Lancia / Autobianchi Y10 (1985-1995)

1985 Autobianchi Y10

 

Publié par Philippe Baron le 19 avril 2015.

 

L'Y10 au style très tendance au début des années 1990 est vendue lors de sa commercialisation en 1985 sous la marque Lancia en Europe du Nord et sous la marque Autobianchi en France, en Italie et au Japon notamment. Fin 1989, la marque Autobianchi est abandonnée en France, suite à l'arrêt du contrat entre l'importateur français Chardonnet et le groupe Fiat. L'Y10 devient donc officiellement une Lancia en France, distribuée par le réseau Lancia, dépendant directement de Fiat France. En Italie, l'Y10 resta commercialisée sous la marque Autobianchi jusqu'à la fin de sa production en 1995.

 

Lancia Y10

 

Recueillant l’héritage de l’Autobianchi A112, l’Y 10 est présentée au Salon de Genève le 17 mars 1985. Elle se distingue par son style très typé dit « capsule spatiale ». Dessinée par le bureau de style Fiat, après le rejet des propositions de Giugiaro et Pininfarina, elle étonne immédiatement par sa ligne en coin et son arrière tronqué qui affiche un coefficient de pénétration aérodynamique excellent (0.31) pour une voiture de 3,40 m de longueur. A l’arrière, un grand hayon vitré peint en noir mat, quelle que soit la couleur de la carrosserie, et articulé à sa partie supérieure donne accès, une fois les sièges rabattus, à un grand espace de chargement. Son habitacle est digne d’une grande routière avec planche de bord et sièges revêtus d'Alcantara, poste radio avec volet de protection, rétroviseurs réglables de l’intérieur plus une longue liste d’options comprenant les vitres de custodes entrouvrables électriquement, le verrouillage centralisé ou un combiné numérique.

 

 

L’Y10 reprend partiellement la plate-forme de la Fiat Panda déjà en production depuis 1980, dans un souci de rationalisation. Vittorio Ghidella, administrateur délégué à la division automobile Fiat ayant imposé que tous les futurs modèles du groupe Fiat (avec Alfa Roméo et Lancia) devaient être capables de passer d’une chaîne à l’autre en fonction des besoins. De la Fiat Panda, l’Y10 reprend la suspension avant, l'empattement et la transmission. Par contre, la suspension arrière est nouvelle, et utilise un essieu déformable à fixation centrale, dit « essieu Omega », alors que la Panda n'utilise alors qu'un essieu rigide à ressorts monolame. La Panda reprendra, avec sa seconde version en 1986, cette suspension novatrice qui permet d'améliorer sensiblement le confort.

 

Lancia Y10 Turbo

 

L’Y10 de base reçoit une motorisation entièrement nouvelle, le moteur Fiat FIRE (pour « Fully Integrated Robotized Engine »), qui se caractérise par sa simplicité, sa robustesse, son excellent rendement et un entretien facile et économique. La forme de la culasse fait que les soupapes ne peuvent toucher les pistons et être endommagées en cas de casse de courroie, même à haut régime. Ainsi le moteur ne subit aucun dégât, Il suffit de remplacer la courroie. La gamme en 1985 comprend trois modèles : l'Y10 Fire, à moteur Fire 999 cm³, 45 ch DIN,  l'Y10 Touring, moteur Fiat 127 Brasil 1 049 cm³, 55 ch DIN et l'Y10 Turbo, moteur Fiat 127 Brasil 1 049 cm³, suralimenté par turbocompresseur, 85 ch DIN.

 

Lancia Y10 4WD

 

En 1986, une nouvelle version à quatre roues motrices, la 4WD, fait son apparition. Elle reprend les éléments de transmission de la Panda 4x4, mais avec un système de commande électropneumatique sophistiqué. Ainsi, en conduite normale, la transmission vers les roues arrière est complètement débrayée et ne provoque pas plus de résistance à l'avancement que sur une Y10 conventionnelle. Pour disposer des quatre roues motrices, il suffit de presser un interrupteur au tableau de bord. Le passage en 4x4 ne s'effectue que si la vitesse descend en dessous de 55 km/h, pour éviter des contraintes dans la transmission. Une fois le passage en 4x4 effectué, il est possible de rouler à n'importe quelle vitesse. Moteur coupé, la transmission vers l'arrière est embrayée, pour éviter que les moyeux arrière ne soient bloqués par le gel, la neige ou la boue. Cependant, l'Y10 4WD, de même que la Panda 4x4,  est un « 4x4 enclenchable », sans différentiel central. Il faut donc éviter de rouler en 4x4 sur route sèche. La suspension arrière est différente de celle des autres Y10 ; la 4WD dispose d'un essieu rigide à ressorts à lames. Le pont est identique, mais les lames de ressorts différentes. L'Y10 4WD est équipée d'origine d'amortisseurs à gaz. L'équipement pneumatique est également différent de celui des Y10 Fire ; L'Y10 4WD est dotée de pneus Pirelli en 155/70 R 13, au lieu de 135 R 13. Il s'agit soit de pneus hiver Pirelli Winter 160, soit de pneus asymétriques spécialement conçus pour les routières à quatre roues motrices. Elle bénéficie également de roues acier au dessin spécifique. La direction bénéficie d'une modification de son rapport de démultiplication par rapport aux modèles à deux roues motrices. L'Y10 4WD est à l'origine équipée du Fire 999 cm³ développant 50 ch DIN au lieu de 45 ch DIN sur la version de base. Ce moteur sera remplacé fin 1989 par le Fire 1 108 cm³ à injection électronique monopoint Bosch, développant 57 ch DIN. L'étagement de la boîte offre un premier rapport très court, utilisé en tout chemin ou pour démarrer en forte côte, et les démarrages en conditions normales peuvent se faire sur le second rapport. Le rapport final en cinquième est très court (25 km/h à 1 000 tr/min), ce qui rend la voiture très nerveuse et permet de conserver ce rapport dès 60 km/h, voire moins. Par contre, sur autoroute, le moteur tourne vite.

 

1989 Lancia Y10

 

Fin 1989, l'Y10 bénéficie de quelques retouches de présentation, et, plus important, sa gamme de motorisations est renouvelée autour du moteur Fire : le moteur Autobianchi de 1 049 cm³ est remplacé par une nouvelle version du Fire, d'une cylindrée de 1 108 cm³, développant 57 ch DIN et doté d'une injection électronique. La Turbo est supprimée, et remplacée par la GTie, dotée d'un 1 301 cm³ atmosphérique, à injection électronique Magneti-Marelli, légèrement moins puissant (78 ch DIN au lieu de 85) plus sobre et presque aussi performant. En 1990, l'Y10 Selectronic combine la transmission Van Doorne à courroie et l'embrayage automatique Subaru à commande électronique. Cette transmission offre une variation continue alors qu'une boîte automatique conventionnelle dispose de trois ou quatre rapports. Offrant un bon rendement, ce système est bien adapté à une petite voiture de cylindrée et puissance modestes. Cette version de l'Y10 offre des performances similaires à celles de la version à boîte manuelle.

 

 

Lors de la présentation de la 3e génération de l'Y10 en 1992, Lancia profite de l'occasion pour clore la parenthèse Autobianchi, dont l'usine de Desio est fermée, et intègre définitivement le modèle dans sa gamme. La production de l’Y10 est alors déplacée dans l'usine Alfa Romeo d'Arese. Fin 1992, la Lancia Y10 bénéficie d'une présentation renouvelée : l'avant est retouché avec une nouvelle calandre et des phares moins hauts, dans le style de la Dedra ; l'arrière a un style plus lisse, avec de nouveaux feux plus grands ; le tableau de bord est redessiné dans un style plus arrondi.

 

1989 Lancia Y10

 

L’Y10 avec sa silhouette si particulière et le goût et le raffinement qui caractérisent ses intérieurs a créé une nouvelle catégorie de véhicule : la citadine de luxe. Dernière Autobianchi de l’histoire, elle devient un modèle préféré de la gent féminine et conquiert des marchés étrangers dont la France où un grand nombre de ses 802 605 exemplaires seront vendus.

 

1992 Lancia Y10