Georges Irat (1935-1938)

Photo : JC James

 

Publié par Philippe Baron le 17 juin 2014.

 

La crise économique de 1929 aura été fatale à un nombre considérable de petits constructeurs dont Georges Irat, spécialisé dans des imposantes et aristocratiques 2 et 3 litres. Néanmoins, il trouve un second souffle en s’associant avec les Etablissements Godefroy et Lévèque, constructeurs du célèbre moteur Ruby, qui a glané de nombreuses victoires dans les années 20. Ainsi, Georges Irat fait un retour très remarqué au Salon de Paris de 1935 avec un superbe roadster sportif contrastant avec ses productions antérieures mais pouvant aussi prétendre au slogan précédent de la marque : « la voiture de l’élite ». 

 

Photo : Vintage-Revival

 

La nouvelle Georges Irat est une voiture sport très surbaissée disponible en roadster avec une seule porte ou en cabriolet, plus lourd, car équipé de portes avec vitres. Le constructeur basé à Levallois a opté pour une solution peu courante à l’époque,  la traction avant pour son apport de légèreté et une meilleure tenue de route. Pour un plus grand confort, ce nouveau modèle dispose de quatre roues à suspension indépendante. La suspension est assurée à l'avant par de gros ressorts à boudin, les roues arrière sont montées sur des leviers articulés associés à des ressorts semi-cantilever.

 

 

Equipées d'un moteur Ruby à soupapes en tête, deux versions sont disponibles. Le premier est le 6 CV Ruby type "DS" de 1.097 cm3, monté sur le châssis référencé "MDS". Le second est le moteur quatre cylindres 5 CV Ruby, type "M", de 954 cm3 de cylindrée, monté sur le châssis référencé "MM".  Sur le catalogue du salon, la 5 CV est donnée pour 100 km/h alors que la version appelée « super-sport »  avec le moteur DS de 1100 cc atteint le 120 km/h. Avec un compresseur, disponible en supplément, le catalogue annonçait le 150 km/h.


Photo : Osenat

 

Pour répondre à une demande plus sportive, Georges Irat supprime le moteur 5 CV du catalogue lors du salon 1937 pour le remplacer par le 6 CV DS type DU de 1.078 cm3 de cylindrée. Mais il faut cependant attendre le salon 1938 pour que la Georges Irat soit enfin considérée comme une vraie petite sportive, grâce à l’adoption du moteur 11 CV de la Traction Citroën. Développant initialement 46 ch, puis par la suite 56 ch, le nouveau type OLC atteint les 135-140 km/h. 

 

 

Malheureusement, la guerre éclatant, seuls 600 modèles, dont le prix élevé limitait aussi la diffusion, auront été construits dans les versions 5 et 6 CV et une centaine dans la version 11 CV. A la fin du conflit, la production de la Georges Irat ne sera pas reconduite.


Photo : Charlie Seisenberg