Maserati Boomerang (1972)

 

Publié par Philippe Baron le 7 novembre 2013.

 

Le concept Boomerang de Maserati compte parmi les œuvres majeures des créations de Giorgietto Giugiaro, élu en 2000 « Designer automobile du siècle » par un jury de 120 journalistes originaires du monde entier. La Boomerang est le premier coup d’éclat du maître turinois après qu’il se soit mis à son compte en 1967 pour créer sa propre entreprise : ItalDesign. 

 


 

 

Révélée au salon de Turin 1971, sous la forme d’une maquette, la Maserati Boomerang est présentée sous forme d’un véhicule opérationnel à Genève, en mars 1972. Cette incroyable sculpture est une interprétation extrême et provocante de la Maserati Bora, dont Giugiaro est lui-même l’auteur. Cet exceptionnel exercice de style, composé en cinq trapèzes et un rectangle, voulait suggérer la pénétration, la puissance et la vitesse par une forme en coin. Dessinant un profil inouï, la proue et le pavillon sont inscrits dans un plan englobant le pare-brise, à la stupéfiante inclinaison de 13°, et la ligne du capot. Cette silhouette en coin, qui fera école, sera reprise par Giugiaro lui-même sur ses futures créations : la Lotus Esprit et la première Volkswagen Golf, dont on sait quel a été le destin commercial.

 


 

Installé au volant, la position est insolite. Le conducteur est allongé dans son baquet chaise longue, et frappé par la totale absence du capot dans le champ de vision. Le futurisme inspire tout autant l’habitacle traité en vaisseau intergalactique, à l’image du tableau de bord circulaire inscrit dans un volant réduit à sa jante. Organisé autour du compte-tours, il ignore superbement le tachymètre ! 

 


 

Réalisée sur la base de la Bora, première Maserati de route à moteur central arrière lancée en 1971, la Boomerang est construite sur une caisse autoportante. Elle est motorisée par le V8 4,7 litres de la marque au trident, d’abord monté sur la Ghibli et l’Indy. Avec 310 ch, la Maserati en lame de couteau file à plus de 270 km/h. A cette vitesse, le pilote peut faire confiance à la puissance des quatre freins à disque ventilés et dotés d’une assistance dérivée de la Citroën SM (Maserati appartenait à l’époque au Quai de Javel). Par contre, la direction à crémaillère est dépourvue d’assistance.

 


 

Suite au succès public rencontré lors du salon, le concept Boomerang entama un tour du monde. Après le salon de Barcelone 1974, la Boomerang est acquise par un patron de boîte de nuit de Benidorm. Venu passer la soirée dans la discothèque, un Allemand en vacances découvre la voiture en 1980 et l’acquiert. L'auto changera ensuite régulièrement de propriétaire, et subira une restauration complète en 2003 par le spécialiste anglais Paul Grist Traction Seabert, qui la remet à la route. Adjugée 700 000 € au marteau (sans les frais), elle est acquise le 12 février 2005 par un collectionneur niçois. En 2013, elle fait sa première apparition en Belgique pour participer au « Zoute Concours d'Élégance » et pour recevoir le Premier Prix de l'événement belge.