Fiat 124 (1966-1974)

 

Publié par Philippe Baron le 17 février 2015.

 

En 1966, Gianni Agnelli, âgé de 45 ans, petit-fils de Giovanni, fondateur de Fiat, prend la direction de l’entreprise en nourrissant des projets ambitieux pour renforcer la présence de la firme à l’international. Présentée en mars 1966, la nouvelle berline familiale, la Fiat 124, est un modèle important pour le constructeur italien parce qu’il représente la base d’un accord signé avec l’URSS pour la construction de l’usine d’automobiles VAZ dont la production sera centrée sur la 124 vendue à l’export sous la marque Lada.

 

Scan : John Lloyd

 

Voiture au design typique des années soixante avec phares ronds et formes rectilignes, la Fiat 124 est la berline à quatre portes de 4.05 m, sobre et classique, qui prend la succession de la série 1300/1500. Jugée moderne pour son époque, elle se voit attribuer le prix de Voiture de l'Année en 1967. Dès le Salon de Turin 1966, la gamme 126 s’agrandissait avec le break Familiare et l’élégant spider signé Pininfarina, puis au Salon de Genève 1967 avec la 124 Sport Coupé.

 

 

La Fiat 124 reste fidèle à des solutions mécaniques éprouvées : propulsion avec un essieu rigide, mais avec des ressorts et des amortisseurs coaxiaux. Son moteur est le premier 4-cylindres Fiat à cinq paliers conçu par l’ingénieur Aurelio Lampredi avec mono arbre à cames, une cylindrée de 1 197 cm³ et une puissance de 60 ch DIN, lui fournissant de bonnes prestations (145 km/h) et une consommation très modérée. 

 

 

En 1968, une version plus étoffée voit le jour, la Fiat 124 Special qui se distingue par ses quatre projecteurs jumelés, des finitions intérieures plus riches et son moteur, nouveau et plus puissant, dérivé de celui de la 124 Sport, dont la cylindrée est de 1 438 cm³ dans sa version simple arbre à cames de 70 ch DIN. En 1970, à l'occasion d'un léger restyling de la berline de base et de la Familiare, la version 124 Special T apparaît. Disponible uniquement en version berline, elle adopte le moteur à 2 arbres à cames en tête des Coupé et Spyder de 1 438 cm³ et 80 ch DIN et 160 km/h. Au cinéma, la Fiat 124 Special T s’illustre dans une course poursuite monumentale dans « Le Casse », un film d’Henri Verneuil réalisé en 1971. Pendant une longue scène de près de dix minutes, Jean-Paul Belmondo pilotant une Fiat 124 Special rouge est poursuivi par Omar Sharif au volant d’une Opel Rekord A noire dans les rues d’Athènes.

 

 

La dernière refonte de la gamme 124 intervient en 1972 avec une nouvelle calandre et des pare-chocs caoutchoutés et un moteur plus puissant pour la Special T qui reçoit un double arbre de 1 592 cm3 pour 170 km/h avec boîte à 5 rapports en option. En janvier 1975, la production italienne de la 124 se termine après la fabrication de 1 543 000 exemplaires pour la berline. Les berlines, Familiare et Sport Coupé sont remplacées par la nouvelle Fiat 131. Seule la Fiat 124 Spyder, toujours construite par Pininfarina, reste au catalogue jusqu'en 1982 pour les États-Unis et pour l’Europe jusqu'à fin 1987. 

 

 

La Fiat 124 est l’une des voitures du géant turinois les plus produites hors d'Italie. En Espagne, la Seat 124 fut produite à 888 608 exemplaires. Elle ne différait de sa cousine italienne que par l'écusson Seat rond. En Corée du Sud, Fiat participa à la création du constructeur Asia Motors, devenu ensuite KIA Motors qui fabriqua sous licence 6 775 KIA 124 entre 1970 et 1973. La Fiat 124 fut aussi produite en Turquie, en Afrique du Sud, en Bulgarie, en Yougoslavie, en Irlande, au Maroc, en Malaisie, dans divers pays de l’Amérique du Sud et bien évidemment en ex-Union soviétique de 1970 à 1988 sous le nom de Jigouli 2101 pour le marché intérieur et Lada 2101 pour l’export.