autre. Sur celles-ci, sont fixés les bras arrière supportant les roues. Ces bras peuvent être fabriqués en fonte d'acier, avec un support prévu pour une barre antiroulis ou mécano-soudés. Les barres de torsion l'une derrière l'autre sont un exemple unique dans la production automobile, ayant pour conséquence un empattement différent entre le côté gauche et le côté droit (240 et 244 cm). Cette caractéristique, n'entachant pas la tenue de route, fut reprise sur bien d'autres modèles de la gamme Renault : 5, 6 et 16.

 

 

Le freinage de la voiture est à commande hydraulique. Il est constitué d'un maître-cylindre sans assistance, agissant sur les roues par l'intermédiaire de conduites hydrauliques de 4,75 mm de diamètre. Les freins avant et arrière sont à tambours, hormis certaines versions qui recevront des freins avant à disques : modèles GTL à partir de 1983, Savane à partir de 1986 et F4 à partir de 1984. Un répartiteur de freinage mécanique est fixé sur le brancard gauche du véhicule, relié au bras de suspension arrière par l'intermédiaire d'une tige réglable. Il a pour but d'ajuster la force de freinage sur l'essieu arrière en fonction de la charge du véhicule.

 

1967-1974 Renault 4

 

Durant sa longue carrière, la Renault 4 ne changea pas fondamentalement, cependant, plusieurs améliorations furent apportées au fil des ans. En septembre 1963 (modèles 1964), les pare-chocs à lames sont généralisés, remplaçant avantageusement le fragile modèle tubulaire. Dans le même temps, l'aération des passagers arrière est revue grâce à des vitres coulissantes sur les portes arrière entraînant en contrepartie la suppression du pivotement de la troisième glace latérale. Les modèles 1967 reçoivent une nouvelle planche de bord avec un vide-poches intégré côté passager ainsi qu'une boîte de vitesses à quatre rapports. Pour 1968 (un an plus tard pour la fourgonnette), une nouvelle calandre chromée élargie permet à la Renault 4 d'aborder les années 1970 avec une nouvelle physionomie. En septembre 1974, une calandre en plastique noir remplace la calandre en aluminium montée jusqu'alors. Entre-temps, pour l'année-modèle 1977, la Renault 4 perd ses petits clignotants ronds à l'avant au profit de boitiers rectangulaires et adopte une grille d'aération en plastique noir sous le pare-brise. Au millésime 1983, la nouvelle planche de bord accueille un combiné plus grand bien plus lisible (issu de la Renault 5). À l'extérieur, la calandre en plastique grise est généralisée à toute la gamme (auparavant, elle était réservée au seul modèle GTL apparu en 1978).

 

 

La R3 est une déclinaison économique avec le petit moteur 603 cm³ « sous-alésé » dérivé du moteur de la 4 CV. Version très rustique de la Renault 4, elle est d'un dépouillement extrême : aucun chrome sur la carrosserie, pare-chocs en tubes peints, pas de grille de calandre, pas d'enjoliveurs de roues. L'intérieur est également très sommaire : volant trois branches en bakélite noire, pas de panneaux de portes, sièges du type "hamac". Elle ne fut produite que de 1961 à 1962, le nombre total d'exemplaires construits varie selon les estimations entre 2 526 et 2 571. À côté de la R3 et de la R4 de base, sensiblement équivalente à la R3 dans sa présentation, il existe une déclinaison « Luxe » dite R4 L, qui se caractérise par sa troisième vitre latérale et différents accessoires et baguettes inox. Cette version, qui prit ensuite le nom R4 L Export, fut la plus vendue. À tel point que l'appellation générique de la Renault 4 deviendra progressivement 4L. Par rapport à la version de base, qui possédait des sièges du type « strapontins suspendus » de même type que la 2 CV, la R4 L Export possédait des sièges plus élaborés et plus confortables (séparés à l'avant) et une banquette arrière rabattable.

 

Sheila et sa jupe assortie à sa Parisienne

 

En 1963, Renault souhaite attirer la clientèle féminine vers la R4. Pour ce faire, du 8 mars au 15 juillet, l'opération est menée avec le magazine Elle qui prend d'ailleurs pour l'occasion le nom d'« Elle prend le volant ». Plus de 4 000 lectrices essaient ce modèle R4 Parisienne sur 48 heures. L’une des grandes ambassadrices de ce modèle est la jeune chanteuse populaire, Sheila, fraichement pourvue de son permis de conduire, qui prit livraison d’une R4 Parisienne. Le modèle se distingue par un habillage autant exclusif qu'original : un dessin de cannage de couleur paille, sur le noir de la carrosserie, ou encore des motifs écossais, habillant portières, ailes arrière et hayon. À cela s'ajoutent des éléments chromés, pour une distinction encore plus prononcée. Jusqu’en 1968, la R4 Parisienne sera proposée au catalogue.

 

 

Hormis le modèle de base, la Renault 4 traverse la fin des années 1960 et les années 1970 sous la forme de la R4 "Export", qui devint la 4 TL en 1976. Ces modèles se distinguent du modèle de base par leur finition plus poussée, procurée par l'ajout d'accessoires chromés ou encore de butoirs de pare-chocs. En 1986, le modèle TL est rebaptisé "TL Savane" et bénéficie de quelques équipements d'appoint : bandes décoratives adhésives, roues de style, sellerie nouvelle. En 1989, Renault équipe ce modèle du « pack sécurité » (appuis tête, feux de recul, deuxième rétroviseur extérieur et un phare antibrouillard sous le pare-chocs arrière).

 

1967 Renault 4 - Photo : PhAutomobile.fr
Lifting en septembre 1967 : la face avant de la voiture est redessinée avec une nouvelle calandre plus imposante recouvrant les phares et le losange s’en trouve déplacé vers la droite.

 

Début 1978, la R4 GTL reprend la formule qui a fait le succès de la Renault 5 GTL : un gros moteur de 1 108 cm3 (Moteur Cléon-Fonte) retravaillé pour consommer moins (5,4 litres aux 100) et des bandes de protection latérales grises avec pare-chocs et crosses avant assortis. La version GTL supplantera rapidement la 4 TL. En mai 1986, lors du remaniement de la gamme, la GTL devient "GTL Clan", l'équipement et la présentation sont alors encore améliorés avec une nouvelle sellerie, des sièges à dossiers inclinables, une montre digitale, des jantes type Fergat. En 1989, Renault revient à de plus banales jantes tôles, et équipe ce modèle du même « pack sécurité » que la version TL Savane. Trop âgée pour pouvoir respecter les normes antipollution qui doivent arriver en 1993 (pot catalytique obligatoire), la production de Renault 4 est arrêtée fin 1992 avec une série « Bye-Bye » de R4 GTL Clan, des modèles numérotés de 1 à 1 000 devenus collectors.

 

1976 Renault 4 Safari

 

Dès le début de la production, Renault propose des modèles à diffusion limitée dans le but de relancer les ventes ou encore de rajeunir l'image de la voiture. Durant les années 1960 sont produits, la « Plein air », la « Parisienne » ou encore des adaptations 4x4 produites par Sinpar. Puis, pour les années 1970, la « Safari » (1976), les années 1980 avec la « Jogging » (1981), la « Sixties » (1985) avec sa sellerie flashy et ses deux toits ouvrants, et les années 1990 avec la « Carte jeune » (1991).

 

1981 Renault 4 "Jogging"
1986-1992 Renault 4 Clan

 

La R4 Fourgonnette, qui concurrença les utilitaires Citroën 2 CV, remplaça la Dauphinoise (ex-Juvaquatre fourgonnette). Celle-ci existait en version vitrée avec une banquette à l'arrière, il en fut de même pour la Renault 4. À partir de la fourgonnette 300 kg du début, caractérisée par une option trappe de toit (appelée girafon) à l'arrière, Renault déclina la fourgonnette 400 kg surélevée pour 1972 à moteur 5 paliers produite en Espagne par Fasa-Renault. Elle fut remplacée en 1976 par la fourgonnette longue 400 kg à empattement rallongé de 12 cm, caisse plus carrée de 2,35 m3 et pare-brise agrandi dans sa partie supérieure. Dans tous les cas, le châssis était renforcé en particulier au niveau des barres de suspensions et du train arrière qui recevait une barre antiroulis. Pour 1978, les Renault 4 Fourgonnette normale et longue s'appellent respectivement Renault 4 F4 (4 CV) et Renault 4 F6 (6 CV). Sur la base de la F6, Renault proposa en 1979 un pick-up fabriqué par Teilhol (également constructeur de la Renault 4 Rodéo sur châssis Renault 4). Le Renault Express succéda à la Renault 4 F6 en 1985, la fourgonnette F4 continua d'être produite jusqu'en 1988.

 

1962-1967 Renault 4 Fourgonnette
Les Fourgonnettes 1976
1974 Renault 4
1976 Renault 4
1983 Renault 4

 

En 1979 et 1980, la Renault 4 des frères Claude et Bernard Marreau participa au Paris-Dakar en se classant respectivement 5e et 3e. Cette puissante 4L disposait d'un moteur de R5 Alpine Groupe 2, d'une transmission 4x4 Sinpar, mais aussi de triangles inférieurs de R5 Alpine Coupe (arrimés sur un troisième point créé pour l'occasion), de combinés-filetés ressorts-amortisseurs à l'avant, ainsi que d'une paire d'amortisseurs supplémentaires sur le train arrière. En effet, les R4 d'origine disposent d'une paire d'amortisseurs quasi-horizontaux, tandis que celle-ci dispose en plus d'une paire d'amortisseurs verticaux, fixés en lieu et place des butées de suspensions sur les bras arrière, et remontant dans les joues d'ailes dans des chapelles d'amortisseurs créées pour l'occasion, et ressoudées sur l'arceau de sécurité. D'autres nombreuses astuces viennent rigidifier la structure de la 4L de base, tel que le capot à ouverture spécifique, dont l'avant est boulonné. Les préparations de soudure du châssis donneront d'ailleurs la base pour la rédaction de notice de préparation des 4L Cross. Par ailleurs, la ligne d'échappement et son silencieux sont fixés sur le toit de la petite berline, qui a aussi participé au Paris-Dakar 1981 entre les mains d’Antoine Granja et Roger Caillaba. Cette même R4 a participé, toujours aux mains des frères Marreau, à l'édition 2007 de la TransAfricaine Classic.

 

 

La Formule Renault Cross Elf a été créée avec Elf et Kleber. Pendant une décennie à partir de 1974, des pilotes se réunissaient le week-end pour courir sur un circuit en terre avec leurs vieilles « 4L ». Celles-ci étaint débarrassées de leurs vitres, projecteurs et pare-chocs tandis qu'un arceau de sécurité était installé car sur la piste les « touchettes » étaient nombreuses.

 

 

Depuis 1996, existe le 4L Trophy, un rallye humanitaire ouvert aux étudiants, qui est avant tout une course d'orientation à travers le Maroc avec un but humanitaire. Depuis 2006, chaque équipage doit emporter soit 2 sac à dos contenant des fournitures scolaires et 2 sacs de sport contentant des affaires sportives, ou 1 sac à dos et 1 de sport avec un chèque de minimum 20€ au nom de l'association « Les Enfants du Désert ». (Avant 2006, chaque équipage devait emporter 50 kg de matériel scolaire ou un chèque au nom de l'association « Enfants du Désert ») L'ensemble de la collecte est ensuite distribué sur place aux enfants marocains par l'association « Enfants du Déserts ». Ce raid est à ce jour, du point de vue du nombre de participants, le plus grand d'Europe, car c'est près de 1 340 équipages, soient 2 680 étudiants qui ont pris le départ lors de l'édition 2012.

 

 

Une version plutôt musclée, la Renault 4 Rallyraid de 1978, traversa l'Afrique de bout en bout. Elle possédait un moteur renforcé de plus d'un litre de cylindrée. Certaines Renault 4 de compétition, qui n'avaient plus de la 4L que le nom, furent même équipées de moteur à turbocompresseur pour la course de côte notamment. En 1990, quelques Renault 4 Rodéo passèrent dans les mains de préparateurs pour être modifiées (châssis raccourcis, pneus de 15 pouces en 145 ou 165, etc.), en de « véritables petites grimpeuses de dunes ».

 

 

La Renault R4 fut construite dans l'île Seguin à Boulogne-Billancourt d'août 1961 à fin 1992. Elle fut également produite à l'usine Renault de Flins ainsi qu'en Espagne (par Fasā-Renault), en Argentine par IKA-Renault, en Italie (par Alfa Romeo sous licence), au Maroc puis en Slovénie pour les dernières années de sa production. La Renault 4 rencontra également le succès à l'étranger, produite ou assemblée dans 27 pays (hors France), aussi lointains que l'Australie, l'Afrique du Sud, le Chili ou les Philippines. Sur dix voitures vendues, six l'ont été hors de France.

 

De 1966 jusqu’en 1984, la R4 fut choisi pour l’expédition « Les Routes du Monde ». Ainsi 438 jeunes aventuriers auront parcouru les routes du monde en R4.

 

La Renault 4 connut un grand succès auprès des PME, des artisans, de la gendarmerie (c'était l'une des seules voitures françaises de l'époque qui permettait de conduire avec le képi sur la tête), mais également auprès des PTT, des pompiers ou d’EDF dans sa version fourgonnette F4. Le 3 décembre 1992, Renault annonça par communiqué de presse l’arrêt de la Renault 4, seuls deux sites continuèrent à produire la Renault 4 au-delà de cette date et jusqu’en 1994 : le Maroc et la Slovénie. Seulement six ans après son lancement, la Renault 4 avait dépassé le cap du millionième exemplaire produit. En France, la Renault 4 fut en tête des ventes de 1962 à 1965 puis de 1967 à 1968. Elle reste aujourd'hui la deuxième voiture française la plus vendue avec 8 135 424 d'exemplaires produits derrière la Peugeot 206.

 

2011 Renault 4 Ever Concept par David Obendorfer
2012 Renault 4 L Revival Concept par Charlie Nghiem