Opel Ascona (1970-1975)

 

Publié par Philippe Baron le 8 décembre 2015.

 

Présentée au Salon de Turin le 28 octobre 1970, la compacte Ascona vient s’intercaler dans la gamme Opel entre la petite Kadett et la grande familiale Rekord. Berline exclusivement tricorps, elle sort deux mois après sa version coupé, la fameuse Manta. L’Ascona ne manque pas d’atouts avec une excellente habilité et une remarquable tenue de route. La carrière sportive qu’elle mènera avec brio en témoignera.

 

 

Produite dans l'usine Opel de Bochum dès le mois de novembre 1970, l’Ascona, dessinée par Chuck Jordan, est disponible en berline 2 portes, 4 portes, ou Caravan/Voyage (break) en 3 portes. Au départ, la gamme Ascona devait être dotée d’une version hayon finalement non retenue par le constructeur. Par rapport à la Kadett, l’Ascona est plus large de 5.3 cm (1.62 m) et plus longue d’un 1.9 cm (4.12 m). Le nom Ascona est un hommage à un modèle emblématique, diffusé en Suisse entre 1956 et 1960, sur la base d’une Rekord et déjà baptisé Ascona en l’honneur de la ville située dans le Tessin.

 

 

A l’arrière, l’Ascona reprend l’architecture des Rekord, avec des bras oscillants couplés à des ressorts hélicoïdaux, à une barre antiroulis et à une barre Panhard, le tout complété par des amortisseurs. Le train avant est par contre entièrement nouveau. Pour obtenir un effet « anti-plongée » au freinage, les axes horizontaux des bras de suspension inférieur et supérieur se croisent. Des bras liés aux ressorts hélicoïdaux, une barre antiroulis étant fixée sur le bras inférieur pour générer un effet de barre Panhard.

 

 

L’Ascona, à son lancement, a recours aux blocs utilisés par la Rekord, avec arbre à cames en tête et vilebrequin cinq paliers, mais dans une cylindrée revue de 1 584 cm3 qui offre 68 et 80 ch aux versions 16 N ou 16 S (puis 60 et 75 à partir de 1974). En mars 1971, Opel dote l’Ascona S du moteur 1 897 cm3 développant 90 ch et qui va briller en rallye avant de se voir ‘dégonflé’ à 88 ch pour répondre à de nouvelles normes antipollution. En 1972, la gamme est complétée avec la 12 S, dont le moteur de 1 196 cm3 emprunté à la Kadett propose 60 ch et une vitesse de 142 km/h. 

 

 

Pour Opel, l’Ascona invente le concept de « la familiale qui se conduit en célibataire » et « qui concilie l’inconciliable, le confort douillet de la grande routière et le punch de la sportive ». Opel présente aussi une version break haut de gamme avec finition extérieure inédite baptisée Voyage qui se distingue avec un arrière très incliné, toit vinyle et feuille en plastique imitant le bois collé sur les flancs. Typé trop luxe pour convaincre, il ne sera produit qu’à 75 750 exemplaires.

 

Opel Ascona Voyage

 

Jean Ragnotti est l'un des premiers pilotes de rallye à mettre en évidence le tempérament sportif de l’Ascona avec laquelle il détient une victoire de classe au Monte-Carlo 1972. Sur une version 16 SR, Kurt Waldner remporte le Tour d’Europe en 1971, 1972 et 1973. En 1973, Sylvia Osterberg gagne sa seconde Coupe des Dames du Rallye Monte-Carlo. En 1974, Walter Röhrl remporte le Championnat d'Europe des rallyes au volant d'une Opel Ascona 1.9 SR d'environ 206 ch. En 1975, Walter Röhrl remporte à son volant le Rallye de l'Acropole et, par la même occasion, offre à Opel sa première victoire en Championnat du monde des rallyes.

 

 

L'Opel Ascona (A) a été produite de novembre 1970 à juillet 1975 à 691 438 exemplaires dont 51 000 pour les Etats-Unis. La seconde génération du modèle est présentée au mois d’août 1975 lors du Frankfurt Motor Show.

 

1974 Opel Ascona - Photos : Jeff-Glenn-Fox