Mercedes-Benz "Kleine Heckflosse" W110 (1961–1968)

1965 Mercedes-Benz W110

 

Publié par Philippe Baron le 24 février 2015.

 

En 1959, Mercedes-Benz présente les nouveaux modèles de sa classe S dotée de 6-cylindres dont le style est inspiré, mais avec retenue, des dernières réalisations américaines. Les arêtes proéminentes des ailes arrière donnent à la série le surnom de Heckflosse (ailerons). Ce design est conservé pour les modèles 4-cylindres présentés en 1961. Appartenant à la classe moyenne supérieure, ils sont badgés 190 et 190 D, et référencés dans la nomenclature Mercedes-Benz sous le nom de code W110.

 

1961 Mercedes-Benz 190 D - Photos : Gon

 

Remplaçante des séries W120 & W121 dites «Ponton », la W110 possède comme sur les nouvelles séries W111 et W112, des ailerons (Heckflosse en Allemand) bien distinctifs pour lesquels le constructeur de Stuttgart, normalement dans une conception plutôt conservatrice, a fait des concessions inhabituelles à la mode sévissant aux Etats-Unis. La ligne élégante a été développée par le designer Karl Wilfert. Par rapport aux véhicules américains, les ailerons des W110 sont de plus petites tailles. En plus d’être esthétiques, ils servent également de "viseurs" en facilitant le stationnement, indiquant clairement la fin de la voiture. 

 

 

La W110 bénéficie des dernières avancées technologiques développées pour la W111 concernant la sécurité passive. Ainsi, une solide cellule ‘passagers’ est amortie, en cas d’accident, par des zones à déformation programmée à l’avant et à l’arrière. La carrosserie est dérivée du type W111 avec une longueur de 4.73 m et des phares ronds. L'arrière est identique à la 220 b, modèle de base de la série W111. La présentation et les dimensions intérieures sont également identiques à la 220 b, mais avec moins d'options telles que les sièges arrière fixes et la garniture en bakélite sur le tableau de bord au lieu du bois pour les types W111 et W112.

 

1967 Mercedes-Benz 200 D - Photos : Total Car Magazine

 

La production des deux modèles W110, la 190 et la 190 D, débute en juin 1961. A l’instar des W111, les W110 ont un tableau de bord inhabituel car l’aiguille du compteur de vitesse se déplace alors verticalement. Selon la vitesse, la couleur d'affichage passe du jaune au rouge. La trappe à carburant est située derrière la plaque d’immatriculation rabattable. Le freinage est hydraulique avec tambours à l’avant et à l’arrière, le servofrein est en option. A partir d’août 1963, un système de freinage à double circuit avec servofrein et freins à disques à l’avant sera installé en série.

 

1965 Mercedes-Benz 200 D

 

Les modèles W110 sont la 190 et la 190 D. La version essence 190 dispose d’un quatre-cylindres d’1.9 litre d’une puissance de 80 ch, alimenté par un carburateur Solex 34 PJCB. La version diesel 190 est animée par un 2 litres de 55 ch avec pompe à injection Bosch. Réputée pour sa fiabilité combinée avec un grand confort, un coffre très grand et une faible consommation, la version diesel a été produite en nombre beaucoup plus important que la version essence. Avec un poids à vide de seulement 1,4 tonne, la 190 D avec sa puissance très serrée, alliée à une boîte automatique atteint la vitesse de 127 Km/h. Depuis l'arrêt de la production de la Borgward 1800 diesel en 1954 jusqu'à la sortie de l'Opel Rekord 2100 D en 1972, Mercedes-Benz a été le seul fabricant de voitures diesel en Allemagne. La production de la première série de la W110 s’arrête en 1965 avec 130 554 exemplaires pour les 190 et 225 645 exemplaires pour les 190 D.

 

1965 Mercedes-Benz 200 D - Photos : Georg Sander

 

A partir de juillet 1965, les modèles de la  W110 produits à l’usine de Sindelfingen sont la 200 et la 200 D. Ils se différencient extérieurement des précédents par les clignotants qui, auparavant placés sur le haut des ailes, ont migré en-dessous des phares. Les feux arrière se sont quant à eux élargis et prennent une forme plus carrée. A l’intérieur, peu de changements, hormis les sièges avant inclinables, qui étaient une option sur les anciens modèles, sont maintenant montés en série. La cylindrée de la 190 passe maintenant à 2 litres, d’où son changement d’identification, avec une puissance de 95 ch. Ce moteur à cinq paliers est alimenté par deux carburateurs inversés Solex. Le moteur de la version diesel, la 200 D, est essentiellement identique à celui du 190 D, mais a été amélioré avec cinq paliers de vilebrequin au lieu de trois.

 

Photo : Hlor.za.pl

 

En 1965, la gamme W110 est aussi complétée par la Mercedes-Benz 230, qui, extérieurement, diffère seulement par le chiffre 230 inscrit sur le couvercle du coffre. Son moteur est le plus puissant six-cylindres en ligne de 2,3 litres. Sa puissance est de 105 ch avec deux carburateurs Solex 38 PDSI-2 puis à partir de juillet 1966 de 120 ch avec deux carburateurs Zenith 35/40 INAT, identique au grand modèle 230 S du type W111. La version de 120 ch de la « 230 » avec boîte manuelle atteint 175 km/h avec une accélération de 0 à 100 km / h en 13 secondes.

 

1965 Mercedes-Benz 230

 

En février 1968, la production de la série W 110 est arrêtée suite à la présentation à l’automne 1967 de la série remplaçante, la W115. La « 200 » a été produite à 70 207 exemplaires, la « 200 D » à 161 618 exemplaires et la « 230 » à 40 258 exemplaires.