Mercedes-Benz Bionic Car (2005)

 

Publié par Philippe Baron le 8 septembre 2013.

 

Lors du symposium DaimlerChrysler pour l’innovation se tenant à Washington en 2005, Mercedes-Benz présente son projet à vocation écologique mêlant aérodynamisme et haute technologie Diesel, inspiré du monde aquatique. Plus précisément, c’est un poisson tropical —le poisson-coffre — qui a servi de modèle aux ingénieurs de Stuttgart pour imaginer le design du Concept Bionic.

 

 

Mercedes explique qu'avec le véhicule bionique, il exploite le potentiel immense de la nature en le rapportant au développement automobile. Les objectifs : une bonne aérodynamique, une excellente solidité alliée à un faible poids, aucun compromis vis-à-vis de la sécurité et des valeurs de consommation et d'émission minimales. Le terme "bionique" vient de la contraction de biologie et de technique. Ce domaine de recherche et interdisciplinaire réunit biologistes, ingénieurs, architectes et mathématiciens qui observent la nature pour élaborer un modèle lui ressemblant. Ils souhaitent rendre exploitables pour l'homme les solutions qu'a élaborées la nature au terme de longs processus d'évolution. 

 

 

Le poisson-coffre est un nageur extrêmement adroit qui, malgré sa cuirasse en forme de coffre, affiche des qualités de déplacement exceptionnelles, l'idéal de l'aérodynamique. Le modèle Mercedes est calqué fidèlement sur ce poisson tropical. Munis d'un fort potentiel, le Concept Bionic tiré du poisson-coffre affiche un coefficient de résistance à l'air bien meilleur (+65 %) que celui des voitures compactes modernes. Par rapport au prototype réalisé à l'échelle 1:4, le véhicule compact opérationnel, doté de deux portes, de quatre sièges individuels, d'un pare-brise panoramique, d'un toit vitré et d'un hayon généreux, concilie fonctionnalité, aptitude à l'utilisation quotidienne et esthétisme. Ses caractéristiques : 4,24 mètres de long, 1,82 mètre de large, 1,59 mètre de haut et une vitesse de pointe de 190 km/h. Grâce à son exceptionnel coefficient Cx de 0,19, le véhicule bionique compte parmi les automobiles les plus aérodynamiques de sa catégorie de taille. 

 

 

Les chercheurs se sont également inspirés du poisson-coffre en matière de robustesse et de légèreté. En effet, la cuirasse de ce poisson se compose d'une multitude de plaques osseuses hexagonales qui, tout en restant extrêmement légères, offrent un maximum de solidité. Le principe de sa structure bionique, selon des calculs rapportés au véhicule bionique, permet d'alléger la carrosserie brute d'environ 1/3 tout en conservant les excellentes propriétés en termes de stabilité et de résistance aux collisions.

 

 

Le constructeur allemand mentionne que l'alliance des qualités aérodynamiques optimales et de la structure bionique légère permet de réduire sensiblement la consommation de carburant. En effet, son moteur diesel à injection directe de 103 kW (140 ch) se contente de 4,3 litres/100 km en cycle européen, soit 20 % de moins qu'un modèle de série équivalent. A une vitesse constante de 90 km/h, il est même possible de cantonner la consommation à 2,8 litres. Les concepteurs du véhicule bionique ont attaché une importance toute particulière au niveau d'émission de gaz d'échappement qu'ils souhaitaient le plus faible possible. Outre le catalyseur à oxydation et le filtre à particules de série, le véhicule est également doté de la technologie SCR (Selective Catalytic Reduction), inspirée des poids lourds. Au cœur de cette technologie se trouve un catalyseur qui, en injectant de faibles quantités d'additif « AdBlue », une solution aqueuse à base d'urée, transforme les oxydes d'azote en azote et en eau, c'est-à-dire en composants non toxiques. Le résultat en cycle de test européen, est une réduction maximum de 80 % des émissions de NOx.

 

 

Plus qu’une recherche esthétique ou de performances, la mission de ce vaisseau naturiste est surtout de limiter autant que possible les rejets polluants grâce à une technologie en cours de développement qui profitera aux futurs modèles de la marque.