DAF 55 (1967-1972)

DAF 55 Coupé - Photo : Autobild.de

 

Publié par Philippe Baron le 17 mai 2014.

 

Parce qu’elle est automatique, la DAF 55 est rapide au démarrage. Sans changer de vitesses, la voiture bondit de 0 à 50 km/h en 5 secondes, accentue son avance jusqu’à 140 chrono, en progression puissante et continue. Quelle que soit la pente, la DAF 55 est toujours à la bonne vitesse. Elle choisit automatiquement le rapport maxi en assurant une accélération sans à-coups, sans temps mort et sans effort. Ainsi, était présentée dans une publicité de 1967 la nouvelle voiture du constructeur néerlandais.


 

En 1920, les frères hollandais Win et Hub Van Doorne fondent la Van Doorne's Automobiel Fabriek (DAF), spécialisée dans la construction de remorques pour poids lourds. Puis, en 1949, la firme d’Eindhoven produit ses premiers camions avant de se lancer sur le marché de la voiture populaire en 1955. Le premier modèle présenté au salon d’Amsterdam de février 1958 est la DAF 600 dotée d’une transmission inédite de type automatique et peu onéreuse, qu’adopteront par la suite toutes les futures DAF. Dénommé Variomatic, ce système ingénieux de variateur à courroies fonctionne sans levier de vitesse ni de pédale de gauche et autorise une infinie combinaison de rapports de démultiplication, sans aucune intervention du conducteur. Plus on accélère, plus on va vite et on ne fait que freiner pour ralentir. 


 

La transmission se fait aux roues arrière par une courroie reliant deux poulies coniques, l’une motrice, l’autre réceptrice pour chacune des roues. Chaque poulie est constituée d’un flasque mobile et d’un flasque fixe. Le flasque mobile, qui se déplace en fonction du régime moteur par la force centrifuge, permet à la courroie de se placer sur l’autre cône et de varier le rapport en fonction du diamètre de la section de cône sur lequel elle procède. Le changement de rapport est donc continu et progressif en fonction du régime et se fait sans à-coups, en marche avant comme en marche arrière. Les deux roues, étant entraînées indépendamment, le système fait également office de différentiel. Un système de « kick down », comme sur une transmission automatique conventionnelle, permet de relancer la voiture pour doubler ou dans les côtes en plaçant artificiellement la courroie sur un diamètre réduit du cône récepteur, donnant ainsi un rapport plus court pour transmettre davantage de puissance, jusqu’à ce que le régime ait rattrapé la différence de rapport et retrouve son rapport normal. (Extrait de l’article : DAF Daffodil 600 dans « les voitures des années 50 », éditions EPA).


Photo : Jan Barnier

 

Présentée à l’automne 1967 au Salon de Francfort, la DAF 55 est la version plus performante de la DAF 44 lancée en 1966. Elle conserve la carrosserie dessinée par Giovanni Michelotti avec quelques retouches comme une calandre élargie (pour cause de radiateur d’eau) et des feux plus volumineux. Elle est déclinée en berline 2 portes appelée coach, en break et en un élégant coupé CS en mars 1968.


1970 DAF 55 Coupé : Photo : powerpackamsterdam

 

Alors que jusqu'à présent les DAF recevaient le flat-twin de la marque, les frères Van Doorne ont, pour la 55, passé un accord avec Renault. Ainsi le 4-cylindres de 1 108 cm3 de 45 ch Din est celui des Renault 8 Major et Renault 10. Alimenté par un carburateur simple corps Solex 32 EHSA, il permet une vitesse maximale de 130km/h. La version sportive Marathon reçoit quant à elle le moteur de la Renault 8 S. 


Daf 55 Marathon Coupé - Photos : Trouwautos.nu

 

A noter qu’en 1968, Giovanni Michelotti présenta un prototype Silura sur base de DAF 55. La DAF 55 ne connaîtra pas de changements notoires jusqu’à son remplacement par la DAF 66 fin 1972. Elle aura été produite à 164 230 exemplaires dont 22 830 versions Coupé.


1968 Daf Silura 55