Ferrari Enzo (2002-2004)

 

Publié par Philippe Baron le 25 juillet 2013.

 

Présentée au Mondial de l'automobile de Paris en octobre 2002, la Ferrari Enzo demeure une pièce de choix dans la catégorie très fermée des supercars. Héritière d’une déjà longue lignée, elle succède à la 288 GTO de 1984, la F40 de 1987 et la F50 de 1995. Basse et surtout, longue et large, cette impressionnante automobile aurait dû logiquement s’appeler F60 mais finalement elle reçut une appellation en forme d’hommage au fondateur de la marque, Enzo Ferrari, décédé le 14 août 1988.

 

 

Dès 1998, l’objectif avoué des ingénieurs de Ferrari était de réaliser une automobile de route aussi proche que possible d’une Formule 1. La Enzo, dessinée par Pininfarina, plus précisément par le styliste japonais Ken Okuyama, est une synthèse entre la technologie et le design directement déclinés des F1 de la Scuderia Ferrari. Le pilote allemand Michael Schumacher participa d’ailleurs à la mise au point de cette supercar.

 

 

Le design extérieur de l'Enzo est conçu pour permettre à la voiture de rester stable et de la maintenir au sol à hautes vitesses en profitant au maximum de l'effet de sol. L’Enzo utilise un fond plat et un large diffuseur arrière permettant ainsi d'éviter d'avoir recours à un aileron qui aurait provoqué des turbulences à l'arrière du véhicule. Pour ne pas râper le fond plat, un bouton sur le côté gauche du volant permet d’actionner un bruyant moteur électrique qui rehausse le train avant de 4 cm. Et dès que l’on dépasse les 20 km/h, il reprend automatiquement sa hauteur de croisière. L'Enzo utilise aussi deux sillons de chaque côté du capot avant. Ceux-ci, alimentés par les entrées d'air avant, plaquent l'avant de la voiture au sol et dirigent l'air jusqu'aux entrées d'air placées sur les flancs. Deux petites ouvertures situées devant les roues arrière permettent aussi de maintenir les freins et les pneus à la bonne température.

 

 

Mue par un V12 de 6 litres et 48 soupapes, placé en position longitudinal arrière, l'Enzo est la première Ferrari à dépasser la barre des 600 chevaux avec une puissance maximale de 660 chevaux à 7 800 tr/min. Le couple est quant à lui de 650 Nm à 5 500 tr/min. La cylindrée totale est de 5 998 cm³, soit une augmentation de 1 298 cm³ par rapport à la F50. L'alésage passe à 92 mm et la course à 75, 2 mm, portant la cylindrée à 500 cm³ par cylindre. Les soupapes d'admission et d'échappement variables ainsi que la gestion électronique intégrale Bosch Motronic ME7 permettent au moteur de l'Enzo un meilleur fonctionnement avec un régime maximum de 8 200 tr/min.

 

Longueur : 4.70 m - Largeur : 2.03 m - Hauteur : 1.14 m - Poids : 1 350 kg

 

Les performances de l'Enzo sont exceptionnelles pour une voiture de route. La vitesse maximale de l'Enzo est de 363 km/h atteint sur route fermée. Le 0 à 100 km/h s'effectue en 3,5 secondes. Le 0 à 200 km/h est avalé en 9,6 secondes et le 1 000 m départ arrêté est quant à lui réalisé en 19,6 secondes. La consommation est de 36 L/100 km en cycle urbain, 15,2 en cycle extra-urbain et 22,8 en cycle mixte. La capacité du réservoir est de 110 litres.

 

 

La transmission séquentielle semi-automatique de l'Enzo est du même type que celles utilisées en Formule 1. Les changements de vitesse se font par l'intermédiaire de palettes situées de chaque côté du volant qui déclenche un système d'embrayage robotisé. Une série de LED sur le tableau de bord indique au conducteur le moment approprié pour changer de rapports. Le temps nécessaire au changement de vitesse est de 150 millisecondes. La transmission, initialement sans embrayage, fut remplacée par une version plus « classique » à la suite de nombreuses plaintes des clients. L'Enzo, comme toutes les Ferrari, est une propulsion. Elle dispose d'un différentiel autobloquant et d'un antipatinage déconnectable de série.

 

 

La Enzo est portée par quatre suspensions indépendantes à pistons, à l'avant en triangle et à l'arrière en trapèzes superposés. L'amortissement peut être ajusté depuis la cabine et se complète par des barres anti-roulis à l'avant comme à l'arrière. Par ailleurs, ses roues sont de 483 millimètres (19 pouces). Le système de freinage est quant à lui assuré par des freins à disque carbone-céramique Brembo de 381 millimètres (soit 15 pouces) sécurisés par un ABS.ESP.

 

 

À l'origine, ce modèle devait être construit à 349 exemplaires pour être vendu au prix de 675 000 €. L'entreprise a décidé d'envoyer des invitations aux précédents clients ayant au préalable acheté la Ferrari F40 ou la Ferrari F50. Les 349 exemplaires sont vendus avant le début de la mise en production. Suite aux pressions de clients potentiels, Ferrari décide de construire 50 Enzo de plus, portant la production totale à 399 exemplaires. Juste avant sa présentation officielle au Mondial de l'automobile de Paris de 2002, la voiture de présentation s'est envolée d'Italie vers la Californie pour apparaître dans le film Charlie's Angels 2. Dans une scène, la voiture est conduite par Demi Moore. En 2004, un 400ème exemplaire est construit et donné au Vatican pour une œuvre de charité. Il sera plus tard vendu aux enchères chez Sotheby's pour 1,1 millions $.