Arnolt Bristol (1953-1959)

 

Publié par Philippe Baron le 16 août 2014.

 

Au début des années cinquante, l’industriel de Chicago, Stanley Harold « Wacky » Arnolt, ayant fait fortune pendant la seconde guerre mondiale dans la production de moteurs de hors-bord pour l'armée américaine, met en place un grand réseau de distribution de véhicules britanniques, notamment de petits roadsters, aux Etats-Unis. L'ingénieur, également à la recherche de l’exclusif et avec des partenaires de prestige, réalise en 1953 une barquette sportive hybride, chef d’œuvre de l’aérodynamisme, l’Arnolt-Bristol.

 

1954 Arnolt-MG Drop Head Coupe - Photo : Gooding & Company

 

En visitant le salon de Turin en 1952, Stanley H. Arnolt découvre deux études exposées par Bertone et basées sur le châssis de la MG TD, un coupé et un cabriolet, dont le dessin est dû à Giovanni Michelotti. Les voitures lui plaisent et il propose à Nuccio Bertone de les construire, lui-même s’engageant à les importer outre-Atlantique. La commande porte sur cent exemplaires de chaque modèle. Ainsi naît l’Arnolt-MG, une jolie petite hybride anglo-italienne. En fait, cent-deux voitures seulement seront construites, dont 67 coupés et 35 cabriolets, car MG est passé en 1953 à la TF.

 

1954 Arnolt-MG Coupe

 

Stanley Arnolt ne baisse cependant pas les bras et se tourne vers une autre firme britannique, la prestigieuse Bristol, le constructeur d’avions qui s’était converti à l’automobile après la guerre, pour lui fournir des châssis motorisés. Le moteur est en fait le fameux 6-cylindres 2 litres de la Bristol 404 qui animait la superbe BMW 328 d’avant-guerre. Les ingénieurs Bristol ont retravaillé ce moteur à culasse hémisphérique pour fournir 130 chevaux, 50 de plus que la version originale.

 

1959 Arnolt-Bristol - Photo : The San Diego Collection

 

Pour la carrosserie, Stanley Arnolt collabore à nouveau avec Bertone. Le dessin est confié à Franco Scaglione qui faisait alors ses premières armes chez le carrossier italien. L’artiste réussit à donner à la voiture un profil aérodynamique, et à résoudre le problème de la hauteur du moteur, coiffé de trois carburateurs double-corps Solex, en dessinant un capot surélevé au centre pour les carburateurs. 

 

 

Au catalogue des Arnolt Bristol, figurent trois modèles : la barquette « De Luxe », la version compétition « Bolide » et un « Coupé » plus classique. Sur le plan mécanique, les trois versions étaient identiques. Aux 12 Heures de Sebring en 1955, les « Bolides » réalisent un véritable tour de force en remportant les première, deuxième et quatrième places en catégorie 2 litres.

 

 

Les Arnolt-Bristol n’ont été produites qu’à 142 exemplaires. La série a pris fin en 1959 à la suite d'un incendie dans les ateliers d'assemblage de Chicago, qui s'est soldé par la destruction des 12 dernières voitures.

 

1954 Arnolt Bristol Bolide - Photo : V12 GT