Maserati MC12 (2004-2005)

 

Publié par Philippe Baron le 21 mai 2014.

 

En 2004, la MC 12 signait le retour de Maserati dans la compétition automobile après 37 ans d’absence. Etroitement dérivé de la Ferrari Enzo, dont il empruntait sa mécanique et une partie de son châssis, ce modèle d’exception n’a été produit qu’à 50 exemplaires, coupés ou spiders, utilisables sur route. Les performances hallucinantes de la supercar étaient à la mesure du tarif : 330 km/h, le 0 à 100 km/h en 3.8 secondes et 750 000 €.

 

 

La MC12 est initialement nommée MCC pour Maserati Corse Competizione. Elle est développée conjointement en version routière appelée MCS pour Maserati Corse Stradale. Frank Stephenson a conçu la majorité du design du châssis mais la forme de la carrosserie a été développée dans un tunnel de soufflerie sur une idée de Giorgetto Giugiaro. Durant la phase de développement, le nom MCC fut changé pour devenir officiellement MC12.


 

Coupé-spider biplace à toit amovible qui ne peut pas se ranger dans la voiture, la MC 12 n’est disponible qu’en livrée bicolore blanc et bleu en hommage à l'équipe de course automobile d'America Camoradi qui conduisait la Maserati Tipo Birdcage au début des années 1960. Son V6 de 6 litres de 630 ch est placé en position centrale-arrière. La carrosserie de ce véhicule de 5.14 m est construite en fibre de carbone, le châssis est une coque réalisée en matériau sandwich fibre de carbone et nid d’abeilles en Nomex. Les prises et les extracteurs d’air et les appendices aérodynamiques sont calculés de façon à obtenir un écoulement de l’air le plus fluide possible en créant un maximum de déportance. Le capot avant et les ailes se lèvent en un seul bloc démontable. Le flanc présente une large forme en creux qui relie la sortie d’air du passage de roue avant à la prise d’air de l’aile arrière. Sur le toit, une écope dirige l’air vers le compartiment moteur. Sur l’arrière de celui-ci se dresse un impressionnant aileron en carbone, large de près de deux mètres et de trente millimètres d'épaisseur, et porté par deux ailettes arrondies. La répartition des masses du véhicule est de 41 % sur l'avant pour 59 % sur l'arrière. Cependant à 200 km/h, l'appui au sol provoqué par le spoiler arrière modifie la répartition des masses qui devient de 34 % sur l'avant et 66 % sur l'arrière.


 

Bien que la voiture de route soit une modification d'une voiture de course, l'intérieur de l'habitacle est luxueux. C'est un mélange de fibre de carbone enduite gélifiée, de cuir bleu et d'un matériau de couleur argent, le Brightex, un matériau synthétique qui s'est avéré « trop cher pour l'industrie de la mode ». Le tableau de bord comprend l'horloge analogique caractéristique de chez Maserati et un bouton de démarrage bleu, mais l'équipement ne comprend pas d'autoradio et n'offre pas la possibilité d'en installer un.


 

La MC12 atteint les 200 km/h en 9,9 secondes et parcourt le kilomètre départ arrêté en 20,1 secondes. La puissance du moteur est distribuée aux roues par une boîte de vitesses robotisée à six rapports montée à l'arrière. La boite de vitesses est identique à celle de la Enzo mais elle est basée sur des rapports différents et est renommée Maserati Cambiocorsa.


 

Maserati fit donc son retour dans les courses internationales. La MC12, n’étant pas initialement homologuée par l'ACO, ne put néanmoins prétendre à une place aux 24 Heures du Mans ni dans le championnat Le Mans Series. Aux mains du Vitaphone Racing Team, elle rapporta cinq titres FIA GT à Maserati tout en remportant également les 24 heures de Spa. Lors de l’ouverture du championnat du monde 2011, bien qu’encore homologuée pour une dernière saison, la MC 12 ne put y participer à cause d’une règle du mondial GT qui interdit à une marque d’être présente si elle engage moins de quatre voitures. Le team Maserati-Vitaphone n’avait les moyens d’engager que deux exemplaires. Une dérogation avait pourtant déjà été obtenue par Corvette, qui avait invoqué un «cas de force majeure» pour n’inscrire que deux autos.