Alfa Romeo Arna (1983-1987)

 

Publié par Philippe Baron le 16 août 2017.

 

Née d’un curieux et plutôt incongru mariage entre Alfa Romeo et Nissan en 1983, l’Arna n’est autre qu’une Nissan Pulsar, vendue en France sous le nom de Cherry, dotée d’une mécanique et d’un train avant d’Alfasud. Alfa Romeo s’était tourné vers le Japon pour trouver rapidement un partenaire et pénétrer le marché des voitures de classe moyenne, secteur initialement ouvert par l’inattendue VW Golf, et répondu tardivement par le groupe Fiat avec la Fiat Ritmo et la Lancia Delta.

 

 

L'accord, qui  constituait la  société  Alfa Romeo  Nissan  Automobili SpA, a été signé le 9 octobre 1980 à  Tokyo,  par  Takaschi  Ishihara et  Ettore  Massaccesi, présidents respectifs de Nissan et Alfa Romeo  (qui  était  encore  à  cette  époque  la  propriété  du  groupe industriel d'État IRI).  En collaborant avec le constructeur italien  dont  les finances  ne permettaient pas rapidement l’étude d’un nouveau modèle de classe moyenne, Nissan trouvait son intérêt en pénétrant subtilement un marché transalpin qui avait instauré des mesures draconiennes  avec un  contingentement rigoureux  visant  à restreindre  l’importation  des véhicules  venus  du pays  du Soleil-Levant bien reconnus pour leur fiabilité et leur qualité de fabrication.

 

 

L’opération  Arna  consistait  à l’envoi du  Japon  des  éléments emboutis pour être préassemblés dans une nouvelle unité de production construite dans des délais record à Pratola Serra, à une cinquantaine de kilomètres de Pomigliano d’Arco, où étaient effectuées les phases de peinture, de sellerie et d’accouplement de la mécanique. Il fallut peu de temps pour s'apercevoir que cette aberrante opération était l’un des plus graves désastres industriels et commerciaux de l'histoire d'Alfa Romeo. À peine les premiers prototypes assemblés, les ingénieurs constatèrent que la carrosserie de la Nissan  devait  être  modifiée  pour accueillir la mécanique de l’Alfasud, ce qui entraîna un retard de trois ans dans la mise en vente du modèle, en plus de l'augmentation des coûts de fabrication et de l’envolé du yen, passant d’un rapport de 3.5 pour 1 à 15 pour 1. Du point de vue commercial, il faut noter (mais cela était prévisible) le rejet des alfistes en particulier et des européens en général à l'égard d'une ligne asiatique, de plus datée (la Cherry N10 avait en contretemps changé de génération) et aux antipodes des formes sportives et agressives qui jusqu'alors distinguaient les voitures du constructeur italien.

 

 

L'Arna  est  construite  en version L (3 portes) et LS (5 portes) dotées de motorisation de base de l'Alfasud, c'est-à-dire le moteur boxer 1.2 de 63 ch. Il est ajouté en 1984 une version TI (3 portes) qui  était  dotée  du  moteur 1.3 de 86 ch.  Comparativement  à  la  concurrence,  les  prestations étaient plutôt élevées et les aciers utilisés avaient subi un traitement  zincrometal  pour  résoudre les problèmes récurrents de corrosion qui avaient touché la production de l'Alfasud.

 

 

L'Arna n'a jamais obtenu la faveur du public et, après seulement trois ans et demi de commercialisation,  la production est  définitivement  arrêtée  en 1987. Cet interruption  a été la première décision stratégique de la nouvelle direction Fiat Auto, propriétaire  d'Alfa Romeo. L’Arna aura été produite à 51 111 exemplaires.