Maserati Biturbo (1981-1991)

Photo : Robert Myrene

 

Publié par Philippe Baron le 3 février 2015.

 

Les années 1980 pour Maserati se caractérisent par un changement de positionnement de la production visant à réaliser une automobile au coût plus contenu, équipée d’un moteur inférieur à deux litres pour échapper à la lourde fiscalité italienne au-dessus de cette limite, tout en offrant des performances élevées. Ainsi naît la Biturbo, un coupé à moteur 6-cylindres qui promet de relancer la réputation des GT d’origine italienne.

 

 

Après avoir repris Maserati à Citroën en 1976, Alejandro de Tomaso est contraint de s’adapter à l’évolution du marché et de proposer, parallèlement à ses coupés exclusifs, Merak, Kyalami ou Quattroporte III, une alternative intéressante aux concurrentes allemandes comme la BMW 323i et d’élargir ainsi sa gamme, mais vers le bas. La Biturbo, présentée le 14 décembre 1981 à l’hôtel Canalgrande de Modène, grâce à ses coûteuses dotations, répond bien au désir d’un public élargi d’entrer dans l’univers Maserati représenté par une gamme qui joindra à une berline de base des modèles plus exclusifs.

 

Photo : Robert Myrene

 

Elégant, classique mais avec un design passe-partout qui succombe à la mode des lignes acérées, ce coupé Biturbo quatre places de 4.15 m révèle une carrosserie pur tricorps dessinée par Pierangelo Andreani, styliste venu de chez Pininfarina, tandis que l’intérieur luxueux revêtu de velours daim, cuir fauve et faux bois verni a été confié au créateur de mode Missoni.

 

 

Pour son contenu mécanique, la Biturbo est dotée d’un système innovateur formé de deux turbocompresseurs qui suralimentent chacun un banc de cylindres du V6 Citroën-Maserati. La cylindrée est de 2 litres pour la première version coupé deux portes et pour la quatre-portes de 1984 dénommée 420. Ce 2 litres, accolé à une boîte manuelle ZF à 5 rapports, délivre une puissance de 180 ch à 6 000 tr/mn avec un couple de 26 mkg à 3 500 tr/mn et une vitesse maximale de 215 km/h. Parallèlement, une version berline quatre portes, présentée à l’automne 1983, d’une cylindrée de 2.5 litres de 200 ch, est désignée Biturbo 425. Au Salon de Turin 1984, la gamme est complétée par le Spyder 2 L dessiné par Zagato.

 

 

Grâce à sa mécanique performante, la Biturbo s’impose comme un succès commercial avec plus de 1 000 exemplaires vendus en mars 1982 et contribue à équilibrer les finances de Maserati. Le prix d’une Biturbo est contenu, équivalent au tiers de ce que vaut une Khamsin ou la moitié d’une Porsche 911 SC. Pourtant, la voiture manque cruellement de mise au point obligeant leur propriétaire à retourner en concession et à exiger de coûteuses indemnisations. Le moteur non refroidi avant son arrêt entraînait la surchauffe et le grippage d’éléments essentiels. Les voitures prenaient feu quand les convertisseurs catalytiques surchauffaient. Il faudra attendre la Biturbo II de 1985 pour que la fiabilité soit au rendez-vous.

 

1991 Maserati Biturbo - Photos : Rob Hartog

 

La Biturbo II est animée par un V6 dont la cylindrée a été portée à 2 790 cm3 par augmentation de la course et de l’alésage. La puissance passe à 250 ch à 5 600 tr/mn, avec un couple de 39.2 mkg à 3 600 tr/mn. Les trois soupapes par cylindre sont commandées par un arbre à cames et les deux turbos sont refroidis par eau, tandis que l’injection électronique multipoint Weber est gérée avec l’allumage par un calculateur à partir de 1987.

 

 

La Biturbo, devenue le symbole de l’élégance associée à la puissance, continua d’ouvrir la voie à des versions spéciales S et Si à deux échangeurs de température avec 30 ch de plus, et des versions survitaminées comme en décembre 1989 la Shamal 3.2 l de 326 ch, boîte à six vitesses et dispositif d’amortissement électronique, produite à 369 exemplaires jusqu’en 1996. Toutes séries, moteurs et carrosseries confondus, la Maserati Biturbo a été produite de 1981 à 1991 à 18 426 exemplaires.

 

Maserati Shamal