Fiat 2300 S (1961-1968)

1966 Fiat 2300S - Photos : Elentinos

 

Publié par Philippe Baron le 28 juillet 2013.

 

Injustement méconnue, la Fiat 2300 S est pourtant l’incarnation parfaite de la Gran Turismo à l’italienne du début des années soixante, démontrant le savoir-faire d’un constructeur généraliste. Victime de son écusson Fiat, ce coupé élégant, luxueux et performant, arborant celui de Lancia ou d’Alfa Romeo, aurait été depuis longtemps sous le feu des enchères.

 

 

Au salon de Turin de 1959, Fiat présente sa nouvelle génération de voitures bourgeoises 6-cylindres, berline et break, dessinées par Pinin Farina et proposées en cylindrées de 1800 cm3 et 2100 cm3. Ce moteur à six cylindres en ligne à arbre à cames latéral est le premier chez Fiat depuis 1950. Conçu par le célèbre ingénieur Aurelio Lampredi, dont c’est la première réalisation depuis qu’il a quitté Ferrari, il possède une culasse en alliage léger abritant notamment des chambres de combustion polysphériques et une boîte entièrement synchronisée.

 

 

Les berlines Fiat six cylindres vont constituer la base du coupé 2100/2300 dont plusieurs modèles sont proposés par divers carrossiers lors du salon de Turin de 1960. Conquis, Fiat décide alors de produire celui dessiné chez Ghia. A la fin des années cinquante, Ghia cherchait à sortir de la fabrication de séries confidentielles pour passer à la production de modèles pour le compte des grands constructeurs. Mais à la différence des concurrents Pinin Farina, Bertone ou Touring, le coupé Fiat 2300/2300 S sera l’une des rares Ghia construites en série par la firme. 

 

 

La ligne de la Fiat 2300 S est due à Tom Tjaarda, un jeune designer américain formé à l’université du Michigan et arrivé comme stagiaire chez Ghia en 1959 à l’âge de 25 ans où il travaille sous la direction de Sergio Sartorelli épaulé par Virgil Exner Jr. Le pavillon aux montants d’une grande finesse favorise une remarquable visibilité, tandis que le traitement de la custode offre à la lunette arrière un caractère hyper-panoramique. Cette formule sera reprise sur le coupé italo-américain Dual 6,4 litres.

 

 

Revisité par Carlo Abarth, qui en sortira 140 ch, le coupé 2100 S sera construit chez OSI. La carrière de cette voiture sera de courte durée, car dès la fin 1961, le coupé reçoit le moteur 2,3 litres de la berline 2300, qui succède à la 2100. Il est alors proposé en deux variantes de puissance, 2300 et 2300 S. La version de base hérite du moteur de la berline (117 ch SAE et 175 km/h). Elle sera peu diffusée et retirée dès 1964. 

 

 

Confiée à nouveau à Abarth, la 2300 S bénéficie d’une culasse retravaillée et de deux carburateurs Weber double corps (au lieu d’un seul). Avec 150 ch SAE, soit environ 130 ch DIN, elle file à 195 km/h. Pour faire face à ce surcroît de puissance, les freins reçoivent le renfort de quatre disques. Plus performante que le coupé Lancia Flaminia Touring 2,5 litres, la 2300 S est la concurrente directe de l’Alfa Romeo 2600 Sprint Bertone.  

 

 

La Fiat 2300 S jouit également d’une excellente finition, avec un superbe tableau de bord, un magnifique volant Nardi, repose-pieds amovible côté passager, moquette, éclairage de la boîte à gants et en option, vitres à commande électrique. Signalons aussi qu’un cabriolet exposé au salon de Turin 1962 ne dépassera pas le stade du prototype. 

 

 

Elégante, raffinée, vive et rapide, la Fiat 2300 S n’aura malheureusement pas la carrière qu’elle méritait. Sa production se termine en mars 1968 et, s’il n’existe pas de chiffres officiels, on estime que le coupé aurait été produit à environ 8 000 exemplaires.