Opel Tigra (1994-2000) Tigra Twin Top (2004-2009)

 

Publié par Philippe Baron le 15 février 2015.

 

En 1994, Opel, antenne européenne du géant américain General Motors, évite la banalité et prend des initiatives courageuses et méritoires en osant s’aventurer dans le créneau des mini-coupés avec sa Tigra, seule européenne dans cette catégorie délaissée par la concurrence. L’audace du constructeur généraliste est rapidement récompensée avec plus de 100 000 exemplaires vendus les dix-huit premiers mois de sa commercialisation.

 

 

Coupé compacte basé sur la plate-forme de l’Opel Corsa B, la Tigra est présentée sous forme de concept-car à l’automne 1993 au Salon de Francfort. Il rencontre un tel succès auprès du public que le constructeur à l’éclair s’empresse de le commercialiser dès octobre 1994. Vendue sous la marque Vauxhall au Royaume-Uni, Holden en Australie et par Chevrolet dans certains marchés d'Amérique latine, l’Opel Tigra est fabriquée à Zaragoza en Espagne.

 

 

Très original, le design de la Tigra est caractérisé par des portières en forme de crosse et une lunette arrière panoramique. Elle mesure 3.92 m en longueur et 1.60 m en largeur. Pouvant accueillir 4 personnes, la Tigra la plus simple, la 1.4 l, possède déjà des phares réglables depuis l’intérieur, un système antidémarrage, un tiroir de rangement sous le siège passager (sauf avec toit ouvrant), un siège conducteur réglable en hauteur, une sellerie velours, roues 14 pouces avec enjoliveurs et une radio cassettes. Provenant de la Corsa GSi, son 4-cylindres de 1 389 cm3 16 V développe 90 ch lui permettant une vitesse maximale de 190 km/h.

 

 

La version mieux motorisée, 1.6 l, dispose d’une alarme, de phares supplémentaires, d’un volant cuir, de roues alliage de 15 pouces, d’un deuxième airbag, de rétroviseurs électriques dégivrants et de l’ABS. Provenant de la Corsa Sports, son 4-cylindres de 1 498 cm3 16 V développe 108 ch lui permettant une vitesse maximale de 203 km/h. Ces deux  moteurs de la famille Ecotec sont à gestion électronique associés à une boîte de vitesses 5 rapports manuels ou en option pour le 1.4 seulement avec une boîte automatique à 4 rapports. La suspension est en grande partie identique à la Corsa avec quelques travaux de rigidification effectués par Lotus. 

 

 

En 2000, la production de la première génération s'arrête. Globalement, l’Opel Tigra a été vendue à 256 392 exemplaires dans le monde entier, dont 59 462 exemplaires en Allemagne. Mais 4 ans plus tard, Opel ressuscite la Tigra. Cette deuxième génération se présente non plus en simple coupé mais sous la forme d’un sympathique petit coupé-cabriolet qui prend le nom de Tigra TwinTop. Présentée au Salon de Genève au printemps 2004, cette rivale de la Peugeot 206 CC est commercialisée en septembre 2004.

 

 

Pour lieu de production, Opel a choisi la France en s’adressant au carrossier français Heuliez à Cerizay puisque ce dernier est le concepteur du toit rigide articulé qui permet la transformation du coupé en cabriolet. Sur le plan du design, la nouvelle Tigra reprend à nouveau le thème de la Corsa C à l’avant avec une épaisse barre chromée remplaçant la calandre. 

 

 

Comparée à la Peugeot 206 CC, la Tigra ne propose que deux places, mais, via le système ingénieux du repli de son toit, l’Opel revendique un coffre plus important (250 dm3), quand la française ne peut prévaloir que de 175 dm3. Cet espace généreux a été obtenu grâce au repli électro-hydraulique du toit qui comprend quatre vérins hydrauliques, cinq moteurs électriques et dix-huit capteurs de contact. En appuyant simplement sur un bouton, en dix-huit secondes, la Tigra Coupé se transforme en Tigra Cabriolet.

 

 

Trois finitions sont au catalogue : Enjoy, Sport et Cosmo. En série, la Tigra reçoit l’ABS, quatre airbags, les sièges sport, les vitres et rétroviseurs électriques, le verrouillage centralisé, la radio CD et les phares antibrouillards. La version Sport se distingue par un habillage intérieur différent, un autoradio mp3 à commandes au volant et des jantes alu de 16 pouces. Les Cosmo apportent en plus un filet antiremous et le régulateur de vitesse. Opel produira aussi une version Redtop avec un toit habillé de toile rouge façon toit souple, mais qui reste en-dessous un toit rigide.

 

 

A son lancement, la Tigra est dotée en essence du 1,4 litre 16v de 90 ch de la génération précédente, ainsi qu'un 1,8 litre 16v de 125 ch. En avril 2005, arrive sous le capot le diesel 1,3 litre CDTi 16v d'origine Fiat. Ce moteur développe 70 ch et offre un couple de 170 Nm dès 1 750 tr/mn, ce qui procure à la Tigra un bel agrément de conduite, malgré le poids de 1 200 kg. Par ailleurs, sa sobriété (4.6 l aux 100 km en parcours mixte) constitue un bel atout. En adoptant cette motorisation, Opel en a profité pour doter d’un châssis sport la version 1.8 de 125 ch (barre stabilisatrice avant de plus gros diamètre et essieu arrière modifié). Ainsi, la Tigra gagne en comportement et en sportivité. Pour ceux qui souhaitent une conduite sans efforts, le 1.4 Twinport peut bénéficier de la boîte Easytronic en lieu et place de la boîte manuelle à cinq rapports.

 

 

Malheureusement, la Tigra ne rencontre pas le succès escompté. Prévue pour être fabriquée à 250 exemplaires par jour, il n'en sortira à peine que 50 au pic de production. Cette production s'arrête totalement le 8 octobre 2009 après 90 874 exemplaires produits depuis le 1 mars 2004 concordant avec la fermeture de l'usine Heuliez de Cerizay rencontrant de grandes difficultés économiques.