Peugeot 402 Darl’mat (1938)

Photo : RM Auctions

 

Publié par Philippe Baron le 16 janvier 2015.

 

Propriétaire d’une importante concession Peugeot à Paris depuis 1923, Emile Darl’mat sait qu’une clientèle aisée est prête à payer plus cher pour rouler dans un modèle Peugeot différent de celui de série. C’est ainsi qu’il se lance dès le début des années trente dans la transformation sportive et élégante des véhicules de la marque, avec le souci permanent d’en améliorer les performances. 

 

 

En 1936, à la demande de son ami le pilote Charles de Cortanze, Emile Darl’mat réalise avec l’assistance de Georges Paulin, chirurgien-dentiste mais dessinateur amateur par passion, et Marcel Pourtout, carrossier à Rueil-Malmaison, une version « spécial sport » de la nouvelle Peugeot 302. Le roadster, présenté au Salon de Paris 1936, repose sur le châssis renforcé de la 302, mais les trains roulants avant et arrière sont ceux de la 402, ainsi que la suspension, elle aussi renforcée. Le moteur de la 402, d’une cylindrée de 1 991 cm3, avec deux carburateurs et un taux de compression de 7.4, est également utilisé. La puissance est portée à 70 ch à 4 250 tr/mn. Les performances de la voiture (145 km/h) incitent Peugeot/Darl’mat à se présenter aux 24 Heures du Mans 1937 : 3 voitures sont inscrites, (n° 25, 26 et 27). Elles terminent la course aux 2e, 3e et 5e places de leur catégorie. 


 

A partir du début de 1937, les Darl'mat sont produites en petite série. Les châssis sont des 302 puis des 402 légères. Les carrosseries sont réalisées chez Pourtout. Trois types sont proposés : le plus fréquent est le roadster, inspiré des modèles course, mais équipé de portes et d'un pare-brise rétractable. 38 unités seront construites en 1937. Pour 1938, 67 autres seront construites mais sur le châssis de la 402 légère. La 402 Darl’mat « spéciale sport » conserve le même moteur mais chaque modèle a ses particularités, car assemblé à la main. 


Photos : The San Diego Collection

  

En 1939, un roadster Darl’mat tente d'atteindre les 200 km/h, mais la guerre interrompt l'expérience après un premier essai à 199 km/h. Après la guerre, Darl'mat reprend une monoplace préparée en 1939, et cachée pendant la guerre, à partir d'un moteur de 402 sur un châssis Amilcar pour participer à la course du Bois de Boulogne (ACF). Il crée en 1947 un coupé 202 qui remporte le record de vitesse de la catégorie 1 100 cm3, puis une monoplace 402 de Grand Prix. Dans les années 1950, il concevra une 203 surbaissée et survitaminée (80 ch) pour participer à des rallyes, puis un autre hybride de Peugeot 203 et de Darl’mat de course pour concourir aux 24 heures du Mans, dernière des réalisations d'Émile Darl'mat. En 1956, un dernier projet de coupé Darl'mat 203 mâtiné de 403 avorte après cinq exemplaires, faute d'accord de la nouvelle direction de Peugeot. 


Photos : Bernard Canonne, RM Auctions