Mercedes-Benz Classe A (1997-2004)

 

Publié par Philippe Baron le 8 janvier 2014.

 

La Classe A, qui répondait à la volonté de Mercedes de produire des modèles de plus grande diffusion que sa gamme classique, connut un début difficile. Peu après son lancement en octobre 1997, la « Baby Benz » se retrouve sur le toit lors d’un essai d’évitement réalisé par un magazine suédois. Le constructeur allemand retire immédiatement sa voiture du marché. Elle réapparait ‘corrigée’ en janvier 1998 et permet à l’Etoile de briller dans ce segment nouveau pour elle.


 

Plus petit modèle de la gamme Mercedes, la Classe A permet au constructeur allemand de s’aventurer pour la première fois sur le segment des petits monospaces compacts. De conception intelligente, cette citadine de 3.57 m de long possède un système de plancher double, qui lui donne un aspect rehaussé, mais qui permet au moteur d’y prendre place, libérant ainsi de l’espace dans la partie avant. 


 

Le 21 octobre 1997, la carrière de la Classe A risque d’être compromise à tout jamais. Le journal automobile Suédois Teknikens Värld met sur le toit la médiatique Mercedes Classe A dans un test fait pour simuler l’évitement d’un élan au milieu de la route. Ce test, particulièrement dur, consistait à ce que la voiture lancée à 60 km/h, évite un obstacle en donnant un brusque coup de volant à gauche, puis à droite, et ensuite de redresser, après avoir passé deux barrages de plots distants de quelques 17 mètres. A Stockholm, les trois journalistes effectuant ce test s'étaient retrouvés à l'hôpital.


 

Sans complexe et avec la puissance financière et technologique que lui assure le groupe Daimler-Benz, Mercedes-Benz a réussi à relever le défi, en retournant à son avantage cet échec subi. Ainsi, en janvier 1998, une cinquantaine de journalistes français sont conviés sur les pistes qu'exploite Goodyear à Mireval, au sud de Montpellier pour renouveler ce fameux test de l’élan. L’un des passagers embarqué lors de ce test réussi haut le volant est un confiant Gunther Fleig, président de Mercedes France. Evidemment, pour arriver à ce résultat, la voiture s’était dotée du système électronique dit de "régulation du comportement dynamique" (ESP-Electronic Stability Program), un système qui équipe normalement les modèles haut de gamme de Mercedes, accompagné d'un système ABS (antiblocage des roues), d'un système "régulation d'antipatinage à l'accélération (ASR) pour que la voiture reste dans sa voie et une assistance au freinage (BAS) pour réduire la distance d'arrêt en cas de freinage brusque. Mercedes n'avait donc pas lésiné à d'autres modifications pour redorer son étoile : le réglage plus ferme des ressorts de suspension et des amortisseurs, une nouvelle dimension de pneus (195/50 R15), et enfin une carrosserie légèrement abaissée et un châssis plus rigide.


 

A son lancement, Mercedes-Benz propose deux moteurs à essence : 1.4 l de 82 ch (A 140) et 1.6 l de 102 ch (A160).  La Classe A (W168) est le premier modèle à traction avant de la marque. La gamme est composée de trois finitions. La Classic est dotée d'un double airbag, l’ABS, la direction assistée, les vitres avant et rétroviseurs électriques et le verrouillage centralisé. L’Elégance possède en plus le volant cuir réglable en hauteur, la télécommande de verrouillage, le cache-bagages et les jantes en aluminium Au niveau supérieur, l’Avantgarde offre un châssis sport, les jantes de 16 pouces et une sellerie en cuir/tissu. En juillet 1998, la première motorisation diesel fait son apparition avec le 1.7 Turbo de 90 ch (A 170 CDI). Un nouveau moteur essence est disponible en juillet 1999, le 1.9 l de 125 ch (A 190).


 

En mars 2001, la Classe A est restylée et s’enrichit d’une version Family avec un  empattement allongé de 17 cm par rapport au 2.42 m de la version courte au profit de l’espace intérieur. L’A 170 CDI passe à 95 ch et l’A 160 CDI fait son apparition avec 75 ch. En septembre 2001, une série limitée Edition est proposée avec sellerie en cuir, toit ouvrant, climatisation et GPS. En mars 2002, est présentée la version A 210 reconnaissable à ses sorties d’échappement avec un moteur 2.1 l de 140 ch, kit carrosserie, jantes de 17 pouces et sellerie en cuir/suédine. Elle dispose de la finition Evolution avec de série, la climatisation, les airbags latéraux, un autoradio avec lecteur CD et la peinture métallisée. Ces équipements sont proposés en option pour tous les autres modèles.


 

En juin 2002, Mercedes-Benz continue les séries spéciales avec la Fascination aux airbags latéraux, climatisation, jantes en aluminium et radio CD. Puis en octobre 2003, c’est la Piccadilly avec sensiblement le même niveau d’équipement. A noter, les confidentielles versions :  AMG : A 38 AMG : (5 exemplaires) - 4 cylindres en ligne 1,9 litre - 250 ch - 0 à 100 km/h : 5,7 s - vitesse maxi : 230 km/h - boîte automatique 5 vitesses. A 32 K : (1 exemplaire) - V6 Kompressor 3,2 litres - 354 ch - 0 à 100 km/h : 5,1 s - vitesse maxi : 250 km/h - boîte automatique 5 vitesses et la A 160 Hakkinen : (250 exemplaires) - 102 ch - vitesse maxi : 182 km/h. 


 

Finalement, après l’épisode spectaculaire du test de l'élan, la Classe A première génération a réduit ses détracteurs au silence en ramenant des carnets de ventes d'élève studieuse : en sept ans de carrière, 1,1 million d'unités vendues dans le monde, dont 90 000 dans l'Hexagone, troisième marché de la Classe A derrière l'Italie et l'Allemagne.