Buick Electra (1959-1960)

Buick Electra 225 Convertible - Photo : Auctions America

 

Publié par Philippe Baron le 9 juillet 2015.

 

En 1959, Buick laisse tomber le nom de Roadmaster attribué au modèle le plus luxueux de sa gamme pour celui d’Electra. Représentante du plus mythique millésime des full sizes des années cinquante, l’Electra rayonne d’une majesté sans pareille. De ce somptueux vaisseau orné d’ailerons au long cours nommés Delta Wings, émanent une élégance aérienne, une sobriété contenue et une extravagance maitrisée.

 

 

Avec cette voiture aux dimensions spectaculaires, Bill Mitchell, fils d’un concessionnaire Buick et styliste automobile chez General Motors depuis 1938, signe sa première réalisation en tant que directeur du bureau de style de General Motors depuis le récent départ à la retraite d’Harley J.Earl, mais aussi en tant que vice-président de General Motors, position qu’il occupera jusqu’en 1977. Sous sa direction, les voitures américaines abandonneront leurs fameux ailerons au cours des années 1960.

 

 

Le millésime 1959 constitue une année charnière pour la division Buick de GM. La gamme, qui n’avait pas été remaniée depuis 1936, est recomposée et s’articule désormais autour de trois modèles qui reçoivent des appellations nouvelles. Les LeSabre, Invicta et Electra remplacent les Special, Century, Super et Roadmaster des années cinquante — la Limited n’ayant vécu que le temps du millésime 1958. La LeSabre correspond à la Special et l’Invicta à la Century, tandis qu’en haut de gamme, l’Electra se substitue à la fois à la Super et à la Roadmaster.

 

1959 Buick Electra 2-Door Hardtop - Photos : Bring a Trailer

 

L’Electra est proposée en deux longueurs de carrosserie, le modèle standard (5,60 mètres) et l’Electra 225 (pour 225 pouces, soit 5,72 mètres) qui bénéficie en série d’une sellerie et d’un intérieur cuir ainsi que des vitres électriques. Réalisées sur la plate-forme C Body, qu’elles partagent avec les Oldsmobile 98 et toutes les Cadillac sur un empattement de 126,3 pouces (3,21 mètres), les Electra existent en berlines, coupés hardtop (sans montants), cabriolets 2 portes (uniquement l’Electra 225) ou 4 portes et breaks. A noter que les coupés hardtop sans montants qui portaient exclusivement le nom de Riviera depuis 1949, sont maintenant proposés en finition standard ou en Riviera avec un intérieur beaucoup plus cossu.

 

 

Sous le capot des Electra rugit un moteur unique, le V8 Wildcat 445 (par référence au couple de 445 livres pied). D’une cylindrée de 401 ci. (6 572 cm3), il développe 325 ch et un couple colossal de 61,4 mkg. L’Electra bénéficie d’équipements des plus sophistiqués, parmi lesquels les freins et la direction assistés, des essuie-glaces à deux vitesses ou encore une boîte automatique Dynaflow à deux vitesses. Pour sa vitesse de pointe de 190 km/h et sa puissance de freinage grâce à ses énormes tambours en aluminium de 300 mm, la Buick Electra 225 cabriolet fût choisi comme Pace-Car des 500 Miles d'Indianapolis.

 

 

Pour 1960, le restylage de l’Electra consiste essentiellement à un réalignement des feux avant passant d’une position oblique à horizontale. Buick réintroduit sur les carrosseries le fameux VentiPorts, ces hublots chromés chers à la clientèle faisant partie de la décoration extérieure et signe distinctif des Buick de 1949 à 1957. Les modèles Electra et Electra 225 en ont quatre alors et trois pour les LeSabre et Invicta plus petites.

 

1960 Buick Electra 225 - Photos : Darin Schnabel, RM Auctions

 

Finalement, malgré la récession de la fin des années cinquante, Buick enregistre de bons résultats avec des ventes supérieures à celles de l’année précédente et supérieures à 1953, meilleure année commerciale de la division. Sur les 285 089 voitures produites par Buick en 1959, dont 11 % de cabriolets, les Electra représentaient 44 185 unités contre 22 308 Electra 225. En 1960, les ventes sont décevantes avec 35 698 Electra et 19 616 Electra 225.

 

1960 Buick Electra 225 Convertible