Fiat 600 (1955-1969)

 

Publié par Philippe Baron le 14 décembre 2014.

 

Icône du boom économique italien, la Fiat 600 fut présentée au Salon de Genève le 9 mars 1955. Elle a permis à énormément d’Italiens d’apprendre à conduire et surtout d’accéder à la possession d’une auto. Ainsi, ils ont pu découvrir les joies de l’automobile et des vacances en famille. Plus produite dans le monde que la Fiat 500, qui lui a pourtant volé la vedette, la 600 définit un avant et un après dans l’histoire de l’automobile italienne.

 

 

La création de la 600 fut le résultat de circonstances fortuites. Alors que Dante Giacosa, le fameux ingénieur de Fiat à qui l'on doit tant de voitures révolutionnaires, mettait au point le projet de la nouvelle Fiat 500 en 1952, il se rendit compte très rapidement que la mise au point du nouveau moteur refroidi par air allait prendre plus de temps que prévu. Alors que la direction générale de Fiat poussait pour la mise sur le marché d'un nouveau modèle de voiture économique en remplacement de la Fiat 500 Topolino, très populaire, mais désormais dépassée, Dante Giacosa entreprit d'adapter la forme arrêtée de la future 500 pour en faire une voiture de taille plus importante, d’une architecture absolument nouvelle et dotée d’une puissance et de performances d’un niveau plus élevé que celui de la 500 C.

 

 

Novateur, le choix du positionnement du moteur à l’arrière permet des économies au niveau de la transmission (par entraînement direct des roues arrière) et de dégager de l’espace dans l’habitacle pour quatre vraies places tout en limitant les dimensions extérieures. Du volume intérieur supplémentaire a également été gagné en adoptant une structure monocoque et un système de suspension à quatre roues indépendantes, bien moins encombrant que les suspensions traditionnelles.

 

 

Avec une carrosserie à deux portes ouvrant contre le vent, comme le voulait la mode de l'époque, la Fiat 600 est équipée d'un moteur placé à l'arrière mais refroidi par eau de 633 cm3 développant 21 ch, autorisant une vitesse de 95 km/h, avec de bonnes accélérations et reprises et une excellente vivacité malgré la petite taille du propulseur.

 

Photo : Arnolt S

 

Le succès est quasi immédiat. En Italie, elle devient vite un phénomène de société, s’affirmant avec le récepteur de télévision et le réfrigérateur parmi les trois principaux témoins du « miracle économique » italien. Jamais un modèle de cette taille ne fut autant apprécié des automobilistes du monde entier, à tel point que Fiat dut se résoudre à annoncer des délais de livraisons qui dépassaient largement 12 mois. Pour satisfaire à une demande toujours croissante au fil des années, Fiat la fit construire sous licence dans de très nombreux pays, aux quatre coins du globe.

 

 

En 1956, une version découvrable est proposée ainsi que la version familiale Multipla qui est en fait le premier monospace du monde. Construit sur la base de la Fiat 600, sa carrosserie fut allongée pour y loger 4 portes et comportait une face avant plane en porte-à-faux sur l'axe avant. Cette version fut surtout appréciée par les familles nombreuses et les taxis. En 1957, la finition peut être bicolore et les portes avant sont dotées de vitres descendantes et non plus coulissantes. En 1958, au moment de l’ouverture des 100 premiers kilomètres de la nouvelle Autoroute du Soleil, la publicité précise que tout le monde à bord d’une Fiat 600, peut désormais aller de Milan à Parme en un peu plus d’une heure.

 

 

En septembre 1960, la deuxième série est présentée à Paris sous la désignation 600D avec une cylindrée portée à 767 cm3 et la puissance à 29 ch. La longueur totale augmente un peu en passant de 3.21 m à 3.29 m. La 600D offre aussi le choix entre un toit rigide et le toit ouvrant en toile qui, chez Fiat, reçoit l’appellation Trasformabile. En mai 1964, les portes suicides disparaissent, comme chez tous les constructeurs, pour un sens d’ouverture inversé.

 

 

En 1965, un restylage donne à la Fiat 600 le surnom de Fanalona, en raison des phares de grand diamètre qui l’équipent. Fabriquée en Italie à une cadence qui dépassait les 1 000 exemplaires par jour, du jamais vu à l'époque en Europe (à titre indicatif, la Renault 4CV n'a jamais atteint les 450 exemplaires par jour !).

 

Seat 600 D - Photo : Gösta Knochenhauer

 

La fabrication de la Fiat 600 s'arrête en 1969 après avoir connu trois séries et une production de près de 2.7 millions d’unités dans les seules usines italiennes et à près de 5 millions à travers la planète avec les versions réalisées en Espagne chez Seat (la fabrication s'arrêta en 1973 après 815 449 exemplaires produits). La filiale allemande, Fiat Neckar, réalisa la Jagst 600, qui deviendra Jagst 770 en octobre 1960, fabriquée jusqu'en décembre 1969 à plus de 172 000 exemplaires. En Autriche, la 600 sera assemblée à 171 355 exemplaires par Steyr-Fiat. En 1959, la société Zastava en Yougoslavie, associée de Fiat, présente au Salon de Belgrade la Zastava 600, qui deviendra ensuite Z 650, puis Z 700 et Z 800. Elle sera fabriquée jusqu'en 1986 à 923.487 exemplaires, puis en Turquie chez Tofas, jusqu’en avril 2000. La Fiat 600 a également été fabriquée en Belgique à Waterloo, de 1957 à 1967. En Argentine, en 1960, Fiat décide d'installer une ligne de fabrication de la Fiat 600 dans son usine argentine Fiat Concord de Cordoba pour faire face à la très forte demande du marché Sud-Américain. 304 016 exemplaires y seront fabriqués jusqu'en 1982. À partir de 1962, la filiale argentine Fiat Concord n'arrivant plus à satisfaire les commandes à l'exportation, Fiat Auto Italie décide alors d'installer une ligne de montage au Chili qui en fabriquera presque 12 000 exemplaires jusqu'en 1978. Enfin, au Portugal, dès 1964, l'usine Somave produira la 600 jusqu'en 1971, avec une production de 9 576 unités.

 

1961 Fiat 600 Jolly & 1957 Fiat 600 Multipla- Photo : RM Auctions
1959 Fiat 600 Viotti - Photos : el.guy08_11