Fiat Tipo (1988-1995)

 

Publié par Philippe Baron le 12 novembre 2016.

 

Elue « Voiture de l’Année 1989 » pour ses solutions techniques d’avant-garde, la Fiat Tipo, dessinée par l'institut I.DE.A, se substitue officiellement en janvier 1988 à la Ritmo en marquant une importante évolution de la technologie Fiat  par l’adoption de la ligne d’assemblage à « ilots » qui permet le montage de la voiture par phase successives au cours desquelles les tâches sont accomplies par des robots programmés qui effectuent les opérations répétitives.

 

 

Très originale, avec arrière voulu "comme une signature stylistique" selon Vittorio Ghidella, la Tipo incarne aussi le résultat de recherches menée sur le prototype VSS (Véhicule à Sous-Systèmes) très novateur sur le plan des solutions de fabrication. Sur la Tipo, le tableau de bord, notamment, est installé déjà complet et inséré par les portières, d'où leur angle d’ouverture inhabituellement important (près de 90 °), favorable aussi à l'accessibilité à bord. En termes d'architecture, d'habitabilité, de confort, de tenue de route, d'équipement (elle offre déjà en option l'ABS à 2 capteurs sur les modèle essence, et 4 sur la Turbo DS) et de modernité, elle apporte des solutions très modernes pour la protection des passagers.

 

 

La berline italienne de 3,96 m de long se signale par son habitabilité exceptionnelle, une suspension excellente et une tenue de route sûre en toutes circonstances. Avec une largeur aux coudes de 1,70 mètre, elle écrase toutes ses concurrentes en termes d'espace à bord. Résultat, en 1989, la Tipo est élue Voiture européenne de l'année, très loin devant l'Opel Vectra arrivée seconde. Bien que son hayon soit réalisé en matériaux composites, la Tipo est le premier modèle Fiat, et la première voiture de sa catégorie en Europe, avec une tôlerie entièrement en acier galvanisé.

 

 

La gamme au lancement est simple : Finition standard : tableau analogique, fermeture des vitres et des portes manuelle. Moteur 1.4 et 1.7d. Finition DGT : tableau digital, sièges velours, fermeture des vitres et des portes électriques. Moteurs 1.4, 1.6 et Turbo diesel, ce dernier recevant de série une direction assistée. La Tipo rencontre très rapidement un énorme succès commercial, puisque durant sa première année pleine de commercialisation, elle s'écoule à 437.114 exemplaires alors que le constructeur ne comptait en fabriquer que 270.000 exemplaires. Il fallut donc augmenter la cadence de production et soulager l'usine ultra automatisée de Cassino en équipant en urgence une ligne dans l'usine Alfa Romeo de Pomigliano d'Arco près de Naples pour répondre à cette demande. 

 

1993 Fiat Tipo 2.0 i.e.16V

 

La gamme est régulièrement remaniée avec l'apparition des versions AGT et AGT S à tableau de bord analogique et équipement relativement étoffé, en complément des versions de base et DGT à instrumentation digitale. Autres nouveautés : le moteur 1 756 cm3 8 soupapes de 109 ch (finition Gran Turismo sur base AGT S) et le bloc diesel 1.9 atmosphérique de 65 ch. Par ailleurs; la Turbo DS reçoit le renfort d'une Tds X, à la présentation sportive inspirée de celle de la 16V. L'Italie et l'Allemagne ont droit à une version 2.0 115 ch.

 

 

En 1991, des séries spéciales sont lancées : - la Pop, proposée à un prix très attractif avec un moteur 1.4 litres, - l'Estivale, dotée d'une peinture blanche intégrale, d'un autoradio K7 et d'un toit ouvrant (moteur 1.4) - la Perfect, déclinaison luxueuse avec intérieur cuir, climatisation automatique, volant bois et tableau de bord revêtu de plastique 'Soft Touch'(moteur 1.6). En fin d'année, la 1.8 16V de 136 ch se voit accompagnée d'une 2.0 16V de 142 ch, plus puissante mais pas vraiment plus performante car alourdie d'une centaine de kg. Elle progresse surtout côté souplesse et insonorisation et reçoit un ABS de série. En 1992, la puissance des blocs 1.4 et 1.6 est revue à la hausse : respectivement 76 et 86 ch contre 72 et 83 ch précédemment. Les habillages intérieurs progressent, les panneaux de portières sont plus étoffés.

 

1993 Fiat Tipo 2.0 i.e.16V

 

En juillet 1993, la Tipo est restylée et reçoit alors de nouveaux phares. Le passage au catalyseur fait baisser les puissances. Ainsi, le 1.4 chute de 76 à 69 ch, le 1.6 de 86 à 75 ch, le 1.8 de 109 à 103 ch et le 2.0 l 16V de 142 à 139 ch, encore que ce dernier bénéficiât auparavant d'un filtre catalytique. En juillet 1994, pour le millésime 1995, la direction assistée est généralisée à la POP tandis que la puissance des moteurs est augmentée (1.4 de 69 à 71 ch, 1.6 de 75 à 76 ch, 1.7D de 57 à 58 ch, 1.9TD de 90 à 92 ch; seuls les 1.8 et 1.9D restent à respectivement 103 et 65 ch). Un 1.6 MPI (à injecteurs multiples) de 90 ch est également lancé. En mars 1995, les "gros" moteurs 1.8 et 2.0 sont supprimés tandis que la gamme se réduit à 2 finitions : Start (direction assistée, baguettes latérales et vitres avant électriques sur 3 portes) et Quartz (+vitres avant électriques sur 5 portes, verrouillage centralisé et banquette 60/40).

 

1993 Fiat Tipo 2.0 i.e.16V

 

La plateforme de la Fiat Tipo, un modèle de polyvalence et de rigidité pour l'époque, servit de base à la Fiat Tempra, version 4 portes classique de la Tipo, et au Coupé fabriqué par Pininfarina mais dessiné par le Centro Stile Fiat, mais aussi à la Fiat Marea, aux Lancia Dedra et Delta II, et aux Alfa Romeo 145, 146, 155 et GTV. La Fiat Tipo s'efface en octobre 1995 et cède sa place au duo Bravo/Brava, sur une plateforme similaire après une production de 1 905 276 exemplaires.

 

Fiat Tipo 2.0 i.e.16V