Lancia Fulvia (1963-1972)

La Série I est identifiable, entre autres, par ses petits butoirs de pare-chocs.

 

Publié par Philippe Baron le 18 décembre 2014.

 

Petite berline de luxe, la Lancia Fulvia est dévoilée au Salon de Genève en mars 1963. Classique, sobre mais moderne, sa carrosserie signée Piero Castagnero présente des formes carrées aux angles arrondies très en vogue au début des années soixante. Elle gagne en personnalité grâce à sa calandre trapézoïdale et à ses projecteurs doubles. Avec la Fulvia, Lancia continue sur la voie de la traction avant tracée par la Flavia trois ans plus tôt.

 

 

La Fulvia est le nouveau cheval de bataille de la marque, appelée à remplacer la Lancia Appia qui datait de 1953 et à épauler la plus grosse Flavia. Avec ses dimensions (empattement 2.48 m – longueur : 4.14 m – largeur : 1.55 m), la Fulvia se place dans la catégorie des voitures moyennes. L’aménagement intérieur est traité avec soin. L’espace disponible à l’intérieur suffit largement pour quatre personnes. Les sièges indépendants de l’avant avec dossier réglable et la banquette arrière sont bien dessinés et confortables. La visibilité est excellente à toutes les places. La critique d’usage la plus négative concerne la hauteur du seuil du coffre à bagages. En effet, pour ne pas porter atteinte à la rigidité de la caisse, le constructeur n’a pu découper, pour aménager la porte de la malle, que la partie horizontale de l’arrière sans toucher au plat-bord vertical. Le véritable problème de la carrosserie découle de son coût de fabrication élevé dû au fait qu’elle est constituée par 456 pièces de tôlerie et 380 éléments de finition.

 

 

Comme l’Appia, la Fulvia est équipée d’un moteur 4-cylindres en V d’une cylindrée légèrement inférieure à 1100 cm3 et, comme la Flavia, est une ‘traction avant’. Mais, les comparaisons s’arrêtent là. La caisse autoporteuse en tôles d’aciers soudées de la Fulvia renferme un moteur réellement nouveau, conçu aussi par l’ingénieur Antonio Fessia. C’est un 4-cylindres en V à 12°. Le bloc-moteur est en fonte et présente un rapport course-alésage inférieur à 1 avec 67 mm de course et 72 mm d’alésage. C’est ce que, dans leur jargon, les techniciens appellent un moteur ‘super-carré’. La cylindrée totale est de 1 091 cm3. Un travail considérable a été effectué sur la culasse coulée en alliage léger. Les passages d’admission et d’échappement sont rectilignes et assurent un meilleur remplissage et un écoulement plus direct des gaz brûlés. La commande des soupapes bénéficie d’une disposition à deux arbres à came en tête entraînés par chaîne agissant sur les soupapes par l’intermédiaire de renvois. L’alimentation est assurée par un carburateur double corps inversé Solex.

 

1966 Lancia Fulvia 2C - Photo : Viva-Lancia.com

 

Ce nouveau moteur, monté avec un angle d’inclinaison de 45 °, fournit 60 ch DIN. Il est monté en porte-à-faux à l’avant alors que l’ensemble boîte-pont se trouve en arrière de l’axe des roues avant. Cette disposition, qui reporte tout le poids du moteur en avant de l’axe, accroît le caractère sous-vireur de la voiture, mais assure une adhérence maximale des roues avant motrices. La suspension avant à roues indépendantes fait appel à des leviers triangulés en trapèzes, réalisés en tubes. La souplesse de la suspension avant est assurée par un ressort à lames transversales agissant sur le levier supérieur, par l’intermédiaire d’un fort silent-bloc de caoutchouc et un amortisseur télescopique fixé au levier inférieur. Un stabilisateur à barre de torsion complète cet ensemble. La suspension arrière est classique et se compose d’un essieu rigide avec ressort semi-elliptique et barre Panhard. La boîte de vitesses est à quatre rapports tous synchronisés avec levier de commande au volant. Quatre freins à disque Dunlop équipent le modèle.

 

Lancia Fulvia GT - Photo : Maurizio Boi

 

La Fulvia reçoit l’accueil escompté et les cadences de fabrication atteignent rapidement en 1964 les 100 par jour. Ce chiffre, pouvant paraître faible, est remarquable, comparé à la production totale de Lancia, pour l’ensemble de sa gamme, qui n’était en 1955 que de 30 voitures par jour. Cependant, parmi les défauts constatés sur la Fulvia, se placent une consommation relativement élevée et la modestie des accélérations en raison du poids et d’un faible rapport de compression. En vue d’y remédier dès le Salon de Turin 1964, la Fulvia 2C apporte, comme 2C l’indique (2 carburateurs), un supplément de puissance obtenu par le montage de deux carburateurs Solex double corps. Les performances sont meilleures et la voiture atteint les 145 km/h, tandis que la consommation est abaissée à 8.5 litres aux 100 km/h. En 1965, la berline est rejointe par le Coupé qui, par ses résultats sportifs, deviendra l’un des plus grands succès commerciaux de la maison Lancia.

 

1967 Lancia Fulvia Berlina GT - Photos : Alfabb.com

 

En 1967, la Fulvia GT offre des performances supérieures grâce à un moteur porté d’abord à 1 216 puis à 1 230 cm3 pour une puissance de 87 ch à 6 200 tr/mn. L’année suivante apporte la version GTE avec 1 298 cm3 et 95 ch à 6 000 tr/mn. Les améliorations continuent en 1969 portant cette fois sur la carrosserie qui va être conservée jusqu’au retrait du modèle en 1972 après une production de 192 097 exemplaires.

 

1970 Lancia Fulvia - Photos : albertstrouwautoverhuur.nl