Chevrolet Vega (1971-1977)

1971 Chevrolet Vega

 

Publié par Philippe Baron le 25 juin 2013.

 

En 1971, Chevrolet lance la Vega, première automobile développée par le bureau d’études centralisé de General Motors, puis ensuite réalisée par Chevrolet, alors que jusqu’à présent, chaque marque du groupe était indépendamment responsable de ses propres produits. Conçue pour contrer la vague des compactes japonaises et européennes qui commençaient à envahir les States, elle reçut lors de son introduction le titre de « voiture de l’année » par le magazine « Motor Trend ». Pourtant malgré son nom emprunté à la plus brillante étoile de la constellation de la lyre, la Vega ne connaitra pas une longue carrière toujours ensoleillée.

 

1971 Chevrolet Vega hatchback. Photos : Courtesy GM Media Archives.

 

La Chevrolet Vega a été conçue comme une petite voiture économique équipée d'un nouveau moteur en aluminium. Il s'agissait d'un modèle simple offert en plusieurs variantes : coupé, à hayon, familiale. Son moteur était un 4-cylindres de 2,3 litres, dont la version de base ne produisait que 90 chevaux jusqu’à la version sportive introduite en mars 1975 avec son moteur revu par Cosworth (111 chevaux). Ce moteur, avec arbre à cames en tête, possédait un bloc en alu et une culasse en fonte. Technologiquement très intéressant, il introduisait pour la première fois en série un bloc alu non-chemisé, utilisant de l’Alusil (un ancêtre du Nikasil). Par rapport au bloc fonte d’une Chevy Nova, le gain de poids s’élevait à 23 kg.

 

1972 Chevrolet Vega

 

Spécifiquement pour la Vega, l’usine de Lordstown est entièrement repensée pour devenir l’usine la plus robotisée au monde : 95 % des opérations de soudure sont effectuées par des robots. Une voiture sortait des lignes d’assemblage toutes les 36 secondes, soit quasiment deux fois plus rapidement que dans les autres usines de la GM. Pour la Chevrolet Vega, un nouveau processus de peinture a également été conçu en partenariat avec Fisher Auto Body : l’électrophorèse, ou « Elpo » : les caisses recevaient une charge électrique positive, et le bain de peinture une charge négative. Ceci assurait l’attraction et la bonne adhésion de la peinture sur la tôlerie. Ce processus sera adopté quasi universellement dans le monde automobile, jusqu’à l’adoption du zingage galvanique qui est la norme aujourd’hui.

 

1973 Chevrolet Vega GT - Photos : Julia LaPalme

 

Pour le transport des voitures, GM avait créé un système de distribution ferroviaire peu banal qui impliquait de positionner les voiture verticalement dans les wagons, avec le nez vers les bas. Ce qui était possible aux Etats-Unis, où la plupart des lignes n’étaient pas électrifiées. Comme les voitures étaient envoyées prêtes à rouler avec huile, batterie, etc., il fallut résoudre une foule de problèmes peu communs – comment faire pour que l’huile n’inonde par le premier cylindre, par exemple.

 

Vert-A-Pac rail car pour Chevrolet Vega 1971

 

Les ennuis pour la Chevrolet Vega continuèrent avec la peinture. En effet, il s’était avéré que la nouvelle peinture ne pouvait pas pénétrer tous les petits recoins de la coque, ce qui aida la rouille à s’installer, surtout sur les ailes avant et autour des phares. Comme les « cost killers» de la General Motors avaient décidé de supprimer les pare-boues en plastique sous les ailes pour une économie de 3$ par voiture, il fallut remplacer – à fort frais – les ailes de plusieurs milliers de voitures et remettre rapidement en place les accessoires protecteurs. Le problème semblait ainsi définitivement réglé quand on s’aperçut, 18 mois plus tard, que les effets des bulles d’air piégées sous les ailes lors du bain de peinture accéléraient à leur tour le processus de corrosion. Le moteur de la Chevrolet Vega n’était pas non plus épargné par quelques problèmes. Avec les vibrations du bloc 4-cylindres, le carburateur se détériorait et envoyait trop d’essence dans le moteur, ayant pour conséquence des explosions à l’échappement.

 

1974 Chevrolet Vega Publicité

 

À cause de tous ses défauts, l’histoire ne fut pas tendre avec la Vega. Pourtant, à sa sortie, elle reçut le bon accueil de la presse américaine avec le titre de « Voiture de l’Année 1971 » décerné par Motor Trend puis «  Voiture économique de l’année » en 1971, 1972, 1973 par les lecteurs de Car and Driver. Même l’Institut Américain du Fer et de l’Acier lui décerna un prix pour « excellence in design in transportation ». En dépit de toutes ses misères évoquées, les ventes de la Vega seront excellentes : 277 000 exemplaires vendus durant les douze premiers mois de production et 2 000 000 au total.

 

1975 Publicité Chevrolet Vega
1975 Chevrolet Vega GT hatchback.