Renault 16 (1965-1980)

 

Publié par Philippe Baron le 20 mars 2015.

 

En 1965, Renault fait preuve d’une réelle inventivité en présentant une berline bourgeoise avec un hayon largement vitré. Tout d’abord surpris et sceptique, le public l’adopte rapidement et la Renault 16 décroche le titre de « voiture de l’année 1966 ». En 1968, Renault développe pour la TS un nouveau moteur de 1 565 cm3 qui lui permet d’entrer dans la catégorie des autos routières capables de dépasser les 160 km/h.

 

 

La R16 est présentée au public pour la première fois au Salon de Genève en mars 1965. Dessinée par Gaston Juchet et Philippe Charbonneaux, elle déroute le public avec sa ligne moderne qui ne comporte que des lignes droites, un capot plat plongeant avec un décrochage central prononcé, des passages de roue arrière cachés par les ailes, et surtout, ce hayon relevable découvrant un vaste coffre caché par une tablette. Une première à ce niveau de gamme. Une version à malle classique et un coupé à la ligne tricorps ont bien été réalisés mais ne seront jamais commercialisés. L'idée de Pierre Dreyfus, alors P-DG de Renault, était de sortir une auto en phase avec les nouvelles aspirations des Français, donc audacieuse et polyvalente. Bref, une Renault 'à vivre' !

 

Poids 980 - 1 090 kg

 

Côté mécanique, la suspension à quatre roues indépendantes de la R16 est équipée de barres de torsion longitudinales à l'avant et transversales à l'arrière. Cette technologie impose une distance entre le passage de roues arrière et la porte arrière différente entre les côtés droit et gauche. Malgré l'empattement asymétrique de 7 cm, la voiture est confortable et dotée d'une bonne tenue de route. Pour la Renault 16, la Régie a mis au point un nouveau bloc, un 4-cylindres tout aluminium de 1 470 cm3 de 55 ch, avec un arbre à cames « haut » qui, en fait était né 6-cylindres avant d’être littéralement amputé. Ce bloc moteur, monté longitudinalement avec la boîte de vitesses en porte-à-faux avant, bénéficie d'un circuit de refroidissement scellé et pour la première fois d'un ventilateur électrique à déclenchement automatique. Le levier de vitesse est au volant, la planche de bord à compteur de vitesse horizontal changera à deux reprises. Parmi les innovations propres à la Renault 16, figure le chauffage par nappes mis au point avec Sofica.

Longueur : 4 260 mm - Largeur: 1 630 mm - Hauteur: 1 450 mm

 

Les premières années de commercialisation sont marquées par quelques modifications de la carrosserie : ajout du Losange sur la calandre, trappe d'auvent sous le pare-brise, hauteur des butoirs de pare-chocs augmentée et nouveaux enjoliveurs de roue. En mars 1968, la 16 TS est animée par un moteur 1 565 cm³ 83 ch avec culasse hémisphérique. Elle se distingue par ses deux projecteurs longue portée à iode supplémentaires, de nouvelles jantes et des feux de recul (en option pour les modèles 1968 et de série pour 1969). Le tableau de bord à cadrans ronds comprend un compte-tours et pour 1970, une montre. Les essuie-glaces à deux vitesses et la lunette arrière dégivrante sont de série. Les lève-vitres avant électriques optionnels apparaissent pour la première fois sur une voiture française. En mars 1969, la première boîte automatique à pilotage électronique par transistors est proposée sur la 16 TA. Celle-ci dispose du moteur de la TS, mais avec la culasse ordinaire, l'ensemble fournit 67 ch.

 

 

Pour 1971, les nouvelles versions de base L et TL héritent de ce moteur tandis qu'elles reçoivent des feux arrière agrandis rectangulaires sous un bandeau noir comme toutes les Renault 16. La boîte automatique devient une option disponible sur toutes les motorisations. Un an plus tard, à l'avant, les feux de position latéraux sur les ailes sont supprimés et les clignotants avant sont blancs. Pour 1974, la Renault 16 TX fait appel à un moteur 1 647 cm³ 93 ch, et à une boîte à cinquième vitesse longue. La 16 TX est la première voiture française à posséder une condamnation électromagnétique centralisée des portes. Il suffit de verrouiller une porte pour que les autres le soient également. L'équipement comprend aussi les lève-vitres électriques à l’avant, un volant sport, le pare-brise feuilleté et les ceintures de sécurité avant à enrouleur. À l'extérieur, elle affiche quatre projecteurs carrés à iode encastrés dans la calandre, des roues de style type Gordini, un essuie-vitre/lave-vitre de lunette arrière, un jonc chromé au-dessus des passages des roues arrière et un volet aérodynamique chromé à l'arrière du toit.

 

 

À partir des modèles 1975, une calandre en plastique noir remplace la précédente qui était en aluminium. Début juillet 1977, les feux de recul sont généralisés à toutes les versions. Pour 1979, les ceintures de sécurité sont montées à l'arrière et les feux avant sont bicolores. La Renault 16 continuera ainsi pendant encore deux ans avant d'être supprimée du catalogue. Elle sera remplacée par le duo Renault 20 et 30. Produite dès 1965 dans l'usine de Sandouville, près du Havre, spécialement édifiée pour elle, la Renault 16 s’est écoulée à 1 845 959 exemplaires.