Fiat Uno (1983-1995)

 

Publié par Philippe Baron le 5 janvier 2014.

 

Lancée en janvier 1983 en Floride, à la base de Cap Canaveral de la NASA, la Fiat Uno prend une appellation qui évoque les débuts de l’histoire de la marque et la Tipo Uno de 1910. Enorme succès commercial, la Fiat Uno a réussi à s’imposer sur le marché italien, mais aussi sur les principaux marchés européens et à devenir la voiture la plus produite de l’histoire de Fiat et la troisième voiture la plus produite de tous les temps à son retrait. 

 

 

La Fiat Uno vient remplacer la Fiat 127. Sa personnalité est sa carrosserie conçue par Ital Design. Le choix d’une caisse « haute » a permis d’aménager un habitacle spacieux, malgré des dimensions extérieures compactes (3.64 m en longueur), mais au détriment du volume alloué aux bagages. Elle se présente comme un véhicule rationnel aux fonctions optimisées avec un équipement appartenant à des modèles du segment supérieur confirmant que l’offre d’un niveau de confort élevé est un élément que la voiture moderne doit obligatoirement proposer : vitres avant électriques, condamnation centralisée des portes, sièges arrière doubles, phares à iode, système de climatisation moderne…

 

 

Voiture révolutionnaire à bien des égards, elle utilise de la fibre optique pour l'éclairage des satellites de son tableau de bord (la Citroën DS employant déjà ce procédé pour l'illumination du contacteur). Trois niveaux d’équipement sont disponibles : Base, S et ES. La Base est équipée d’une boîte à quatre rapports, les S et ES d’une boîte à cinq vitesses. L’équipement ES pour Energy Saving est destiné à diminuer au maximum les consommations grâce au montage du dispositif cut-off qui coupe l’alimentation d’essence en phase de décélération et à un économètre qui indique la consommation d’essence instantanée et le moment de changer de rapport.

 

 

Disponible immédiatement en deux versions de carrosserie, 3 et 5 portes, la Fiat Uno conserve de la 127 son implantation mécanique avec la traction avant et le moteur transversal. Elle est équipée de trois motorisations essence de 903 cm³ de 45 ch, 1 116 cm³ de 55 ch et un 1 301 cm³ développant 68 ch. Puis, pendant l’été 1983, vient se rajouter un moteur diesel de 1 301 cm³ de 45 ch à 5 000 tr/min. La Uno Diesel avec sa consommation de 5.9 litres aux 100 km devient le modèle le plus vendu en Italie. A la fin de 1983, la Uno, déjà solidement installée en tête des ventes, est élue « voiture de l’année 1984 », douze ans après la Fiat 127 qu'elle remplace.

 

 

Très tôt, son éclatant succès commercial oblige le constructeur Fiat à augmenter fortement ses capacités de fabrication qui atteignent rapidement les 3 800 véhicules par jour. Dès 1984, la fabrication de la Fiat Uno démarre également dans les usines Fiat Concord en Argentine et Fiat Automoveïs au Brésil. La version latine  diffère du modèle italien par son capot enveloppant et sa suspension arrière indépendante à ressort à lames transversales (principe repris de la 127). Les moteurs sont aussi spécifiques au marché sud-américain. En juin 1984, apparaît la Uno SX, une version haut de gamme.

 

 

Pour fêter la millionième Uno sortie des chaînes, la gamme accueille en avril 1985 une petite bombe, la Uno Turbo IE avec un moteur de 105 ch dopé par un turbo IHI, une injection électronique Jetronic accouplée à un allumage électronique microplex, un radiateur d'huile et des disques de freins à l'arrière. Le moteur est équipé de sièges de soupapes refroidis au sodium, solution jusque-là réservée aux voitures de sport. La Turbo i.e. peut ainsi atteindre les 200 km/h. Extérieurement, l’Italienne musclée se caractérise par ses spoilers avant et arrière sur le hayon, ses antibrouillards, ses jantes en alliage léger marquées Abarth et un habillage traité dans les tons noir et rouge.

 

 

Pendant l’été 1985, la Fiat Uno se dote d'une nouvelle génération de moteurs initialement de 1 000 cm3 à injection électronique et inaugurée par l'Autobianchi Y10 en 1984 : le FIRE (Fully Integrated Robotized Engine). Moteur entièrement nouveau et de conception très moderne permettant un rendement en net progrès et des consommations sans comparaison avec la concurrence. Le nouveau groupe, fabriqué dans l’usine de Termoli, se distingue par des solutions techniques d’avant-garde : constitué seulement de 273 pièces, il pèse 9 kg de moins (69 kg) que le précédent 903 cm3. La Uno 45 Fire, à la différence de la 903 cm3, a un arbre à cames en tête et un vilebrequin à 5 paliers. Toute la gamme bénéficie d'améliorations : nouvelles garnitures intérieures, système électrique amélioré, adoption d'un allumage électronique Magneti-Marelli sur les 1 116 cm3 (qui passent à 58 ch) et 1 301 cm3. La luxueuse SX disparaît au profit d'une SL, disponible en versions 60 et 70 ch. Cette même année, la barrière du million de Fiat Uno fabriquées en Italie est atteinte, le cap des 2 000 000 est rejoint l'année suivante, les 3 000 000 en 1988.

 

 

En 1986, une nouvelle motorisation diesel est intégrée, une version turbo compressée de 1 367 cm3 avec un échangeur d'air et un turbo Garret T2 soufflant à 0,69 bar à l'admission. Ce groupe développe 72 ch à 4 800 tr/min. Sportive parmi les diesels, la Turbo D reçoit une finition proche de la "Turbo IE" à essence avec un tableau de bord complet, un volant en cuir, des équipements luxueux dont les vitres électriques. Au mois de septembre 1986, les montages sont unifiés, le 1 697 cm3 des Fiat Ritmo intègre le compartiment moteur de la Uno. Plus puissant que le 1 301 cm3, il offre plus de couple. Le 1 301 cm3 ne figure plus que symboliquement dans la gamme. Fin 1986, la 70 SX revient en France, avec tableau de bord électronique et Plip, et remplace la 70 SL.

 

 

Pour 1987, Fiat lance la Uno Selecta est lancée. Dotée du 1 116 cm3, elle reçoit une transmission automatique à variation continue, développée avec Van Doorne et fabriquée chez ce fournisseur néerlandais. Pour le marché d’Amérique du Sud, qui préfère les voitures avec coffre, les bureaux d'études Fiat locaux dessinent la Fiat Duna dérivée de la Uno. Ce modèle sera exporté en Europe en 1988, Italie notamment, mais ne connaitra pas un grand succès, la mode n'étant plus à ce type de carrosserie. Mais la Fiat Duna obtiendra un grand succès commercial là-bas. Plus de 260 000 exemplaires furent vendus en Argentine.

 

Fiat Duna

 

Produite à plus de 4 millions d’exemplaires, la Fiat Uno reçoit des retouches assez importantes à l’automne 1989. Les retouches extérieures de cette seconde série ont visé à la rapprocher de la Fiat Tipo avec un capot plongeant et un arrière plus arrondie. Elles s’accompagnent de nouvelles protections latérales et de nouvelles jantes en alliage léger pour la Turbo. Le hayon est doté d’un essuie-glace à grand angle de balayage. Le tableau de bord est redessiné et l’insonorisation est renforcée.

 

 

Côté moteurs, ils sont au nombre de neuf, six à essence et trois diesel. Si le 1.0 Fire, le 1.5 i.e et le 1.7 diesel et 1.4 TD sont reconduits, le 1 116 de 58 ch est remplacé par un nouveau 1 108 de 56 ch (excepté sur la Selecta 3 portes), le 1 301 à carburateur de 65 ch par un 1 372 à injection de 72 ch, ou 118 ch dans la sulfureuse Turbo i.e. À noter que les versions 1.4, 1.5 et TD reçoivent, ce qui est une nouveauté, une barre antiroulis avant, à l'instar de la Turbo i.e.

 

 

En 1994, une ligne de fabrication de la Fiat Uno est installée en Pologne où elle sera construite, à près de 200 000 exemplaires, jusqu'en 2001. En 1995, la fabrication de la Fiat Uno s'arrête en Italie où elle est définitivement remplacée par la Fiat Punto. Au total, elle aura été fabriquée à 6 272 796 unités en Italie, mais sa carrière continua dans de nombreux pays notamment au Brésil sous le nom de Fiat Mille jusqu’en 2013. La production mondiale est établie à environ 8 800 000 exemplaires, ce qui fait de la Fiat Uno la troisième voiture la plus produite de tous les temps, détrônant la Renault 4 (les deux premières étant la Ford T et la Volkswagen Coccinelle).

 

2006 Fiat Mille Fire