Mercedes-Benz Classe S W140 (1991-1998)

 

Publié par Philippe Baron le 27 novembre 2016.

 

Dès le printemps 1991, les grands de ce monde disposent d’un bureau-salon-automobile de très grand standing avec la nouvelle Classe S. Les proportions harmonieuses de sa carrosserie font oublier ses dimensions. La célèbre calandre maison est désormais intégrée au capot de ce vaisseau amiral de la flotte Mercedes atteignant des sommets en termes d’équipement et qui ne manque pas de puissance malgré son poids aux alentours des deux tonnes.

 

 

Présentée en avant-première au Salon de l'Automobile de Genève en mars 1991, la berline Mercedes-Benz Classe S (W140) possède un empattement court (SE) et un long (SEL). Le coupé (SEC) apparaît en janvier 1992. Comme toutes les lignes de Mercedes-Benz, la Classe S est rationalisée vers la fin de 1993 en utilisant la nouvelle nomenclature. Les noms de SE/SEL/SEC disparaissent au profit de désignations alphanumériques inversées. Ainsi, la 500 SE devient la S 500, et la 500 SEL la  S 500 L. Imposante, la Classe S impressionne avec ses dimensions : 5.11 m de long sur 1.89 de large pour la version normale, 10 cm de plus pour la version allongée et pas moins de 6.21 m pour la Pullman à partir de septembre 1995.

 

 

La série 140 est tout d’abord proposée avec quatre moteurs, le premier V12 de série dans l’histoire de la maison, avec 6 litres et 408 ch, le V8 de 5 litres et deux nouveaux moteurs extrapolés de groupes préexistants, un V8 de 4.2 litres et un six-cylindres de 3.2 litres. Tous ont une culasse à quatre soupapes ainsi que des arbres à cames d’admission à décalage et sont dotés d’une injection électronique et d’un allumage qui calcule le moment optimal pour l’allumage de chaque cylindre à partir d’une cartographie à 300 paramètres. Le module de commande du moteur et celui de la chaîne cinématique communiquent entre eux grâce à un bus de données.

 

 

L’équipement de série est de grand luxe et comporte des particularismes comme des rétroviseurs extérieurs rabattables et une barre de visée de 65 mm à l’arrière qui déclenche la marche arrière. Au Salon de Paris, en octobre 1992, la gamme s’enrichit de deux modèles d’appel, la 300 SE 2.8 et la 350 SD, le plus gros diesel du marché, reprenant le moteur du 4x4 350 GD Turbo créé au départ pour le marché américain. Pendant ce temps, on a inculqué plus de sobriété aux huit et douze-cylindres avec 294 ch, le V12 reste désormais au-dessous du seuil idéal des 400 ch.

 

Mercedes-Benz 500 SEL

 

A partir de mai 1995, le système d’aide au stationnement Parktronic communique par ultrasons la distance vis-à-vis des obstacles à l’avant et à l’arrière, dispositif proposé en série pour la V12, mais sur demande pour les autres modèles. A partir de septembre de la même année, l’ancienne boîte automatique à quatre rapports disparait au profit d’une transmission à cinq vitesses avec embrayage de pontage du convertisseur qui s’adapte aux différentes situations respectives et possède en outre l’avantage d’être plus compacte et plus légère. En équipement de base pour la S600 et en option pour les 8-cylindres, le dispositif de stabilité dynamique électronique ESP gomme les erreurs de conduite à l’aide de capteurs qui répriment toute instabilité en freinant de façon ciblée une ou plusieurs roues.

 

Mercedes-Benz 500 SEC

 

A partir de juin 1996, la nouvelle boîte automatique est aussi en service pour les 6-cylindres, en option pour la S280. Autres nouveautés, les airbags latéraux à l’avant ainsi qu’un détecteur de pluie qui calcule le rythme d’essuyage en fonction de la densité des précipitations. Les panneaux de protection latérale, autrefois ton sur ton, sont désormais dans la couleur de la carrosserie, mais avec une nuance plus soyeuse. Pour les classes S à moteur diesel, une relève de la garde a lieu puisque la S350 Turbo diesel de 150 ch fait place à une S300 TD, avec un quatre-soupapes à échangeur d’air développant 177 ch qui sont transmis à l’essieu arrière par une boîte automatique à 5 rapports. A partir de décembre 1996,  toutes les S280 et S320 à boîte automatique reçoivent aussi le dispositif de stabilité dynamique ESP ainsi que, par analogie aux autres modèles des séries 129 et 140, le dispositif intelligent d’assistance de freinage bas qui reconnait les freinages d’urgence et calcule la distance de freinage la plus courte. 

 

Mercedes-Benz S 300 Turbodiesel

 

Le coupé, qui se distingue par une esthétique relativement grande, mais est, techniquement, très proche des limousines de la Classe S, est présenté en janvier 1992, au Detroit Motor Show en version 500 SEC et 600 SEC. Pour le Salon de Genève 1994, ils sont rejoints par le coupé S 420. En juin 1996, tous trois sont rebaptisés en CL 420, CL 500 et CL 600 et reçoivent des pare-chocs d’une forme nouvelle dans lesquels sont intégrés les capteurs pour le système Parktronic offert en série. Autres nouveautés toutefois comprises dans le prix de base, les phares au xénon ainsi qu’un régulateur de croisière avec un limiteur à 30 km/h.

 

Mercedes-Benz CL 420

 

La berline Classe S W140 est remplacée par la Classe S W220 en 1998. En 1996,  les coupés ont été séparés dans la Mercedes-Benz Classe CL et pour l'année modèle 2000, remplacés par la C215 Classe Cl. La production de la S W140 est établie à 406 710 berlines et 26 022 coupés. Notons que Diana, princesse de Galles, est décédée le 31 août 1997 lors d'un voyage à Paris dans une Mercedes-Benz S280 (W140). Toutefois, il est important de noter que l'ensemble des systèmes de sécurité de la voiture en question fonctionnaient comme prévu, l'airbag passager avant a permis de sauver la vie de Trevor Rees-Jones, le garde du corps de Dodi Al-Fayed. Le fait que trois des quatre occupants du véhicule ont été tués dans l'accident doit être attribué à la grande vitesse du véhicule, l'ivresse du chauffeur et le fait qu'ils ne portaient pas la ceinture de sécurité. Les systèmes de sécurité ont été contournés par les décisions du conducteur et des passagers.