Citroën Rosalie (1932-1938)

1936 Citroën Rosalie 11 CV - Photo : Artcurial

 

Publié par Philippe Baron le 20 mars 2016.

 

Dernière évolution des Citroën C4/C6 de la fin des années 1920, la Rosalie assure la transition avant l’arrivée de l’irrésistible Traction. Son nom fait référence à la « Petite Rosalie », modèle de course de 8 CV à carrosserie spéciale, financée par les huiles Yacco et préparée par le spécialiste des records, César Marchand, qui établit dès octobre 1931 une série de records de grande endurance sur l'anneau de Montlhéry.

 

 

La Rosalie se distingue par sa robustesse. Grâce à l’emploi de longerons et de traverses caissonnés, et fermés par une semelle soudée électriquement, les châssis sont huit fois plus rigides en torsion. Les longerons, qui ont permis de gagner 60 kg par rapport au cadre précédent comparable, contribuent également au confort et au silence de marche. Pour les carrosseries, Citroën, créateur de la ‘Tout acier’, adopte la caisse ‘Tout acier monocoque’, constituée de quatre éléments principaux emboutis et soudés : les deux panneaux latéraux, le panneau arrière et l’auvent. Les panneaux latéraux à double paroi obtenus par emboutissage, découpe et soudure électriques, sont plus rigides, plus solides et plus légers. Ils sont fixés directement sur les cadres de châssis. Bruits et grincements, qui accompagnent les carrosseries traditionnelles, sont désormais éliminés. Pour démontrer dans une publicité la robustesse de ses carrosseries, Citroën fait carrément porter un autocar C6 et ses passagers sur le toit d’une berline Rosalie 8 CV qui peut encore ouvrir ses portières.

 

1934 Citroën Rosalie - Photos : Artcurial

 

Remplaçante des C4/C6, la Rosalie présente une gamme plus large avec trois modèles de base, une 8 CV et une 10 CV à quatre cylindres ainsi qu’une 15 CV à 6 cylindres. Evolutions raffinées des C4 et C6, les moteurs des 10 et 15 CV, fabriqués avec de meilleurs matériaux, autorisent des régimes plus élevés sans risque grâce à des passages de gaz agrandis, de nouvelles formes de culasse, des vilebrequins équilibrés, des distributions améliorés, etc. Le 4-cylindres de 1 767 cm3 est l’ancien C4 G de 75 mm d’alésage et 100 mm de course. Sa puissance gagne 4 ch et passe à 36 ch. Issu quant à lui du C6 G aux cotes identiques, le 15 CV de 2 650 cm3 fait un gain de 6 ch soit 56 ch. La nouveauté est le petit moteur de la 8 CV de 1 400 cm3 et 30 ch qui est comme les autres moteurs montés ‘flottants’ sur des cales métallo-caoutchouc qui filtrent bruits et vibrations.

 

1933 Citroën Rosalie 10 CV - Photo : Gilles Péris y Saborit
1934 Citroën Rosalie 15 Légère coach décapotable 2-places - Photo : André Ritzinger
1934 Citroën Rosalie 15AL - Photos : Martin van Duijn

 

Dès le Salon 1932, Citroën des 10 et 15 Légères avec moteur 10 ou 15 CV sur châssis de la 8 CV ainsi que des caisses hors-séries, si bien que le client peut choisir entre 57 modèles différents, voire 76 en 1934, sans compter les finitions spéciales ou ‘grand luxe’. Dès 1933, le style évolue avec la calandre inclinée, les ailes à jupe, phares-obus et pare-chocs incurvés qui préfigurent le style de la Traction. Dès l’apparition de cette dernière en 1934, les ventes de la Rosalie chutent. La Rosalie emprunte alors les moteurs 9 CV (7C) et 11 CV des tractions avant de disparaître en 1938 après une production de 88 090 exemplaires pour les 4-cylindres et 7 230 pour les 6-cylindres.

 

1936 Citroën Rosalie 11 - Photo : CitroenAZU
Photo : Pierre
Photo : Count Rushmore
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Photo : Claude Lacourarie