Chrysler TC by Maserati (1989-1991)

 

Publié par Philippe Baron le 17 décembre 2014.

 

Au début des années 1970, Lee Iacocca, le charismatique dirigeant de la Ford Motor Company et responsable du succès commercial de la Ford Mustang en 1964, vient en aide à Alejandro de Tomaso pour distribuer dans le réseau Mercury Lincoln sa Pantera. Dans les années 1980,  Lee Iacocca, devenu PDG de Chrysler et ayant réussi à redonner à l’entreprise une situation financière saine, demande à son ami Argentin, au contrôle de Maserati depuis 1975, de participer conjointement à l’élaboration d’une GT découvrable qui offrirait ainsi une touche de glamour à la gamme Chrysler et attirerait de nouveaux clients.

 

 

En 1975, l’ex-pilote argentin Alejandro de Tomaso prend le contrôle de la firme italienne Maserati abandonnée par Citroën. En 1978, Chrysler achète 5 % de Maserati. L’élaboration d’un projet commun Chrysler-Maserati pour un modèle sport exceptionnel est conclue en 1984. L’idée est d’allier les capacités de conception, de production et de commercialisation Chrysler avec l’expertise et l’image glamour de Maserati pour diffuser une automobile de haute qualité à un prix raisonnablement bas.

 

 

Cependant, le projet prend du retard. Un prototype est construit en 1986 mais après des tentatives de lancement infructueuses, le premier chargement d’éléments Chrysler à destination de l’Italie n’est effectué qu’en décembre 1988. Devenue Chrysler TC by Maserati (TC pour Touring Convertible), la voiture se présente comme une biplace de luxe grand tourisme découvrable avec une version 2,2 l, 4 cylindres, 8 soupapes, turbo intercooler (origine Chrysler), 160 ch, boîte automatique 3 vitesses, une version 2,2 l, 4 cylindres, 16 soupapes, double arbre, turbo intercooler (origine Chrysler, culasse Cosworth + Maserati), 200 ch, boîte manuelle Getrag 5 vitesses et une version 3 l V6, 12 soupapes, 141 ch, avec boîte automatique 4 vitesses.

 

Photo : Speaknoevil9999

 

La Chrysler TC by Maserati est rapidement victime d’une logistique cauchemardesque, compte tenu du temps nécessaire pour que tous les éléments parviennent en Italie où la voiture est assemblée dans le complexe industriel Maserati Innocenti à Lambrate près de Milan. Les pneus Michelin et les freins ABS viennent de France, la boîte de vitesses manuelle Getrag d’Allemagne, le câblage électrique d’Espagne, les cames de Floride, d’autres pièces proviennent de Grande-Bretagne ou encore du Mexique, les moteurs conçus par Chrysler et fabriqués par Maserati sont insérés dans les carrosseries italiennes assemblées à la main.

 

 

De ce fait, lorsque la TC est enfin expédiée aux Etats-Unis, elle apparaît comme un modèle déjà dépassé lors de son lancement. Le plan original était en effet de présenter la TC by Maserati avant la très ressemblante Le Baron Convertible dans le but de faire passer la deuxième pour l’héritière de la première. Le retard de deux ans dans la mise en production entraîna un ordre de présentation inversé et la TC, malgré son pédigrée Maserati, ressemblait beaucoup trop à la Chrysler Le Baron, tout en affichant un prix supérieur de 13 505 $ à celui de la Chrysler Le Baron GTC Convertible. Chrysler, qui projetait une production de 4 000 à 5 000 TC par an, jettera l’éponge fin 1991 avec 7 300 unités produites dont les dernières en stock furent remisées de plusieurs milliers de dollars.

 

Photos : jcriii
Photos : Happy Days Dream Cars, LLC
Photo : Colin