Buick Riviera (1963-1965)

 

Publié par Philippe Baron le 27 mars 2015.

 

A la fin des années 50, General Motors envisage de faire renaître la marque La Salle, qui avait disparu depuis 1940, avec un luxueux coupé 4 places. L’idée sera finalement abandonnée, mais le prototype (du nom de code XP 715) sera repris par Buick, qui, sous le nom de Riviera, deviendra l’archétype de la voiture à deux portes personnelle de luxe. La carrosserie relevait de la philosophie du patron du style, Bill Mitchell, qui en comparait l’aspect à une jambe de pantalon au pli bien repassé.

 

 

A l’instar de son prédécesseur, Harley J.Earl, Bill Mitchell ne dessinait pas personnellement les modèles de GM mais en tant que patron du styling, il donnait ses directives, insufflait ses inspirations auprès de ses stylistes, comme il le fit pour la Riviera, à Ned Knickles. Bill Mitchell voulait une projection d’une Ferrari 250 GT 2+2 à l’américaine, une voiture qu’on aurait envie de conduire après l’avoir désirée en la découvrant en vitrine. Ned Knickles réalisa ce chef d’œuvre.

 

 

Le nom Riviera n’était pas inconnu du vocabulaire Buick. La première Buick Riviera apparut au catalogue Buick en 1949. L'appellation désignait le modèle "hardtop" (sans montants centraux) de la Roadmaster. En 1950, l'usage de ce nom s'était étendu aux autres modèles Buick sans montants centraux et à certains modèles Super et Roadmaster 4 portes Sedan. De 1955 à 1958, le nom Riviera était utilisé pour désigner les modèles 2 et 4 portes hardtop sans montants centraux à l'exception des Century Caballero 1957-1958 qui étaient des breaks sans montants centraux. De 1959 à 1962, le nom Riviera verra son usage réduit à un seul modèle de la gamme Electra 225. C'était le modèle 4 portes "hardtop à six vitres". En 1963, le nom Riviera fait à nouveau son apparition sur la nouvelle "voiture personnelle de luxe" de Buick. 

 

 

La Riviera était aussi destinée à concurrencer la toute nouvelle quatre-places de chez Ford, la Thunderbird. La Riviera restait tout de même un modèle aux mensurations exorbitantes pour l’Europe : 5.28 mètres de long, un poids de près de 2 tonnes et une consommation de 20 à 25 litres aux 100 kilomètres. Elle se distinguait par son comportement équilibré, son agilité, sa précision de trajectoire et ses performances.

 

 

Avec le V8 de 401 cubic inches (soit 6.5 litres environ), 325 ch et un couple de 61 mkg, la Riviera atteint une vitesse de 190 km/h. Avec le 425 ci apparu en 1963, les 200 km/h sont largement franchis. Le 0 à 100 km/h est atteint en 8 secondes. En 1965, avec la Riviera GS (Grand Sport) de 360 chevaux, boîte de vitesses automatique à trois rapports entièrement nouvelle, le 0 à 100 km/h est atteint en 7 secondes.

 

 

La Buick Riviera connut un succès immédiat aux Etats-Unis, où 112 240 exemplaires de la première série seront écoulés. Un restyling intervenu au cours de l’année 1965 permit de conserver le volume de vente. La seconde génération de Buick Riviera, construite entre 1965 et 1967, sera encore plus imposante et performante, équipée de moteurs plus gros pour compenser l’augmentation de poids.

 

1963 Buick Riviera