Citroën BX (1982-1993)

 

Publié par Philippe Baron le 7 avril 2014.

 

Lancée en octobre 1982, la BX est la première Citroën conçue entièrement par ordinateur mais aussi la première Citroën de grande série dont le dessin n’a pas été réalisé par le centre de style maison, mais en Italie chez Bertone, par le designer Marcello Gandini. A sa sortie, la BX a bénéficié d’une tapageuse série de spots TV orchestrés par le publicitaire Jacques Séguéla, dans lesquels Julien Clerc chantait le slogan " J'aime, j'aime, j'aime les routes bleues, les routes Citroën" sans oublier bien évidemment les " Chevrons Sauvages " à l'occasion de la sortie de la BX Sport.


 

Avec son profil anguleux et ses arêtes vives, la Citroën BX tranche avec les rondeurs de la GS qu’elle remplace au sein de la gamme dans le segment des familiales de taille moyenne. Contrairement à la GS, la BX adopte d’emblée le coffre à hayon pour une plus grande modularité, et bien évidemment les solutions techniques chères à la marque comme les quatre freins à disque et la suspension hydropneumatique, qui permet à la BX de surclasser toutes les autres familiales du même gabarit en matière de confort et de comportement routier.


 

A l’instar des Citroën CX et Visa, la BX est équipée d’un essuie-glace monobalai et son tableau de bord est inspiré par celui de la CX : compteur à rouleaux pour le compteur de vitesse et satellites latéraux en lieu et place des classiques commodos. Cinq finitions sont disponibles : BX, BX 14 E, BX 14 RE, BX 16 RS et BX 16 TRS. Cette dernière dispose de la condamnation centralisée des portes, des vitres avant électriques, d'un compte-tours électronique à curseur horizontal, elle peut avoir des vitres arrière électriques et un climatiseur en option. La BX 16 TRS se distingue par ses vitres de custode fumées en polycarbonate.


 

 

Trois motorisations essence sont proposées : le "moteur X" de1 360 cm3 hérité de la 104, en version 62 et 72 ch et le tout nouveau XU 1 580 cm3 de 90 ch. En 1988, les "moteurs X" (XY) sont abandonnés laissant totalement leurs places aux "moteurs TU". L'année 1983 voit l'arrivée d’un moteur diesel, le XUD9 1 905 cm3 de 65 ch qui est déjà monté depuis un an sur la Peugeot 305. L'option boîte automatique voit le jour en 1984, ainsi qu'une nouvelle BX 19 GT située au sommet de la gamme. Elle dispose d'un XU9 de 1 905 cm3 105 ch à carburateur double corps. Son tableau de bord est doté d'un compteur de vitesse et d'un compte-tours à cadrans ronds. La direction assistée, la sellerie en tweed et l'ordinateur de bord sont de série.


 

1985 est une année importante pour la BX avec sa première déclinaison performante. Cette BX Sport a été préparée par Danielson sur la base de la BX 19 GT. La culasse est dérivée de celle de la Visa GTI et deux carburateurs viennent prendre place sous le capot. Au final, ce moteur développe 126 ch. De plus, la présentation externe est adaptée, avec un kit carrosserie spécifique. Cette même année, le nouveau break BX est assemblé chez Heuliez, disponible en trois versions (deux essence et une diesel : 16 RS, 19 TRS et 19 RD).  Apparition également de la BX 19 Digit avec des compteurs numériques, série spéciale basée sur la BX 19 GT. Cette version est une série limitée produite à 4 000 exemplaires qui incluait également un ordinateur de bord très complet au bas de la console centrale et un autoradio haut de gamme signé Pioneer à 5 haut-parleurs. La « Digit » s'équipait également des 4 vitres électriques et d'une fermeture centralisée par télécommande baptisée « Plip ». Extérieurement, elle ne différenciait que par ses enjoliveurs de roues différents de la 16 TRS et par son monogramme « Digit » sur son hayon arrière. Sa mécanique empruntait le bloc 1 905 cm3 de 105 ch du modèle GT.


 

Toujours en 1985, Citroën décide de participer au Championnat du monde des rallyes en groupe B avec la BX 4TC. La version Evolution, qui est homologuée le 1er janvier 1986 par la Fédération internationale du sport automobile (FISA), est fabriquée chez Heuliez puis préparée à Trappes tout au long de l’année 1985. Elle se veut concurrencer l’Audi Quattro à l'aide de sa transmission intégrale, mais trop grosse, pas assez puissante, et manquant de développement et de fiabilité, elle sera rapidement abandonnée. Son seul résultat sera une 6e place au Rallye de Suède 1986. Sa puissance s'élevait à 360 ch, elle pouvait atteindre 280 km/h et 5,5 secondes lui suffisaient pour atteindre les 100 km/h ; seuls 20 exemplaires furent fabriqués. L'homologation en groupe B exige la fabrication et la vente au public de 200 versions routières « clients ». Seuls 86 exemplaires (aussi réalisés par Heuliez) trouvèrent preneurs, les invendues furent détruits par Citroën. Le prix de la BX 4TC était de 248 500 F en 1986. Moteur 10 CV : 4 cylindres en ligne (carter en fonte) 2 141 cm3, à turbocompresseur Garrett avec échangeur air/air, injection K Jetronic Bosch, 200 ch DIN à 5 250 tr/min. Boîte de vitesses type SM à cinq rapports. Performances : 220 km/h et 0 à 100 km/h en 7,6 secondes.


1986 Citroën BX 4TC Evolution

 

En juillet 1986, la BX subit un léger restylage réalisé par Carl Olsen, designer Citroën à qui l'on doit également la AX et la CX Série 2. Au rang des modifications, les clignotants (blancs et non plus orange) sont désormais en ligne avec les phares, et la BX est parée de nouveaux boucliers avant et arrière, moins anguleux, qui adoucissent la ligne générale. La planche de bord et le volant sont nouveaux. Les compteurs à rouleaux « pèse-personne » sont abandonnés au profit de compteurs plus classiques à aiguilles, tout comme les « satellites » qui sont remplacés par des commodos traditionnels. Les BX 19 GT, Sport et 19 Digit disparaissent. La BX 19 TRS remplace la BX GT avec la même mécanique. Une BX 19 GTI développant 125 ch, qui succède à la BX Sport, dispose de l'ABS en option. En diesel, lancement d'une version BX D équipée du moteur 1 769 cm3 de la Visa. Début 1987, la BX 15 RE apparaît avec le 1 580 cm3 de la BX 16 mais avec seulement 80 ch (au lieu de 94 ch), un carburateur simple corps remplace le double corps.


 

Le millésime 1988 voit l'apparition de la BX GTI 16 Soupapes. Cette BX sera la plus puissante de la gamme. Disposant du tout nouveau XU9J4 (1 905 cm3, double arbre à cames en tête, 16 soupapes) de 160 ch DIN, elle peut atteindre 218 km/h et est capable de réaliser le 0 à 100 km/h en 7,9 secondes. C'est, avec la Peugeot 405 Mi16 qui adopte en même temps ce moteur, la première voiture française de série à disposer d'un moteur multisoupape. L'ABS est en série. En mars 1988, la BX turbo diesel est disponible en berline et break. Le moteur 1 769 cm3 développant 90 ch, qui est lancé simultanément sur la Peugeot 405, est performant et économique en carburant. Il dispose d'un échangeur air/air. Début 1989, présentation des versions 4x4 : elles disposent d'un différentiel central à verrouillage manuel et d'un différentiel arrière à glissement limité. La version GTI sera dotée de l'ABS et d'un différentiel arrière de type Torsen. En mars 1989, la BX 16 Soupapes est modifiée, elle gagne un pare-chocs avant avec spoiler intégré, un nouveau becquet arrière et des jantes « gris Silex ». Pour 1993, pour cause de pot catalytique, la puissance est ramenée à 148 ch.


 

Les dernières années de production voient le niveau d'équipement régulièrement rehaussé. Plusieurs séries spéciales sont lancées dans le but de relancer les ventes : Calanque, Image, Millésime et Ourane turbo diesel (ABS, présentation extérieure spécifique et climatisation de série sur les derniers exemplaires). La BX sera remplacée par la Xantia à partir de mars 1993. La production s’est arrêtée en décembre 1993 pour les berlines et pour les breaks en juillet 1994. La BX constitue l’un des plus grands succès de Citroën avec 2 315 739 exemplaires produits.