Alfa Romeo 156 (1997-2006)

1998 Alfa Romeo 156

 

Publié par Philippe Baron le 6 décembre 2013.

 

Apparue en 1997, l'Alfa Romeo 156 a permis de redorer le blason de la marque italienne, alors en grande difficulté, et de tirer les résultats vers le haut. Elue voiture de l'année 1998, l’Alfa Romeo 156 est aussi la première voiture au monde équipée d'un diesel à rampe commune (Common rail), dont le brevet est dû à Fiat et Magneti-Marelli.


 

À l'inverse des lignes anguleuses de l'Alfa Romeo 155 qu'elle remplace, l'Alfa 156, dessinée par le designer italien Walter da Silva, a renoué avec la tradition des anciens modèles de légende de la marque en adoptant des lignes fluides et bombées. Elle a cependant conservé quelques détails de la 155 comme les renflements sur le capot qui partent de l'emblème Alfa ou les phares arrière très fins alignés sur une seule ligne. La poignée de porte arrière est dissimulée dans le montant de portière, fluidifiant la ligne générale de la voiture. Relativement compacte pour la catégorie, l'espace intérieur est un peu restreint.


 

Le châssis est totalement nouveau et propre à Alfa Romeo contrairement aux modèles précédents qui reprenaient des plateformes Fiat. Le train avant est une suspension McPherson à pivot indépendant et double triangle. Le train arrière est fermement guidé par deux bras tirés et quatre barres transversales ainsi qu'une suspension McPherson. Ces suspensions directement issues de la compétition combinées à une caisse très rigide font de cette 156 une vraie berline sportive, fidèle à la tradition Alfa Romeo.


 

Entre 1997 et 2000, la 156 est proposée avec un moteur 1.6 Twin Spark de 110 et 120 ch, un 1.8 TS de 144 ch, un 2.0 TS de 155 ch avec une boite Selespeed en option, enfin le célèbre V6 "arese" placé en position transversale de 2.5 (190 ch). La gamme est également composée de diesels novateurs JTD 1.9 de 105 ch et 2.4 de 136 ch. La sonorité rauque des moteurs, aussi bien en essence qu'en diesel, est particulièrement plaisante. L'Alfa Romeo 156 a été la première voiture au monde équipée d'un diesel à rampe commune (Common rail), dont le brevet est dû à Fiat et Magneti-Marelli.


 

En 2000, la 156 est proposée en version break appelé Sportwagon (ou SW). Sa ligne très dynamique a beaucoup plu et permettra de conforter le succès commercial de la berline. Au niveau des moteurs, le 2.0 TS passe à 150 ch, le 1.9 JTD à 116 ch et le 2.4 JTD à 140 ch. La 156 a subi un léger changement de style en 2002, qui concerne principalement l'intérieur et le tableau de bord, comportant dès lors un ordinateur de bord de série. À l'extérieur, seules les coques de rétroviseurs et les baguettes sur les pare-chocs, peintes de la couleur de la carrosserie, la caractérisent. Côté moteurs, le 2.0 adopte l'injection directe et devient le 2.0 JTS de 165 ch permettant une légère baisse de la consommation, le V6 2.5 passe à 192 ch, le 1.9 JTD passe à 115 ch et 140 ch, et le 2.4 JTD à 150 ch.


2000 Alfa Romeo 156 Sportwagon

 

Une version sportive GTA (Gran Turismo Allegrita) vit le jour, le sigle GTA faisant référence aux Alfa Romeo Giulia GTA des années 1960. La 156 GTA est reconnaissable à ses ailes élargies, ses boucliers et ses jantes spécifiques. L'habitacle est lui aussi spécifique avec des garnitures et des sièges baquet en cuir. Elle est équipée d'un V6 3.2 de 250 ch. Pour assurer son image de performance et de compétitivité, Alfa Romeo a voulu faire perdurer le mythe et la 156 GTA participe à ses premières compétitions dès 1998 en Italie, le modèle de série venant tout juste de commencer sa carrière. C'est N.Technology, la division sport du groupe Fiat, qui mit au point la 156 GTA et pour l'occasion une écurie spécifique fut créée l'AutoDelta Squadra Corse. Alfa Romeo engage sa 156 dans de nombreuses compétitions et elle sera d'une redoutable efficacité. Entre 1998 et 2004 elle remporte 60 courses sur 127 disputées, que ce soit au championnat italien ou européen ETCC. Au total elle remporte 2 titres au championnat italien et 4 au championnat européen dont le doublé titre constructeur et pilote en 2001, 2002 et 2003. Les auteurs de ces titres sont les pilotes Fabrizio Giovanardi et Gabriele Tarquini. Comme à l'époque de sa devancière, l'Alfa Romeo 155 TI qui courait en DTM, la 156 a mis à mal les BMW qui normalement étaient plus taillées pour la compétition avec leur transmission aux roues arrière. Mais N.Technology avait réussi à faire de cette traction avant un redoutable adversaire car, grâce à un judicieux réglage des suspensions, la voiture avait tendance à survirer dans les virages et pouvait donc rivaliser sans problème avec les propulsions.


2004 Alfa Romeo 156 GTA Autodelta

 

Le championnat ETCC limitait la cylindrée des voitures engagées à 2 000 cm3, c'est la raison pour laquelle l'Alfa Romeo 156 GTA était équipée d'un 4 cylindres et non d'un V6 3.2 comme la GTA de série. La base du moteur est un 4-cylindres Twin Spark, dont l'alésage est passé de 83 à 86 mm et la course de 91 à 86 mm avec un rapport volumétrique de 11:1. Le moteur développe 270 ch à 8 500 tr/min et 27 mkg à 7 000 tr/min. La gestion électronique du moteur est confiée à un boîtier Magneti-Marelli MR3. Il faut savoir que le moteur est bridé par un boitier papillon unique de 64 mm et un régime maxi de 8 500 tr/min, imposés par la règlementation ETCC. La transmission est assurée par une boîte de vitesses séquentielle à 5 rapports et un autobloquant à rampe asymétrique. Le freinage fourni par Brembo est composé de disques ventilés de 295 mm à l'avant et de disques pleins de 276 mm à l'arrière.


2004 Alfa Romeo 156 GTA AutoDelta

 

L'Alfa-Romeo 156 2.0 Twin Spark Selespeed est équipée du moteur 2.0 essence Twin Spark et d'une boîte de vitesses séquentielle avec commande au volant (boutons sur les premiers modèles puis palettes). À noter que la boîte Selespeed a aussi équipé la version 3.2 V6 "GTA". La consommation en cycle urbain reste élevée avec 11,7 litres aux 100 km. La boîte 5 vitesses offre un double débrayage automatique au rétrogradage et adapte le temps de passage de vitesse au régime moteur (zone rouge affichée à 7 000 tr/min).


2004 Alfa Romeo 156 Ti ZA

 

L’Alfa Romeo 156 bénéficie d'un second restylage extérieur plus profond en 2003 par Giugiaro qui la dote d'un nouveau dessin des phares, d'une nouvelle calandre avec un scudetto plus proéminent, dont le style sera repris sur les restylages des modèles de la marque par la suite, notamment la 147 en 2005. Les moteurs essence sont inchangés mais les diesels évoluent avec l'adoption du système Multijet de Fiat. Le 1.9 JTDm sera décliné en 126 et 150 ch, et 175 ch pour le 2.4 JTDm.


 

Très proche du Sportwagon, le Crosswagon Q4, commercialisé à l’automne 2004, en diffère par son allure de baroudeur, avec sa garde au sol surélevée de onze centimètres, ses boucliers spécifiques non peints, ses protections de soubassement et de bas de caisse en aluminium. Mais, à l’usage, c’est surtout sa transmission intégrale Q4 qui le distingue. Le Crosswagon Q4 est uniquement motorisé par un 1.9 diesel de 150 ch.


2004 Alfa Romeo 156 Crosswagon Q4

 

L'Alfa Romeo 156 a aussi été assemblée en Thaïlande entre mars 2002 et fin 2004. Plusieurs centaines d'exemplaires avec volant à droite sont sortis des chaines de l'usine General Motors près de Bangkok. C'était à l'époque des accords de collaboration entre Fiat S.p.A. et G.M. La production des berlines s'arrête en 2005. Elle est remplacée par l'Alfa Romeo 159. Au final ce sont plus de 680 000 Alfa Romeo 156 qui ont été fabriquées en Italie dans l'usine de Pomigliano d'Arco, près de Naples.