BMW Neue Klasse (1962-1976)

BMW 1500

 

Publié par Philippe Baron le 12 avril 2015.

 

Lancée en octobre 1962, la BMW 1500, premier modèle de la Neue Klasse, symbolise la voiture providentielle qui changea le destin du constructeur bavarois. Révolutionnaire, malgré son apparence conventionnelle, elle lui permit de ne pas fermer boutique mais bien au contraire de renflouer ses comptes et d’emprunter une trajectoire gagnante. Grâce à la 1500, BMW trouva l’inspiration qui allait par la suite faire le succès de tous ses modèles à venir.

 

BMW 1500

 

Présentée sous forme de prototype au Salon de Francfort le 23 septembre 1961, la BMW 1500 était la voiture de la dernière chance pour le constructeur bavarois. En effet, alarmées par l’endettement de BMW, les banques allemandes voulaient faire disparaître le constructeur à l’hélice qui faillit même être avalé par Mercedes. La gamme BMW se composait alors des petites Isetta sous licence italienne, des petits modèles 700 et des luxueuses et trop onéreuses 8-cylindres qui ne se vendaient pas. Pour sa survie, l’entreprise munichoise devait impérativement créer une gamme moyenne de véhicules et séduire un homme suffisamment puissant pour financer le projet et lui permettre d’aboutir. BMW trouva son sauveur en la personne d’Herbert Quandt. Malgré les pertes abyssales de l’entreprise allemande, ce milliardaire, déjà gros actionnaire de BMW, racheta suffisamment de titres pour bloquer la vente, car il savait pertinemment que le bureau d’études planchait sur une berline très moderne et très prometteuse qui deviendra la « Neue Klasse ». BMW profita également de la disparition de la marque Borgward en 1961 en récupérant ses moyens de production et son personnel qualifié.

 

 

Pour la 1500, BMW n’a pas voulu réaliser autre chose qu’une berline sportive de conception moderne à quatre portes. Les solutions techniques onéreuses se répercutaient sur le prix de revient, leur effet toutefois atténué par l’étude intelligente de la conception de la carrosserie dont les lignes extrêmement pures étaient dues à la collaboration du styliste italien Giovanni Michelotti déjà auteur pour BMW de la berline et du coupé 700 et de Wilhelm Hofmeister à la tête du bureau de style BMW depuis 1955. La carrosserie se présente comme une structure autoportante soudée à un plancher rigide comprenant également l’auvent, les coffrages d’ailes et le tunnel central de transmission. Elle est formée de panneaux emboutis très simples dans le but de réduire le prix de l’outillage. Les portes sont très largement dimensionnées pour faciliter l’accès aux quatre places. L’habitacle a des dimensions exceptionnelles grâce au report du moteur loin en avant au-dessus du train antérieur. 

 

 

Le moteur destiné à propulser la berline est entièrement nouveau. Sa conception a été confiée à un ancien de chez Borgward, Wilhelm Gieschen. Ce 4-cylindres en ligne refroidi par eau de 1.5 litre de cylindrée est incliné à 30° sur la droite pour abaisser le centre de gravité et accéder parfaitement aux organes accessoires. L’alésage est de 82 mm pour une course de 75 mm. La puissance est de 80 ch (DIN) à 5 700 tr/min, soit 90 ch (SAE). Le couple de 12 mkg (DIN) à 3 000 tr/min en dit long sur la souplesse de ce moteur à simple arbre à cames en tête développant une puissance spécifique de 54 ch/1 (DIN). Le vilebrequin repose sur cinq paliers à coussinets multimétalliques, les soupapes de grand diamètre sont en V et actionnées par des culbuteurs, les chambres de combustion possèdent une cuvette de turbulence. Le mélange gazeux aspiré est contrôlé par un système thermostatique et par le réchauffage de la tubulure d’admission.

 

BMW 1500

 

Côté transmission, la commande hydraulique de l’embrayage monodisque est munie d’un amortisseur de vibrations. La boîte est à quatre vitesses toutes synchronisées (système Porsche). L’arbre de transmission très court ne nécessite ni graissage ni entretien. La suspension est assurée à l’avant par jambes élastiques et levier transversal inférieur combiné à une jambe de force, et à l’arrière par des ressorts hélicoïdaux et des leviers triangulés disposés obliquement. Les roues arrière sont indépendantes (différentiel suspendu). Les freins sont des disques Dunlop à l’avant et des tambours à l’arrière.

 

BMW 1500

 

La BMW 1500 assure des performances élevées pour sa cylindrée avec une vitesse maximale de 151.3 km/h et le 0 à 100 km/h en moins de 17 secondes. En septembre 1963, la puissance augmente avec la nouvelle venue la 1800 de 110 ch et plus encore avec la 1800 Ti et le 1 773 cm3 développant maintenant 175 ch. La firme munichoise produira une version 1800 SA (pour Sport Ausfürhung) à 200 exemplaires, équipée de deux carburateurs Weber 45 DCOE et d’une boîte à 5 rapports. La vitesse maximale est alors de l’ordre de 185 km/h. Produite jusqu’en 1971, la BMW 1800 solde sa carrière avec 134 814 exemplaires contre 21 116 exemplaires pour la 1800 Ti.

 

BMW 1800

 

Après une production de 23 554 exemplaires, la BMW 1500 laisse sa place à la 1600 en 1964 qui conserve la même carrosserie ainsi que les principales caractéristiques mécaniques. Son moteur de 1 573 cm3 possède une puissance de 83 ch. La 1600 reste en production jusqu’en 1966 avec 29 362 exemplaires. L’année 1966 apporte des nouveautés dans la famille Neue Klasse avec la 2000 qui adopte le moteur 1 990 cm3 des coupés Neue Klasse 2000 C et CS dévoilée pendant l’été 1965. La version 2000 emprunte le moteur du coupé 2000 C à simple carburateur de 100 ch et la version Ti celui du coupé CS à double carburateur et 120 ch. En 1969, BMW produira une 2000 Tii à injection de 130 ch qui ne sera produite qu’à 1 952 exemplaires. En 1972, la production des 2000 se termine avec toutes versions confondues 143 464 unités fabriquées.

 

1967 BMW 2000 - Photo : Hemmings
BMW 2000 Tii