OM 665 SSMM Superba (1928-1932)

1930 OM 665 SSMM Superba Sport Milano - Photos : Bonhams

 

Publié par Philippe Baron le 28 septembre 2014.

 

La marque italienne OM est plus connue pour ses utilitaires que pour ses véhicules de compétition. Pourtant, jusqu’en 1934, c’est sur les routes et les circuits qu’elle s’est taillée une jolie réputation de voiture invincible, surtout lorsqu’elle associait son 6- cylindres à un compresseur Rootes, comme dans la version 665 SSMM (Super Sport Mille Miglia) carrossée par Sport Milano.

 

 

En 1905, la marque Züst installe à Milan une nouvelle usine destinée à la fabrication de voitures et véhicules commerciaux. Les deux premiers modèles de la marque Züst sont équipés de moteurs 4-cylindres de 7,432 cm³ et de 11 308 cm³. En 1906, la firme  ouvre une filiale à Brescia appelée Brixia-Züst (Brixia étant le nom latin de Brescia) qui se spécialise dans la production de voitures plus économiques. Züst devient un important constructeur automobile connu et reconnu dans le monde grâce à sa participation, avec la 28/45 HP, à la très difficile course New York-Paris de 1908. Cette course démontra la fiabilité de la Züst 28/45 HP tout au long du parcours qui passait à travers le désert sibérien, reprenant ainsi l'itinéraire du raid Pékin–Paris de 1907. L'ironie de l'histoire voulut que cette fameuse Züst 28/45 HP, après avoir résisté à cette périlleuse épreuve, fut accidentellement détruite dans la gare anglaise de Bromley où elle brûla entièrement à cause d'un manutentionnaire qui renversa une lampe à acétylène sur la voiture.

 

 

Le 1er octobre 1917, la société Züst est rachetée par la société Anonime Officine Meccaniche de Milan, spécialisée dans le matériel ferroviaire. La société OM est créée en 1918 et présente une vraie gamme de voitures aux cylindrées mesurées, mais à la finition et aux performances remarquables pour l’époque. Elle commencera à fabriquer des camions et des bus à partir de 1925. Dans le même temps, la marque s’intéresse à la compétition et lance en 1923 la 665, une 6-cylindres qui, malgré une cylindrée réduite à deux litres et une technique à l’apparence conservatrice, écrase rapidement la concurrence dont Fiat.

 

 

L’ingénieur Ottavio Fuscaldo, directeur du département technique, est à l’origine du moteur. La version Normale (665 N) n’a droit qu’à une cylindrée de 1.991 cm3 pour une puissance annoncée à 45 ch et une vitesse de pointe de 100 km/h. Avec l’augmentation de l’alésage (il passe de 65 à 67 mm), la Superba gagne 230 cm3. Mais c’est surtout dans ses variantes S (Sport) ou SMM (Sport Mille Miglia, 75 ch, 120 km/h) qu’elle se dévergonde, tutoyant le 120 km/h. Et lorsqu’elle se dote, à partir de 1929, d’un compresseur Rootes, la SSMM (Super Sport Mille Miglia) se transforme avec ses 85 ch en une véritable bombe qui atteint les 150 km/h ! 

 

 

Le châssis est conventionnel : deux essieux rigides, des suspensions à ressorts à lames semi-elliptiques accompagnés par des amortisseurs Houdaille jusqu’en 1926 puis par des modèles à friction britanniques, des Hartford. Mais le freinage est novateur : il est assuré par quatre tambours au diamètre élargi, à commande par câbles, conçus par le Français Henri Perrot, ce dernier ayant mis au point un dispositif permettant un effet d’auto-enroulement des mâchoires qui lui vaudra le nom de “frein autoserreur” et un système d’interaction entre freins avant et arrière pour mieux répartir l’effort et maintenir une direction opérationnelle dans les virages. 

 

 

OM ne livre à sa clientèle que des châssis nus. Leur habillage est confié aux carrossiers les plus renommés. Berlines, torpédos, cabriolets, coupés de ville, tous les genres sont représentés. Et le meilleur (Zagato, Touring et Castagna) y côtoie l’exceptionnel, le petit atelier Sport Milano exerçant son talent de 1929 à 1931 sur la Superba avant de fermer définitivement ses portes, victime des répercussions économiques de la crise de 1929.

 

 

En 1933, OM est racheté par Fiat et abandonne la construction d’automobiles. En 1937, la société OM est divisée en trois départements, celui des véhicules industriels : camions et autobus, celui du matériel ferroviaire, tracteurs agricoles, chariots élévateurs et moteurs marins, et celui des motopompes et installations de refroidissement. En 1951, OM lancera le premier chariot élévateur au monde équipé d'un moteur autonome.