Peugeot 406 Coupé (1997-2004)

 

Publié par Philippe Baron le 30 juillet 2013.

 

Partenaires depuis la 403 en 1955, Peugeot et Pininfarina n’avaient pas produit de coupé depuis la Peugeot 504 à la fin des années 60. Au début des années 90, la collaboration est renouée pour un « hors-série » de la 406. Présentée au Mondial de l’Automobile de Paris en septembre 1996, la 406 Coupé crée l’événement. Unanimement saluée par la presse et le public, elle connait une belle carrière.

 

 

Issue de la berline 406, le coupé 406 ne conserve néanmoins aucun élément de carrosserie, celle-ci ayant été entièrement conçue, développée et fabriquée par le célèbre carrossier italien Pininfarina dans son usine de San Giorgio Canavese. La commercialisation débute en mai 1997.

 

 

Le coupé est une tradition de longue date chez Peugeot (le type 21 est le premier de la marque, réalisé en 1898), mais à l'arrêt de la production du coupé 504 en 1983 aucun modèle n'assure la relève. En effet, Peugeot connait quelques difficultés financières suite à son échec aux États-Unis et au rachat de Chrysler-Simca, les projets (405 et 505 coupé) sont donc écartés. Ce n'est que 14 ans plus tard que viendra le 406 Coupé, griffé comme son prédécesseur, Pininfarina. En effet la coopération entre la firme de Sochaux et le carrossier italien n'en est pas à son premier essai : la Peugeot 403 en a bénéficiée dès 1955. De nombreux clichés pirates circuleront jusqu'à la présentation officielle du modèle en octobre 1996 au Salon Mondial de l'Automobile de Paris.

 

Dimensions : Longueur : 4.62 m – Largeur : 1.78 m – Hauteur : 1.35 m – Empattement : 2.70 m – Poids : 1 520 kg -

 

La presse spécialisée est enthousiasmée par son design et le coupé obtient plusieurs prix à sa sortie : Coupé più Bello del Mondo 1997 au Triennale de Milan, Car Design Award 1997 au Salon Automobile de Turin et Plus Belle Voiture de l'Année 1998 au Festival automobile international. Certains lui reprochent cependant une planche de bord reprise de la berline ou un manque de sportivité mais Peugeot remplit ses objectifs avec des carnets de commande pleins à craquer. Son succès réside dans son confort et son bon comportement routier, doublé d'un tarif attractif pour une GT louée par la presse comme la voiture la plus belle du moment. En 2001 Peugeot fait le pari d'équiper son coupé d'un diesel, c'est le plus gros moteur du constructeur qui est retenu : un 2.2l HDi de 136ch. Si à l'époque le diesel est mal vu par les puristes, l'alliance séduit et permet même de relancer les ventes.

 

 

Le confort est un point fort du 406 Coupé, sa dotation cuir est de bonne facture et l'espace intérieur est assez généreux. Il ne dispose que de 4 places, cela lui permet en outre de fournir aux passagers une aisance rare dans le segment. Les sièges sont à commande électrique et disposent d'une mémoire de positions. Ils ont été dessinés par Pininfarina mais sont fabriqués par Recaro, société célèbre pour ses sièges automobiles sportifs. Pour des raisons de coûts, plusieurs éléments de l'habitacle sont empruntés à la berline, de fait la présentation intérieure est jugée trop classique et manque d'exclusivité. Le tableau de bord ne se distingue par exemple que par un cerclage métallique des compteurs.

 

 

Le 406 Coupé est un modèle bien fourni en termes d'équipement comparé au reste de la gamme du constructeur. À partir du restylage en avril 99 on trouve donc un équipement moderne de série (ordinateur de bord, air climatisé, régulateur de vitesse...), en revanche la peinture métallisée ou le GPS sont en option pour les deux finitions "Base" et "Pack". Le toit ouvrant électrique est proposé en option sur toutes les finitions excepté la "Griffe" qui en dispose de série. Trois selleries « cuir » et deux « tissu » composent la finition du coupé dès sa sortie.

 

 

Reprenant le châssis de la berline à roues indépendantes, un train avant de type pseudo McPherson et un train arrière multi-bras, le 406 Coupé hérite ainsi d'un bon compromis entre comportement routier et confort. L'empattement reste identique mais la garde au sol est réduite par rapport à la berline, le centre de gravité est ainsi abaissé et une barre anti-rapprochement ajoute un peu plus de stabilité en virage (seuls les modèles 2.0l n'en sont pas équipé). Des suspensions pilotées sont disponibles en option pour le V6 pack. Le freinage est assuré par des étriers 4 pistons Brembo montés sur des disques ventilés de 305 mm de diamètre pour les modèles V6 et HDi ou des étriers flottants montés sur des disques ventilés de 283 mm pour les versions 2.0l et 2.2l. À l'arrière un étrier flottant monté sur un disque de 290 mm équipe toutes les versions. Si l'ABS est présent de série dès le lancement du coupé, l'ESP n'apparait qu'en 99 et l'AFU en 2001. La liaison au sol est effectuée par des pneumatiques larges de 215 mm (205 mm pour les versions 2.0l).

 

 

Uniquement disponible en deux versions essence quatre et six cylindres à son lancement, le coupé n'aura son diesel qu'en janvier 2001. À l'image du coupé 504 inaugurant le V6 PRV à son époque, c'est le 406 Coupé qui inaugure le nouveau V6 PSA/Renault de 194ch. Ses motorisations subissent quelques modifications durant sa carrière, le vieillissant quatre cylindres en ligne 2 litres 135 ch provenant de la 605 est remplacé en 1999 par le nouveau 2 litres 137 ch, emprunté à la 206 S1625. Par la même occasion le V6 évolue après un passage chez Porsche, sa puissance est portée à 210 ch pour une consommation en baisse. En mars 2002 le 2.0l en boite manuelle fait place au 2.2l 160 ch qui équipe déjà la berline 607.

 

 

Au 1er janvier 2001, les nouvelles Norme européenne d'émission Euro mènent à une évolution mineure du 2.0l 137 ch (type RFR) en 2.0l 138 ch (RFN) par l'ajout d'une deuxième sonde lambda dans le but d'affiner la gestion d'alimentation (la modification est parallèlement appliquée à la 206 s16 d'où provient le bloc EW10J4). Pour la phase 1, le coefficient de traînée (Cx) est de 0,32 et le SCx (soit le Cx multiplié par la surface frontale) de 0,656. Ces chiffres déterminent l'aérodynamisme qui influe directement sur la consommation et la vitesse de pointe. Le coupé a connu plusieurs changements plus ou moins importants dans sa carrière. On parle de coupé phase 1, phase 1 "restylé" et phase 2. En avril 1999 le coupé français change de moteur pour le 2,0 l qui passe à 137 ch, le V6 est remanié chez Porsche à 210 ch. En 2001 apparaît la motorisation diesel, en 2002 la version 2,2 l essence. Pour satisfaire les nouvelles directives Européenne relative au choc piéton, Pininfarina fourni en 2003 un nouveau bouclier avant plus en phase avec l'évolution stylistique de la marque au Lion, rappelant celui de la Ferrari 612 Scaglietti.

 

 

En sport automobile le coupé concours dans plusieurs compétitions, souvent pour des équipes privées. Soheil Ayari fut deux fois titré au Championnat de France de Supertourisme au volant de son 406 Coupé Silhouette, équipé d'un 3.0l V6 préparé à 310 ch pour un poids contenu de 950 kg. Bruno Longépé remporte également une victoire en rallye "toute catégories" avec son coupé F2000 préparé à partir d'un 2.0l XU10J4RS de 295ch pour un poids de 988 kg.

 

 

Fin 2004 s'achève la carrière du coupé franco-italien. Lors du Salon de Francfort en septembre 2005, le successeur est présenté, il s'agit du coupé 407 dont le design est de Peugeot. Pininfarina n'aurait pas remporté le "concours" contre le Centre de Style de Peugeot avec Gérard Welter à sa tête. Avec 107 631 exemplaires vendus, la 406 Coupé fut un beau succès pour Peugeot, sachant que le contrat initial avec Pininfarina portait sur 70 000 véhicules !