Lancia Augusta (1933-1936)

 

Publié par Philippe Baron le 27 février 2015.

 

Dévoilée au Salon de l’Automobile de Paris 1932, la petite Lancia Augusta reçoit toute l’attention de la presse spécialisée car sa conception dépasse de loin les standards de l’époque. Elle est en effet la première conduite intérieure du monde dotée d’une caisse monocoque, c’est-à-dire que sa carrosserie est entièrement soudée avec un châssis plate-forme en acier. L’Augusta, succès en Italie, sera aussi assemblée en France sous le nom de Belna.

 

 

Quelques mois après que Fiat ait lancé sa petite Balilla, Lancia ne tarde pas à répondre avec sa voiture de type économique, de dimension réduite pour ce qui concerne la carrosserie et la cylindrée du moteur. Elle ne prendra officiellement le nom d’Augusta qu’au Salon de Milan 1933. L’Augusta se distingue par sa coque autoportante, ses suspensions avant indépendantes à ressorts hélicoïdaux et débattement télescopiques, une première sur un type de série de moins de 4 mètres de longueur (3.81 m), mais aussi du fait qu’elle est la première automobile du monde à caisse fermée construite sur le principe de la caisse monocoque.  Caisse, tablier avant, toit et coffre arrière forment une seule structure en tôle d’acier de faible épaisseur, mais si résistante qu’elle permet d’éliminer le pied milieu entre les deux portes. Bien que l’Augusta soit une monocoque, Lancia propose aux clients plus aisés une plate-forme qu’ils peuvent faire habiller selon leur goût par leur carrossier préféré.

 

 

Parmi les autres innovations techniques, les suspensions arrière à ressorts articulés sont à l’avant sur des silentblocs et à l’arrière sur des jumelles à rouleaux. Un système de roue libre commandé par le conducteur permet de désolidariser les roues motrices de la boîte et du moteur en phase de décélération. Plus important, est l’adoption des freins à commande hydraulique. Vincenzo Lancia avait lui-même essayé ce nouveau dispositif en effectuant plusieurs fois les parcours en descente les plus durs du Piémont en changeant à chaque fois de système et de matériaux pour les tambours et les garnitures jusqu’au choix définitif.

 

 

Le moteur est un quatre-cylindres en V à 18°de 1 196 cm3, dont la puissance de 35 ch est suffisante pour permettre à la petite Lancia de dépasser les 100 km/h. En France, l’Augusta est produite sous le nom de Belna par Paris Lancia Automobiles, une structure qui permettait à la firme italienne d’échapper aux taxes d’importation moyennant un assemblage sur place. Sur le site de Bonneuil-sur-Marne, environ 3 100 Belna seront produites. La courte carrière de l’Augusta se termine le 14 décembre 1936 au moment du lancement de la Lancia Aprilia. Au total, l’Augusta aura été produite à 17 218 exemplaires.