Alfa Romeo Arna (1983-1987)

 

Publié par Philippe Baron le 21 juin 2014.

 

Née  d’un  curieux et plutôt incongru mariage  entre  Alfa Romeo  et  Nissan  en  1983, l’Arna n’est autre qu’une Nissan Pulsar, vendue en France sous le nom de Cherry, dotée d’une mécanique et d’un train avant  d’Alfasud.  Alfa Romeo  s’était  tourné  vers  le  Japon pour trouver rapidement un partenaire et  pénétrer le marché des voitures de classe moyenne, secteur initialement ouvert par l’inattendue VW Golf, et répondu tardivement par le groupe Fiat avec la Fiat Ritmo et la Lancia Delta.

 

 

L'accord, qui  constituait la  société  Alfa Romeo  Nissan  Automobili SpA, a été signé le 9 octobre 1980 à  Tokyo,  par  Takaschi  Ishihara et  Ettore  Massaccesi, présidents respectifs de Nissan et Alfa Romeo  (qui  était  encore  à  cette  époque  la  propriété  du  groupe industriel d'État IRI).  En collaborant avec le constructeur italien  dont  les finances  ne permettaient pas rapidement l’étude d’un nouveau modèle de classe moyenne, Nissan trouvait son intérêt en pénétrant subtilement un marché  transalpin   qui   avait  instauré  des  mesures  draconiennes  avec  un  contingentement rigoureux  visant  à restreindre  l’importation  des véhicules  venus  du pays  du Soleil-Levant bien reconnus pour leur fiabilité et leur qualité de fabrication.

 

 

L’opération  Arna  consistait  à l’envoi du  Japon  des  éléments emboutis pour être préassemblés dans  une  nouvelle  unité de  production  construite dans des délais record à Pratola Serra, à une cinquantaine de kilomètres de  Pomigliano  d’Arco, où  étaient effectuées  les phases de peinture, de sellerie et d’accouplement de la mécanique.   Il fallut peu de temps pour s'apercevoir que cette aberrante opération  était l’un  des  plus graves désastres industriels et commerciaux de l'histoire d'Alfa Romeo.       À peine les premiers prototypes assemblés, les ingénieurs constatèrent que la carrosserie  de  la  Nissan  devait  être  modifiée  pour accueillir la mécanique de l’Alfasud, ce qui entraîna un retard de  trois ans  dans la mise en vente du modèle,  en plus de l'augmentation des coûts   de  fabrication et  de  l’envolé  du  yen, passant d’un rapport de 3.5 pour 1 à 15 pour 1. Du point de vue commercial, il faut noter (mais cela était prévisible)  le rejet des alfistes en particulier et des européens en général à l'égard d'une ligne asiatique, de plus datée (la Cherry N10 avait en contretemps changé de génération) et  aux antipodes  des  formes  sportives  et  agressives  qui jusqu'alors distinguaient les voitures du constructeur italien.

 

 

L'Arna  est  construite  en version L (3 portes) et LS (5 portes) dotées de motorisation de base de l'Alfasud, c'est-à-dire le moteur boxer 1.2 de 63 ch. Il est ajouté en 1984 une version TI (3 portes) qui  était  dotée  du  moteur 1.3 de 86 ch.  Comparativement  à  la  concurrence,  les  prestations étaient plutôt élevées et les aciers utilisés avaient subi un traitement  zincrometal  pour  résoudre les problèmes récurrents de corrosion qui avaient touché la production de l'Alfasud.

 

 

Toutefois, l'Arna  n'a  jamais  obtenu  la faveur du public et, après seulement trois ans et demi de commercialisation,  la production est  définitivement  arrêtée  en  1987.  Cet interruption  a été  la première  décision  stratégique  de la  nouvelle  direction   Fiat  Auto , devenu   propriétaire  d'Alfa Romeo. L’Arna aura été produite à 51 111 exemplaires.