Ferrari 288 GTO (1984-1986)

 

Publié par Philippe Baron le 20 février 2014.

 

En mars 1984 au Salon de Genève, la légende de la GTO renaît, exhumée pour les besoins du groupe B. Cette Ferrari 288 GTO reprend les lignes de la 308 GTB mais sous le capot, le V8 n’est plus transversal, mais cette fois longitudinal, et ses 2 855 cm3 sont gavés par deux turbocompresseurs. La supercar, qui revendique 400 ch, déboule à plus de 300 km/h.


 

En 1984, Enzo Ferrari concentrait depuis plusieurs années l'ensemble de ses efforts sur la compétition et, en particulier, sur la Formule 1. Toutefois, soucieux de combler le vide vertigineux qui séparait déjà à l'époque les voitures de sport de celles de la production, la firme de Maranello décida de concevoir et proposer une voiture conforme à la définition du FIA Groupe B, c’est-à-dire compétitive sur route comme sur circuit et satisfaisant l'obligation d'une production minimale de 200 exemplaires. Ferrari en profita pour ressortir de ses tiroirs un sigle prestigieux : GTO (Gran Turismo Omologata).


 

La Ferrari 288 GTO, dessinée par Pininfarina, ne pèse que 1224 kg grâce à son châssis tubulaire et à sa carrosserie en fibre de carbone, Kevlar et Nomex. La voiture est chaussée de jantes en deux parties à écrou central, qui accueillent des pneus en 16" Goodyear Eagle VR50 de 225/55 à l'avant et 265/50 à l'arrière. L'habitacle s'équipe de sièges baquets aérés et le tableau de bord est équipé d'un velours noir mat.


 

En ce qui concerne le moteur, la Ferrari 288 GTO utilise un V8 longitudinal à trente-deux soupapes de 2855 cm³ suralimenté par deux turbocompresseurs IHI avec injection Weber-Marelli développant 400 ch à 7 000 tr/min. La cylindrée avait été déterminée pour passer l'homologation (maximum de 4 000 cm³ dans la plus haute classe du Groupe B), les constructeurs devait tenir compte d'un coefficient de 1,4 pour les moteurs turbocompressés, ce qui donnait 2 855 cm³ x 1,4 = 3 997 cm³ et donc inférieur à 4 000 cm³. La 288 GT atteignait les 304 km/h et le 0 à 100 km/h en 4,8 secondes.


 

Les 200 unités furent toutes vendues le mois suivant sa présentation, si bien que Ferrari décida même de produire 72 exemplaires supplémentaires pour combler une partie de la forte demande. La carrière sportive sera malheureusement de courte durée puisqu'en 1986 la FISA prit la décision, à la suite de plusieurs accidents mortels en rallye, dont furent victimes entre autres Attilio Bettega et Henri Toivonen, d'enterrer la catégorie des Groupes B.


 

En 1985, Ferrari commença à développer la version évolutive de la voiture, celle-ci fut nommée 288 GTO Evoluzione. Mais coupée dans son élan, Ferrari n'en sortira que 5 exemplaires. La préparation était pourtant remarquable, en effet elle possédait 650 ch pour un poids d'à peine 940 kg ce qui lui permettait d'atteindre 369,8 km/h et d'abattre le 0-100 en 4 secondes. Elle ne connut jamais aucune forme de compétitions mais elle servira par la suite de base au développement de la future supercar de Ferrari, la fameuse F40.


1985 Ferrari 288 GTO Evoluzione - Photo : Photos-Automobiles.com Jonathan