Citroën AX (1986-1998)

 

Publié par Philippe Baron le 1 juin 2013.

 

Avec l’AX, présentée au Salon de Paris 1986, Citroën ose enfin se débarrasser de l’encombrante 2 CV, totalement déconnectée de la modernité automobile et qui plombait toutes les chances de réussite du constructeur dans le domaine des petites voitures. L’AX est prête à affronter les reines de la catégorie, Peugeot 205 et Renault Super Cinq. La citadine intrépide démontre son talent et son énergie, en dévalant dans son premier spot TV, la muraille de Chine. Elle est tout simplement « Révolutionnaire ! ».

 

 

La Citroën AX est la version finale du prototype S9, né en 1981. Cette petite voiture à 5 places, légère et aérodynamique (Cx de 0,31), a été conçue dans le but d'être économique et peu coûteuse à la production et à l'entretien. Citroën misait beaucoup sur sa nouvelle citadine pour remplacer progressivement les petits modèles vieillissants de sa gamme, dont la Citroën 2CV, la LNA et la Citroën Axel, cette dernière étant déjà vouée à disparaître deux ans seulement après sa sortie tant l'échec était incontestable et irrémédiable.

 

1993 Citroën AX 1.4 GTi - Photos : Parfait Etat

 

Contrairement à l'Axel en 1984, l'AX est bien acceptée par le public. Par rapport à la vieillissante LNA,  elle représente un progrès peu contesté. La 2CV est définitivement condamnée en septembre 1987 lorsque Citroën sort la version 5 portes de l'AX, car dépassée depuis longtemps à cause des normes anti-pollution, de ses faibles performances et de sa très faible résistance au crash test. En juillet 1990, les dernières productions de la 2CV cessent au Portugal dans l'usine de Mangualde.

 

 

La gamme AX s'élargit progressivement pour proposer une alternative crédible aux reines de la catégorie que sont la Super 5, la Peugeot 205, la Ford Fiesta, la Fiat Uno, la Volkswagen Polo ou l'Opel Corsa. L'AX sort en version 3 portes avec 3 moteurs « essence » de 45, 55 et 65 ch. La puissance fiscale des 2 premiers est de 4CV, tandis que le 1 360 cm3 affiche 5CV. Le design est plutôt anguleux, dans la mode des années 1980. La ligne volontairement dessinée pour être aérodynamique explique la présence du petit aileron sur le hayon, faisant office de déflecteur d'air. Le logo au bout du capot lisse est décentré à droite, tandis que les flancs de la voiture sont droits et plats. Elle est équipée d'un mono-balai d'essuie-glace à l'avant, comme sur la Citroën BX.

 

 

Les niveaux de finitions sont nombreux, allant de la très simple "E" sans rétroviseur droit ni appuie-têtes avant (jantes en tôle sans enjoliveurs de roue, pas d'essuie-glace arrière, peintures basiques, carrosserie sans protection et équipement de confort quasi nul), à la plus complète "TZS", que l'on peut équiper au fil du temps d'une peinture métallisée, d'un antivol, des vitres électriques et du verrouillage centralisé, en passant par les versions "RE", "TRE" et "TRS". La version 10 E, par son dépouillement et son prix ultra serré, se positionne en rivale directe de la Fiat Panda. Elle n'a pas de barres stabilisatrices ni à l'avant ni à l'arrière, un élément de sécurité qui est destiné à réduire le basculement de la caisse en virages.

 

 

L'AX est une traction avec moteur à l'avant. La direction est à crémaillère, avec ou sans assistance selon l'équipement. La suspension est de type MacPherson à l'avant et à bras tirés à l'arrière. Le freinage est assuré par des disques de freins pleins sur les roues avant des versions familiales, et des disques ventilés sur les AX GTi. À l'arrière sont installés des tambours de freins sur toutes les versions. Elle est la première voiture à recevoir le nouveau bloc TU développé par PSA. Quelles que soient sa déclinaison et ses puissances, c'est un moteur à 4 cylindres avec 8 soupapes et un arbre à cames en tête. Dans toutes ses versions, l'AX est très légère (la version 10E de 1986 affiche un poids de 640 kg à vide), d'où un bon rapport poids/puissance, gage de bonnes performances et de sobriété en carburant. Les premiers moteurs « essence » utilisent une technologie classique de l'époque, celle du carburateur, de marque Solex ou Weber selon les versions, avec volet de starter à tirette dans l'habitacle. À partir de juillet 1992, ils gagnent 5 chevaux grâce à l'apparition d'un circuit d'injection monopoint, qui remplace les carburateurs. Un catalyseur à 3 voies désormais obligatoire est monté pour satisfaire aux nouvelles normes antipollution. À cette date, l'AX à 4 vitesses disparaît, désormais équipée d'une transmission à 5 rapports sur tous les moteurs.

 

 

Citroën décline sa petite berline en deux modèles sportifs : l'AX "Sport" en mars 1987, uniquement disponible en blanc. L'AX Sport, d'une cylindrée de 1 294 cm³ avec 2 carburateurs double corps Solex puis Weber, développe une puissance de 95 ch DIN grâce au préparateur Danielson, pour un poids plume de 715 kg. En octobre de cette même année sort également l'AX "GT", moins puissante mais mieux équipée et moins radicale. L'AX GT développe une puissance de 85 ch DIN. La GT possède un moteur TU3S de 1 360 cm³ accouplé à un carburateur Solex double corps 32/34 Z2. La GT phase 2 carbu de 85 ch existe quelques mois puis passe à 75 ch, avec l'injection monopoint et le catalyseur (cause anti-pollution). La version berline 5 portes sort en septembre, presque un an après sa sortie. Les ventes décollent enfin, car les voitures à 5 portes, plus pratiques pour un usage familial, sont très appréciées des français.

 

 

En septembre 1988 sort la version 14 Diesel (1 360 cm3 153 ch), pratiquement 2 ans après le lancement de l'AX. C'est à ce moment-là que les ventes de la petite citadine commencent à talonner celles de la 205 et de la SuperCinq. Le 15 janvier 1990 est construite la millionième AX, une 14 TRS, sortie des usines d’Aulnay-Sous-Bois. En juillet 1991 (millésime 92), l'AX est mise à niveau pour ses six ans. Les formes s'adoucissent, mises en valeur par de nouvelles peintures, les pare-chocs s'arrondissent, le logo à l'avant est définitivement recentré au milieu et les clignotants deviennent blancs. Un nouveau tableau de bord est installé. Citroën lance l'AX GTI en remplacement de la GT. C'est une des rivales de la Peugeot 205 GTI. Elle dispose de l'ABS en option et développe 100 ch DIN, ramenés à 95 ch en version catalysée (à partir de 1992) sur base d'un 1 360 cm³, le même que sa cousine la Peugeot 106 XSi.

 

 

En septembre 1992, les moteurs abandonnent le carburateur pour un circuit d'injection indirecte et un catalyseur apparaît sur toutes les versions, conformément à la loi qui impose le catalyseur à partir du 1er janvier 1993. La puissance fiscale du moteur 1 360 cm3 essence passe à 6CV. Une véritable version haut de gamme apparaît en septembre 1992: l'AX Exclusive. Elle se veut être la réponse tardive à la SuperCinq Baccara et à la 205 Gentry sur le segment des petites citadines de luxe. L’Exclusive est très richement équipée (climatisation, intérieur cuir, freinage ABS, jantes en alliage léger, etc.). Le moteur est celui de l'AX GT injection ou 4x4 (1.4i l, 75 ch), avec un look sportif d'AX GTI. L'intérieur cuir et sa peinture gris Gabion attestent de la finition très haut de gamme de cette AX qui reste très confidentielle sur le marché de l'occasion.

 

 

En juillet 1993, les finitions X, SX et VSX remplacent les anciennes appellations et simplifient la gamme AX, en plus des séries spéciales toujours omniprésentes. Un deuxième moteur diesel apparaît en 1994, plus moderne et catalysé, de 1 527cm3, 58 ch à 5 000 tr/min. Vitesse maxi : 158 km/h. L'AX 14D bat des records de faible consommation (3,6 litres aux 100 kilomètres). En novembre 1995, apparaît la Citroën AX Electrique, vendue principalement aux administrations. Elle est équipée d'un moteur de 20 kW pour une vitesse maximum de 91 km/h. Lorsque Citroën présente la Saxo en 1996, l'AX a encore de beaux jours devant elle. En effet la Saxo, plus chère, souffre d'un accueil des plus sceptiques de la part du public car elle n'est qu'une copie de la Peugeot 106 3 portes née en 1991. Le succès n'est pas au rendez-vous. Citroën poursuit la production de l'AX en attendant la Saxo 5 portes et le succès qui viendra avec. Après le restylage de la Saxo en 1998, l'apparition de la 206 (la remplaçante de la 205) et de la Clio II, l'AX n'a plus beaucoup d'arguments pour séduire et apparaît subitement dépassée. Produite à 2 561 432 exemplaires, l'AX est la 2e voiture la plus fabriquée par Citroën après la 2CV (1948-1990).

 

 

Tout au long de sa carrière, l'AX est personnalisée en un très grand nombre de séries spéciales, qui proposent des équipements, des motorisations et des décorations spécifiques en fonction des déclinaisons. Parmi celles-ci: L'AX "K-Way" (concurrente de la 205 Junior, disponible qu'en blanc), l'AX "Thalassa", "Ten" (qui remplace la 10 après le restylage), l'AX "En Vogue", "Furio", "Hit FM", "Reflet", "Miami", "Club", "First", "Volcane", "Olympique", "Saxo", "Escapade", "Caban", "Image", "Air France Madame", "Tonic" et "Audace" (peintures aux couleurs vives), "Prestige", "Harmonie", "Mutine", "Piste Rouge" (version 4x4), "Okay" (pour le marché belge) ou encore "Spot".