Matra M 530 (1967-1973)

Photos : Classic-Car-TV

 

Publié par Philippe Baron le 8 août 2013.

 

Au Salon de Genève de mars 1967, Matra, jusque-là constructeur de missiles, présente son premier modèle, la M 530, dont le matricule fait référence à un célèbre missile air-air produit par la branche Armement de la firme. Avec ses formes venues d’ailleurs, cette première GT française à moteur central est, pour le constructeur, destinée à être « la voiture des copains », un slogan dérivé du nom de l'émission star d'Europe n°1 « Salut les Copains ».

 

 

Dans les années soixante, le jingle « SLC – Salut les Copains » résonne sur les ondes d’Europe n°1, radio appartenant alors à Sylvain Floirat, principal actionnaire de Matra, société sous la houlette de Jean-Luc Lagardère. Il n’est donc pas étonnant que la clientèle visée ait été celle des « copains » jeunes et dynamiques. Cependant, ils seront moins nombreux que prévu car la Matra 530 est une voiture chère, hors de portée de la plupart des jeunes amateurs qui se détourneront vers des modèles plus abordables comme la Renault 8 Gordini. La M 530 ne sera finalement produite qu’à 9 609 exemplaires, soit 20 % de la production initialement prévue.

 

Longueur : 4.15 m – Largeur : 1.57 m – Hauteur : 1.20 m – Poids : 840 à 935 kg -

 

Pour l’époque, la Matra M 530 est une auto très originale avec son moteur Ford positionné au centre. Ce choix fut retenu par l’ex-ingénieur Simca, Philippe Guédon. Ce bloc est un 4-cylindres en V de 1,7 l, monté auparavant sur la Ford Taunus 17M (1964-67). La M 530 possède une très bonne habitabilité, une tenue de route exceptionnelle, une suspension très confortable et un freinage excellent.

 

 

Dessinée par Jacques Nochet, la carrosserie très atypique, qui rappelle la Matra-BRM 620 des 24 Heures du Mans 1966, comporte des phares escamotables au moyen d’une commande mécanique. Les premiers modèles reçoivent une carrosserie en résine époxy, remplacée rapidement par du polyester. Elles sont fabriquées par le carrossier Brissonneau et Lotz à Creil puis par les usines Matra de Romorantin dans le Loir et Cher, suite à des insuffisances d'accrochage de la peinture, de la stabilité des coloris, de précisions d'ajustage et d'étanchéité, car les panneaux de la carrosserie sont agrafés sur une structure de tôles soudées. Le pavillon est conçu façon Targa en deux parties démontables séparément qui s’appuient sur le montant du pare-brise et un arceau de sécurité. On les range dans une housse qui prend place dans le coffre avant.

 

 

A l’intérieur, sièges baquets, volant et planche de bord « sport » contribuent à créer une ambiance sport à bord de cette GT 2+2 originale. La direction à crémaillère est empruntée à la MG B. La voiture comporte quatre freins à disques. En avril 1969, la M 530 hérite du moteur de la Ford Taunus 17M RS développant 72 ch (2 062 exemplaires) ou 75 ch DIN (1 669 exemplaires) avec carburateur double corps. Extérieurement, cette version se reconnaît à son tube de protection sur la calandre.

 

 

Au début des années 1970, Matra, qui n’a pas réussi à créer un réseau de concessionnaires, passe des accords avec Simca pour la distribution de la M 530, malgré son moteur Ford. A cette occasion la M 530 devient en mars 1970 la M 530 LX (produite à 4 732 exemplaires). Cette version est reconnaissable aux butoirs avant en caoutchouc (à la place de la barre de protection tubulaire), aux bas de caisse et à la face arrière noire mât avec des bordures chromées, aux roues sans enjoliveurs avec des cabochons en plastique noir, à la lunette arrière non amovible en verre et au tableau de bord imitation bois avec un rembourrage de sécurité. Les roues en alliage léger sont en option.

 

 

Au salon de Paris en octobre 1971, Matra présente une version au look plus sportif, la M 530 SX, dont la production s'éleva à 1 146 exemplaires. Cette version économique se différencie par les quatre projecteurs fixes (les phares escamotables sont supprimés), les passages de roue élargis et le pavillon fixe. Ce modèle est mécaniquement identique à la LX. Les pare-chocs, les projecteurs et l'entrée d'air (sans encadrement chromé) sont noir mat. À l’intérieur la banquette arrière est supprimée et les sièges avant à dossier inclinable ont été remplacés par des sièges baquets.

 

 

L’absorption de Simca par Chrysler signe l’arrêt de mort de la M 530. En effet, comment continuer à produire une voiture à mécanique Ford dans le groupe Chrysler ? Dans la nouvelle politique de collaboration, les Matra sont destinées à réutiliser les éléments mécaniques du groupe. Philippe Guédon étudie un temps une transformation avec un 2 litres Chrysler, puis finalement passera à une autre voiture qui verra le jour en avril 1973 : la Matra-Simca Bagheera.

 


Essai Matra 530 LX - VintageFeeling.net par Elfeharfadet